Fiche n° 1143 · Flore · Invertébrés

Bryozoaire

Myriapora truncata

Europe Méditerranée Corse

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-bryozoaire/

Bryozoaire (Myriapora truncata)
Photo : Bernard Picton — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petite colonie dressée et buissonnante, rarement plus d'une vingtaine de centimètres de haut et de large.
  • Rameaux qui se divisent en deux, de section ronde et de diamètre constant dans une même colonie.
  • Extrémités des rameaux nettement coupées, comme tronquées.
  • Couleur orange plus ou moins vive sur les parties vivantes.
  • Surface lisse criblée de minuscules pores, d'où sortent de fins panaches de tentacules.

Noms

Nom usuel
Bryozoaire
Nom scientifique
Myriapora truncata
Autres noms
Faux corail · False coral · Falso corallo
Synonymes
Millepora truncata · Myriozoum truncatum

Distribution géographique

Méditerranée et partie voisine de l'Atlantique oriental. En France, signalé sur les côtes méditerranéennes du continent et de la Corse.

Zones : Méditerranée · Corse — Europe

Biotope

Espèce qui fuit la lumière directe : fonds rocheux à partir d'environ 10 m, entrées de grottes, cavités, anfractuosités et dessous de surplombs ; aussi sur sable grossier au-delà de 40 m.

Profondeur : 10 – — m

Repères pour le plongeur

Petit buisson orange à rameaux ronds et tronqués, sous les surplombs et à l'entrée des grottes de Méditerranée : c'est un bryozoaire, pas un corail. Le corail rouge, plus rouge, montre des polypes blancs à huit tentacules.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur actif : chaque zoïde déploie un lophophore, panache de tentacules qui brasse l'eau et capte les micro-organismes.

Reproduction

Colonie fondée par une larve issue de la reproduction sexuée (le plus souvent hermaphrodite), qui se fixe et forme un premier zoïde, l'ancestrula ; la colonie grandit ensuite par bourgeonnement asexué.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) par l'UICN, selon SeaLifeBase (version 2025-2 de la liste rouge mondiale). Les grands bryozoaires arbustifs des côtes françaises, dont celui-ci, ont subi des mortalités lors de l'eau anormalement chaude de la fin de l'été 1999.

Espèces ressemblantes

  • Corail rouge (Corallium rubrum) : rouge à rouge foncé, ramifications irrégulières, polypes blancs à 8 tentacules pennés.
  • Smittine corne de cerf (Smittina cervicornis) : autre bryozoaire arbustif, aux rameaux plus fins et aplatis.
  • Diporula verrucosa : bryozoaire de forme voisine, mais de couleur brune.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Invertébrés

Identification

Le bryozoaire présenté ici est le faux corail, Myriapora truncata. Malgré son rangement dans la flore de ce guide, c’est un animal : une colonie de bryozoaire, embranchement des Bryozoa selon WoRMS. Son nom vient d’une vieille erreur. Parce qu’il fabrique un squelette calcaire, ce qui est rare chez les bryozoaires, on l’a longtemps classé avec les cnidaires, à côté du corail rouge. DORIS note que des plongeurs font encore la confusion.

La colonie forme un petit buisson dressé qui dépasse rarement une vingtaine de centimètres de haut et de large. Ses rameaux se divisent en général en deux. Ils ont une section ronde, de diamètre constant dans une même colonie, et se terminent par une coupe nette : c’est le sens de l’épithète truncata. La partie vivante est orange plus ou moins vif. De près, la surface lisse apparaît criblée de minuscules pores. Chacun est l’orifice d’un zoïde, l’individu de la colonie, qui en fait sortir un panache de tentacules.

Le corail rouge est la confusion la plus fréquente. Il est rouge à rouge foncé, ses ramifications sont irrégulières et ses polypes sont blancs, avec huit tentacules pennés. La Smittine corne de cerf, autre bryozoaire arbustif, a des rameaux plus fins et aplatis. Diporula verrucosa, de forme voisine, est brune.

Où et quand l’observer en France

DORIS situe l’espèce en Méditerranée et dans la partie voisine de l’Atlantique oriental. En France, elle est signalée sur les côtes méditerranéennes, et la plupart des données françaises de GBIF viennent de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse. Les quelques mentions en Bretagne ne sont pas confirmées par les sources de référence : ne cherchez pas ce faux corail en Manche.

C’est une espèce sciaphile, qui fuit la lumière directe. Cherchez-la sur les fonds rocheux à partir d’environ 10 m, à l’entrée des grottes, dans les cavités et les anfractuosités, et sous les surplombs. Elle s’installe aussi sur les fonds de sable grossier au-delà de 40 m. Fixée et pérenne, la colonie s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Le faux corail est un filtreur actif. Chaque zoïde porte une couronne de tentacules, le lophophore, qu’il déploie en augmentant la pression de son liquide interne par contraction musculaire. Les tentacules oscillent et tournent pour brasser l’eau et capter les micro-organismes.

Une colonie commence par une larve issue de la reproduction sexuée, le plus souvent hermaphrodite. La larve se fixe sur un support et forme un premier zoïde, l’ancestrula. La colonie grandit ensuite par bourgeonnement, tandis que de nouvelles larves vont coloniser d’autres surfaces.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN (NE), selon SeaLifeBase, qui s’appuie sur la version 2025-2 de la liste rouge mondiale. Aucune des sources consultées ne mentionne de protection réglementaire en France. DORIS rappelle toutefois sa fragilité. Avec Adeonella calveti, Smittina cervicornis, Pentapora fascialis, Sertella et Turbicellepora avicularis, elle fait partie des six grands bryozoaires arbustifs des côtes méditerranéennes françaises. Lors de la hausse de température de l’eau de la fin de l’été 1999, plusieurs de ces espèces ont perdu tout ou partie de nombreuses colonies.

Bien l’observer et la photographier

Le faux corail vit là où la lumière manque : prévoyez une lampe pour l’observer et un éclairage d’appoint pour le photographier. Montrez à la fois la forme générale du buisson et un rameau tronqué de près : ce sont les deux critères qui permettent l’identification. En macro, on peut saisir les pores et, avec patience, les panaches de tentacules déployés.

Le squelette calcaire est cassant. Dans une grotte ou sous un surplomb, maîtrisez votre flottabilité, gardez les palmes loin de la paroi et ne prenez jamais appui sur la roche colonisée. N’en emportez pas de rameau : séché, il devient pâle et terne, comme le note DORIS.

Sources