Fiche n° 1115 · Faune · Requins & raies

Roussette tachetée

Scyliorhinus stellaris

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-roussette-tachetee/

Roussette tachetée (Scyliorhinus stellaris)
Photo : Bernard Picton — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petit requin allongé d'environ 1 m, jusqu'à 1,50 m en Méditerranée et près de 2 m en Atlantique.
  • Dos jaune sable à gris semé de grosses taches rondes noires, ventre clair.
  • Museau court et très arrondi ; narines bien marquées et séparées, qui n'atteignent pas la bouche.
  • Seconde dorsale plus petite que la première, née au-dessus du milieu de la nageoire anale.
  • Première dorsale implantée au-dessus des nageoires pelviennes, très en arrière sur le corps.

Noms

Nom usuel
Roussette tachetée
Nom scientifique
Scyliorhinus stellaris
Autres noms
Grande roussette · Chat-rochier · Roussette à grandes taches · Gat rouquin
Synonymes
Squalus stellaris · Scyllium catulus · Scyllium acanthonotum

Distribution géographique

Atlantique nord-est, du Maroc au nord de l'Écosse, Manche et mer du Nord jusqu'au sud de la Scandinavie ; toute la Méditerranée, mais pas la mer Noire.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Fonds durs et rocheux, coralligène ou roches couvertes d'algues, de la surface à plus de 100 m ; le plus souvent entre 20 et 63 m. Repose de jour sous un rocher ou dans une faille.

Profondeur : 1 – 400 m

Repères pour le plongeur

Plus rare que la petite roussette, la grande roussette se reconnaît à ses grosses taches noires et à ses narines séparées de la bouche. De jour, cherchez-la immobile au fond d'une faille, sans la toucher ni la déloger.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur de fond : crabes, crevettes, mollusques, petits poulpes et calmars, poissons de fond, y compris la petite roussette.

Reproduction

Ovipare : une centaine d'œufs par an, pondus deux par deux toute l'année, dans des capsules cornées (« bourses de sirène ») fixées par des filaments. Incubation d'environ 9 mois, jeunes de 16 cm à l'éclosion, maturité vers 80 cm.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 31 août 2020 selon FishBase. Résilience faible et forte sensibilité à la pêche.

Espèces ressemblantes

  • Petite roussette (Scyliorhinus canicula) : ne dépasse pas 1 m, taches plus petites et plus nombreuses, seconde dorsale née au-dessus de la fin de l'anale.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La roussette tachetée, que DORIS nomme grande roussette, est un petit requin de fond de la famille des Scyliorhinidae. Elle mesure le plus souvent autour de 1 m. DORIS donne jusqu’à 1,50 m en Méditerranée et près de 2 m en Atlantique, et FishBase retient 170 cm comme longueur maximale. Le corps est allongé, le museau court et très arrondi, les yeux ovales.

Le dos va du jaune sable au gris, le ventre du jaune sable au blanc. Tout le corps est semé de grosses taches rondes noires, bien espacées. La première dorsale naît au-dessus des nageoires pelviennes, donc très en arrière. La seconde, plus petite, démarre au-dessus du milieu de la nageoire anale.

La confusion la plus fréquente se fait avec la petite roussette, bien plus commune en plongée. Trois critères permettent de trancher. La petite roussette ne dépasse jamais 1 m. Ses taches sont plus petites et plus nombreuses. Sa seconde dorsale démarre au-dessus de la fin de l’anale. Regardez aussi la tête par dessous si l’animal se présente de face : chez la grande roussette, les narines sont nettement séparées et n’atteignent pas la bouche.

Où et quand l’observer en France métropolitaine

L’espèce vit dans toute la Méditerranée, Corse comprise, et en Atlantique du Maroc au nord de l’Écosse, Manche et mer du Nord incluses. Elle fréquente les fonds durs : roches, coralligène, blocs couverts d’algues. FishBase la signale de 1 à 400 m, le plus souvent entre 20 et 63 m, ce qui la place à portée des plongeurs.

Elle est active la nuit. De jour, elle reste posée au fond, sous un rocher ou dans une faille, souvent immobile. DORIS la décrit comme rare et bien moins souvent rencontrée que la petite roussette. Aucune saison particulière n’est documentée : comme elle pond toute l’année, ses œufs peuvent aussi se trouver en toute saison.

Biologie et comportement

C’est un prédateur de fond qui chasse surtout de nuit. Elle se nourrit de crabes, de crevettes, de mollusques, de petits poulpes et de calmars, ainsi que de poissons. FishBase précise qu’elle mange aussi des petites roussettes.

L’espèce est ovipare. Selon DORIS, la femelle pond une centaine d’œufs par an, deux à la fois. Chaque œuf est enfermé dans une capsule cornée rectangulaire, la « bourse de sirène », munie de quatre filaments spiralés. La femelle tourne autour d’une gorgone ou d’une algue pour y enrouler ces filaments, de préférence dans le courant, qui oxygène l’œuf. L’incubation dure environ 9 mois, moins en eau chaude. Le jeune mesure environ 16 cm à l’éclosion et porte encore une réserve de vitellus. La maturité est atteinte vers 80 cm.

La capsule de la grande roussette mesure 10 à 13 cm en Atlantique, 9 à 10 cm en Méditerranée. Celle de la petite roussette est deux fois plus courte. Sa couleur varie et ne permet pas de distinguer les deux espèces ; la carène latérale, bien plus large chez la grande roussette, est un meilleur indice. L’animal est inoffensif pour le plongeur.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU, critères A2bd) sur sa liste rouge mondiale. FishBase date cette évaluation du 31 août 2020. FishBase juge aussi sa résilience faible, avec un temps de doublement de la population de 4,5 à 14 ans, et sa vulnérabilité à la pêche élevée à très élevée. Elle fait l’objet de pêcheries commerciales mineures ; DORIS rappelle que les roussettes sont vendues sans tête ni peau sous le nom de « saumonette ».

Bien l’observer et la photographier

De jour, éclairez les failles et le dessous des blocs : la roussette s’y tient immobile, et l’on ne voit parfois que la queue ou une partie du flanc tachetée. Ne la tirez pas de sa cachette et ne la touchez pas. Pour l’identifier, cadrez le flanc en entier : la position de la seconde dorsale par rapport à l’anale est le critère le plus sûr sur une photo. En plongée de nuit, vous la verrez plutôt en chasse, en train de nager près du fond.

Si vous trouvez une bourse de sirène sur une gorgone, photographiez-la à côté d’un repère de taille et ne la détachez pas : l’embryon y passe des mois.

Sources