Fiche n° 1112 · Faune · Requins & raies
Raie pastenague
Dasyatis pastinaca
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-raie-pastenague/
Clé d'identification
- Disque en losange, à peu près aussi large que long, avec un museau pointu.
- Dos lisse, sans épines ni tubercules, gris bleuâtre à roussâtre, parfois taché de blanc ; face ventrale claire.
- Aucune nageoire dorsale ni caudale : la queue est un fouet fin qui fait environ 60 % de la longueur totale.
- Un aiguillon dentelé et venimeux sur le dessus de la queue, vers le tiers de sa longueur à partir de la base.
- Yeux saillants sur le dessus de la tête, suivis de deux évents (spiracles) bien visibles.
Noms
- Nom usuel
- Raie pastenague
- Nom scientifique
- Dasyatis pastinaca
- Autres noms
- Pastenague commune · Terre · Lancette
- Synonymes
- Raja pastinaca · Trygon pastinaca · Trygon vulgaris · Dasybatus pastinaca · Pastinaca olivacea
Distribution géographique
Atlantique Est de la mer du Nord à l'Angola, Méditerranée et mer Noire. En France : toutes les façades, de la Manche à la Corse.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fonds de sable ou de sable vaseux, souvent près des roches, en eaux calmes et abritées ; elle entre aussi dans les baies peu profondes, les lagunes et les estuaires. Surtout entre 5 et 60 m, rarement au-delà de 100 m selon DORIS.
Profondeur : 5 – 100 m
Repères pour le plongeur
Raie en losange sans nageoire dorsale, souvent enfouie dans le sable avec seuls les yeux et les évents qui dépassent. Elle porte un aiguillon venimeux sur la queue : ne la touchez pas et ne vous posez pas sur le sable à côté d'elle.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Crabes, crevettes et autres crustacés du fond, petits poissons de fond (dont des poissons plats) et mollusques ; les jeunes ne mangent que des crustacés.
Reproduction
Fécondation interne et ovoviviparité : après environ 4 mois de gestation, la femelle met bas en été 4 à 7 petits d'une dizaine de centimètres.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critère A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 4 août 2020 selon FishBase. Menacée par les captures accidentelles ; résilience très faible (plus de 14 ans pour doubler une population).
Espèces ressemblantes
- Raie bouclée (Raja clavata) : plus petite, avec une rangée d'épines sur le dos et la queue, et des taches sombres sur le dos.
- Pastenague épineuse (Bathytoshia centroura) : souvent plus grande et plus grise, avec des protubérances sur le dos ; plus répandue en Atlantique.
- Pastenague de Tortonese (Dasyatis tortonesei) : très ressemblante et présente dans les mêmes zones, mais généralement plus petite, à queue proportionnellement plus courte.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
La pastenague commune est une raie au disque en losange, à peu près aussi large que long, terminé par un museau pointu. Son dos est lisse, sans aucune épine ni tubercule, de teinte gris bleuâtre à roussâtre, parfois semé de taches blanches. La face ventrale est claire. Les yeux, saillants, sont placés sur le dessus de la tête et suivis de deux évents, les spiracles, par lesquels l’animal aspire l’eau quand il est posé.
Le critère le plus sûr reste la queue. Fine comme un fouet, elle représente environ 60 % de la longueur totale et ne porte ni nageoire dorsale ni nageoire caudale. Vers le tiers de sa longueur, à partir de la base, se dresse un aiguillon dentelé relié à des glandes à venin. DORIS donne une longueur totale souvent supérieure à 1 m, jusqu’à 2,50 m pour les plus grands sujets, signalés surtout au Maghreb.
Trois espèces prêtent à confusion. La raie bouclée a des épines sur le dos et la queue. La pastenague épineuse, plus grande et plus grise, porte des protubérances dorsales. La pastenague de Tortonese, très proche, est plus petite et sa queue est plus courte : la distinguer sous l’eau demande de la prudence.
Où et quand l’observer en France
L’espèce occupe l’Atlantique Est, de la mer du Nord à l’Angola, ainsi que la Méditerranée et la mer Noire. Les données d’occurrence de GBIF la signalent en France sur toutes les façades : Manche, côtes bretonnes, Méditerranée continentale et surtout Corse, où les observations sont les plus nombreuses. Cherchez-la sur les étendues de sable ou de sable vaseux, souvent au pied des roches, dans les baies abritées, les lagunes et les estuaires. DORIS la situe surtout entre 5 et 60 m, sans dépasser 100 m ; FishBase élargit la plage jusqu’à 200 m, avec un optimum entre 20 et 35 m. Aucune saison d’observation particulière n’est documentée : elle est présente toute l’année, et les femelles mettent bas en été près des côtes.
Biologie et comportement
La pastenague chasse à l’affût, enfouie dans le sable. Elle se nourrit de crabes, de crevettes et d’autres crustacés du fond, de petits poissons plats et de mollusques, qu’elle broie avec ses dents. Les jeunes se contentent de crustacés. Pour s’enfouir, elle bat rapidement des pectorales, soulève un nuage de sable et se laisse recouvrir : seuls les yeux, les évents et le contour du disque restent visibles.
L’espèce est ovovivipare. Après environ quatre mois de gestation, la femelle donne naissance à 4 à 7 petits d’une dizaine de centimètres.
Face au plongeur, elle n’est pas agressive. Si elle se sent menacée, elle relève la queue en position de défense. Son dard, une fois planté, se bloque comme un harpon. La piqûre provoque une douleur vive qui irradie, un œdème et une cicatrisation lente.
Statut et protection
L’UICN classe la pastenague commune « Vulnérable » (VU, critère A2bd), évaluation du 4 août 2020 selon FishBase ; DORIS cite encore l’ancien statut « données insuffisantes » de 2010. Sa résilience est très faible : il faut plus de quatorze ans pour qu’une population double. Les captures accidentelles pèsent sur elle, et les pêcheurs lui coupent souvent la queue avant de la rejeter.
Bien l’observer et la photographier
Balayez le sable du regard en cherchant deux yeux et un contour en losange plutôt qu’une raie entière. Restez en flottabilité neutre au-dessus du fond : ne vous agenouillez jamais sur le sable, où une pastenague enfouie peut passer inaperçue. Approchez de face ou de côté, jamais par l’arrière, car la queue et son aiguillon seraient alors tournés vers vous.
Pour la photo, un angle bas et latéral montre à la fois l’œil, l’évent et le relief du disque. Évitez de palmer près du fond : le nuage de sable gâche l’image et peut la faire fuir. Si elle relève la queue ou s’agite, reculez lentement.