Fiche n° 1126 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail rouge
Corallium rubrum
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-corail-rouge/
Clé d'identification
- Petite colonie rigide et ramifiée, de 20 cm en général (50 cm au plus), aux branches courtes et cylindriques orientées dans plusieurs plans.
- Tissu rouge vif à rose, plus rosé en profondeur ; formes blanches rares.
- Polypes blancs d'environ 5 mm, très saillants, à huit tentacules, qui se rétractent entièrement dans leurs calices.
- Pousse le plus souvent à l'envers, sous les plafonds de grottes, les surplombs et dans les failles.
- Branches arrondies au bout, contrairement au faux corail Myriapora truncata, orange, à extrémités tronquées et à petits polypes jamais blancs.
Noms
- Nom usuel
- Corail rouge
- Nom scientifique
- Corallium rubrum
- Autres noms
- Corail rouge de Méditerranée · Sang de Neptune · Corail des bijoutiers · Corail de Sardaigne
- Synonymes
- Madrepora rubra · Isis nobilis · Corallium nobile
Distribution géographique
Méditerranée occidentale surtout, dont il est quasi endémique ; aussi signalé sur la façade atlantique, du Portugal au Cap-Vert. En France : côtes méditerranéennes continentales et Corse.
Zones : Méditerranée · Corse — Europe
Biotope
Fixé sur la roche, en milieu peu éclairé : parois verticales du coralligène, plafonds de grottes, surplombs et failles. Présent dès 5 m environ, surtout entre 30 et 100 m, signalé jusqu'à 1 000 m.
Profondeur : 5 – 100 m
Repères pour le plongeur
Petit corail ramifié rouge vif aux polypes blancs, qui pousse à l'envers sous les plafonds de grottes et les surplombs de Méditerranée, surtout au-delà de 30 m. Éclairez-le sans le toucher : une colonie de quelques grammes peut avoir vingt ans.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Suspensivore passif : ses polypes capturent le plancton apporté par le courant ; il absorbe aussi des substances dissoutes dans l'eau.
Reproduction
Sexes séparés, déterminés génétiquement (système XX/XY). Les mâles libèrent leurs spermatozoïdes en été (juin à août) ; la fécondation et le développement larvaire se font dans la femelle, qui libère ses larves de mi-juillet à début octobre selon la profondeur. Maturité vers 2 ans ; bourgeonnement asexué.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (version 2025-2, selon SeaLifeBase et GBIF). Espèce exploitée et réglementée plutôt que strictement protégée : en France, un arrêté ministériel du 17 avril 2020, prolongé en mai 2024, interdit la récolte sauf dérogation accordée à une trentaine de corailleurs professionnels (2023). Inscrit à l'annexe III des conventions de Berne et de Barcelone. Menaces : braconnage, notamment en Corse, éponges perforantes et réchauffement de l'eau.
Espèces ressemblantes
- Faux corail (Myriapora truncata) : bryozoaire orange aux branches tronquées net au bout ; ses petits polypes sont orange, jamais blancs.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le corail rouge est un animal. C’est un octocoralliaire de la famille des Coralliidés, une colonie de polypes qui construit un squelette calcaire. Longtemps pris pour une plante, il n’a été reconnu comme animal qu’au XVIIIe siècle.
La colonie est petite, rigide et ramifiée. Ses branches sont courtes, cylindriques et partent dans plusieurs plans. Elle mesure en général une vingtaine de centimètres, exceptionnellement 50 cm. Le tissu vivant est rouge vif à rose, plus rosé en profondeur, et des formes blanches existent mais restent rares. La couleur vient de pigments caroténoïdes. Les polypes blancs, d’environ 5 mm, ont huit tentacules et ressortent nettement sur le rouge quand ils sont déployés. Ils peuvent aussi se rétracter entièrement : la colonie paraît alors lisse et uniformément rouge.
DORIS signale une confusion fréquente avec le faux corail, Myriapora truncata, qui est un bryozoaire. Il est plutôt orange, ses branches sont coupées net au bout, et ses petits polypes sont orange, jamais blancs.
Où et quand l’observer en France
L’espèce vit surtout en Méditerranée occidentale, dont elle est presque endémique, et plus marginalement sur la façade atlantique, du Portugal au Cap-Vert. Les sources consultées ne la signalent ni en Bretagne ni en Manche. En France, on la cherche donc sur les côtes méditerranéennes et en Corse.
Le corail rouge se fixe sur la roche, dans la pénombre : parois verticales du coralligène, plafonds de grottes, surplombs et failles. Il pousse souvent la tête en bas. On peut le voir dès 5 m environ dans les grottes, mais il est surtout présent entre 30 et 100 m. SeaLifeBase précise que la pêche l’a raréfié en faible profondeur et qu’il faut souvent descendre au-delà de 30 à 40 m. Fixé et présent toute l’année, il s’observe en toute saison.
Biologie et comportement
C’est un suspensivore passif. Ses polypes attrapent le plancton que le courant amène, et la colonie absorbe aussi des substances dissoutes dans l’eau. Les colonies sont mâles ou femelles, avec un déterminisme génétique de type XX/XY : DORIS rappelle que c’était, en 2017, le premier cas connu chez des animaux de ce niveau d’organisation. Les mâles libèrent leurs spermatozoïdes de juin à août. Les femelles incubent puis relâchent leurs larves de mi-juillet à début octobre ; celles-ci se fixent au bout d’une quinzaine de jours. La croissance est très lente, de 1 à 8 mm par an. Une colonie de quelques grammes peut ainsi avoir une vingtaine d’années. Les éponges perforantes, qui dissolvent le squelette, sont sa principale cause naturelle de mort, et une eau au-delà de 24 °C lui devient critique.
Statut et protection
Le corail rouge n’est pas évalué au niveau mondial par l’UICN (NE, liste rouge version 2025-2, selon SeaLifeBase et GBIF). Ce n’est pas une espèce strictement protégée en France, mais une espèce exploitée et réglementée. Un arrêté ministériel du 17 avril 2020, prolongé en mai 2024, interdit la récolte, sauf dérogation accordée par les Affaires maritimes à une trentaine de corailleurs professionnels en 2023. Des mesures locales s’y ajoutent, et le braconnage reste important en Corse. L’espèce figure à l’annexe III des conventions de Berne et de Barcelone.
Bien l’observer et la photographier
Une lampe est indispensable : dans la pénombre d’une grotte, la colonie paraît sombre jusqu’à ce que la lumière révèle son rouge. Approchez lentement, en flottabilité parfaitement neutre, car un coup de palme ou de bouteille contre un plafond casse des branches qui ont mis des décennies à pousser. Si les polypes blancs sont rentrés dans leurs calices, restez immobile et à distance plutôt que de vous rapprocher encore : ce sont eux qui font tout l’intérêt de l’image. Ne prélevez rien, pas même une branche morte : la récolte est interdite sans dérogation.