Fiche n° 1103 · Faune · Poissons
Sar
Diplodus sargus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-sar/
Clé d'identification
- Corps ovale, haut et comprimé latéralement, typique des sparidés ; robe gris argenté, dos gris-beige.
- Tache noire en selle sur le dessus du pédoncule caudal, qui ne descend pas jusqu'au bord inférieur.
- Bord des opercules généralement souligné de noir ; bord arrière de la caudale sombre.
- Nageoires pelviennes sombres au bord antérieur blanc.
- Juvéniles : 8 à 10 bandes verticales sombres sur le haut du dos, qui s'estompent chez l'adulte à partir de 20 cm environ.
Noms
- Nom usuel
- Sar
- Nom scientifique
- Diplodus sargus
- Autres noms
- Sar commun · Sar commun de Méditerranée · Sargue · Sar à tête noire · White seabream
- Synonymes
- Diplodus sargus sargus · Sparus sargus · Diplodus rondeletii · Sargus rondeletii · Sargus vetula
Distribution géographique
Méditerranée et mer Noire selon DORIS ; FishBase l'étend à l'Atlantique Est, de la Bretagne à Gibraltar et à Madère, et vers le sud jusqu'à l'Afrique du Sud. DORIS rattache toutefois les sars atlantiques à Diplodus cadenati, espèce désormais distincte.
Zones : Méditerranée · Corse · Bretagne — Europe
Biotope
Côtes rocheuses peu profondes, herbiers de posidonie, digues et jetées de ports, récifs artificiels ; aussi sur le sable. Les jeunes entrent dans les lagunes et les estuaires au printemps et en été. En hiver, les adultes gagnent des eaux un peu plus profondes.
Profondeur : 0 – 50 m
Repères pour le plongeur
Sparidé argenté à tache noire en selle sur la queue, le sar commun fréquente en petits groupes les roches et herbiers peu profonds de Méditerranée. Peu farouche dans les réserves marines, il se laisse approcher dès quelques mètres de fond.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Juvéniles omnivores (petits crustacés, vers). Adultes carnivores : moules et autres bivalves, oursins, crustacés, broyés grâce à de fortes molaires.
Reproduction
Hermaphrodite protandre non strict : mâle d'abord, puis femelle vers 5 ans. Maturité vers 2 ans (environ 17 cm). Ponte de mars à juin en Méditerranée occidentale ; larves planctoniques pendant un mois environ.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 30 mars 2011. En Méditerranée, capture interdite sous 23 cm (règlement européen de 2006, arrêté français du 29 janvier 2013 pour la pêche de loisir).
Espèces ressemblantes
- Sar à museau pointu (Diplodus puntazzo) : museau pointu, bandes plus nombreuses et tache caudale formant un anneau complet.
- Sparaillon (Diplodus annularis) : nageoires pelviennes jaunes.
- Diplodus cadenati : sar de l'Atlantique Est, séparé par le nombre de molaires et une aire de répartition distincte.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le sar commun est un sparidé, de la même famille que la dorade royale : corps ovale, haut et aplati sur les côtés. Il mesure le plus souvent 15 à 30 cm et peut atteindre 45 cm. Sa robe est gris argenté, avec un dos gris-beige. Le critère le plus sûr se trouve sur la queue : une tache noire en forme de selle couvre le dessus du pédoncule caudal sans en atteindre le bord inférieur. Le bord des opercules est le plus souvent cerclé de noir, le bord arrière de la caudale est sombre, et les nageoires pelviennes sont foncées avec un liseré blanc à l’avant.
Les jeunes portent 8 à 10 bandes verticales sombres sur le haut du dos. Elles pâlissent chez l’adulte, en général au-delà de 20 cm. DORIS précise que la teinte varie avec le fond : sur un sable clair, le poisson pâlit et ses bandes s’effacent ; sous l’effet du stress ou la nuit, elles réapparaissent.
Deux voisins méditerranéens prêtent à confusion. Le sar à museau pointu (Diplodus puntazzo) a un museau effilé, davantage de bandes et une tache caudale qui fait tout le tour du pédoncule. Le sparaillon (Diplodus annularis) se reconnaît à ses pelviennes jaunes.
Où et quand l’observer en France
DORIS décrit l’espèce en Méditerranée et en mer Noire, et la rattache à la façade méditerranéenne française, Corse comprise. En été, les sars se tiennent en petits groupes près du fond, au-dessus des herbiers de posidonie et des roches peu profondes. Ils affectionnent les digues de ports, les jetées et les récifs artificiels, et se replient dans les failles quand on les dérange. On les voit aussi sur le sable, souvent mêlés à de petits bancs de marbrés. En hiver, ils descendent vers des eaux plus stables. FishBase indique une profondeur de 0 à 50 m.
Côté Atlantique, les sources divergent. FishBase fait remonter Diplodus sargus jusqu’en Bretagne, tandis que DORIS attribue les sars atlantiques à Diplodus cadenati, une espèce désormais reconnue comme distincte par WoRMS et FishBase. Hors Méditerranée, l’identification à l’espèce reste donc délicate.
Biologie et comportement
Le jeune sar est omnivore et picore petits crustacés et vers. L’adulte devient carnivore : ses fortes molaires broient les coquilles de moules et d’autres bivalves, ainsi que les tests d’oursins. FishBase le décrit très actif dans la zone de ressac, surtout à l’aube.
C’est un hermaphrodite protandre : il est d’abord mâle, puis devient femelle vers 5 ans, mais une petite part des individus ne change jamais de sexe. La maturité arrive vers 2 ans, autour de 17 cm. En Méditerranée occidentale, la ponte a lieu de mars à juin. Les larves passent environ un mois dans le plancton, puis s’installent début juin sur les côtes rocheuses à moins d’un mètre de fond. Dès juin, les ports fourmillent de juvéniles. La nuit, le sar dort, parfois posé à découvert sur le sable.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 30 mars 2011 selon FishBase. Le sar n’est pas protégé, mais sa pêche est encadrée : en Méditerranée, la capture d’un individu de moins de 23 cm est interdite par le règlement européen de 2006 et, pour la pêche de loisir, par l’arrêté français du 29 janvier 2013.
Bien l’observer et la photographier
Le sar est commun et peu méfiant, en particulier dans les réserves marines, où il se laisse approcher de près. Inutile donc de le poursuivre : posez-vous en flottabilité neutre au bord d’un herbier ou au pied d’une digue et laissez le groupe revenir. Pour l’identification, cadrez l’arrière du corps de profil afin que la tache en selle et le bord noir de la caudale soient lisibles. Ne le nourrissez pas, n’arrachez pas d’oursins pour l’attirer et, la nuit, ne gardez pas votre phare braqué sur un sar endormi.