Fiche n° 1138 · Flore · Algues & plantes

Saccharine

Saccharina latissima

Europe Bretagne Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-saccharine/

Clé d'identification

  • Grande algue brune de 1 à 3 m, parfois 4 m, formée d'une seule lame en lanière jamais découpée.
  • Lame sans nervure médiane, gaufrée de part et d'autre d'une bande centrale, aux bords ondulés.
  • Stipe court, rond, lisse et plein.
  • Crampons minces et peu nombreux, disposés en verticilles irréguliers.
  • Lame neuve plus claire poussant chaque hiver à la base, séparée de l'ancienne par un étranglement.
  • Lame gluante au toucher, portant à maturité des taches brunes (sores).

Noms

Nom usuel
Saccharine
Nom scientifique
Saccharina latissima
Autres noms
Laminaire sucrée · Laminaire saccharine · Baudrier de Neptune · Ceinture de Neptune · Kombu royal · Sugar kelp
Synonymes
Laminaria saccharina · Fucus saccharinus

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, du Spitzberg au nord du Portugal, Atlantique Nord-Ouest, côte pacifique de l'Amérique et Japon. En France : Manche et Atlantique, surtout en Bretagne et en Normandie ; DORIS ne la signale pas en Méditerranée.

Zones : Bretagne · Manche — Europe

Biotope

Roches, blocs et galets en mode calme, de la frange infralittorale jusqu'à 30 m environ ; fréquente dans les chenaux à fond de sable ou de gravier où l'eau circule, et capable de vivre non fixée sur sable meuble en eau très calme.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Grande laminaire à lame unique, gaufrée et sans nervure, qui pousse en eau calme sur les fonds rocheux de la Manche et de Bretagne, souvent dans les chenaux. Ne soulevez pas le sédiment fin autour d'elle : un dépôt de 1 à 2 mm suffit à en tuer une partie.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Autotrophe : photosynthèse à partir du gaz carbonique, de l'eau et des sels minéraux dissous.

Reproduction

Cycle à deux générations : le grand sporophyte libère des spores depuis les sores bruns de sa lame, surtout d'octobre à avril dans les îles Britanniques ; elles donnent des gamétophytes microscopiques mâles et femelles. Fertile vers 8 à 20 mois, l'algue vit 2 à 5 ans.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (catégorie NE indiquée par GBIF, consulté en octobre 2026). Ni DORIS ni MarLIN ne signalent de statut de protection. Sensible à l'envasement, à la turbidité et aux eaux trop chaudes (22 °C au plus pour les jeunes stades).

Espèces ressemblantes

  • Alaria (Alaria esculenta) : lame entière elle aussi, mais parcourue sur toute sa longueur par une nervure médiane ; elle vit en mode battu.
  • Laminaire rugueuse (Laminaria hyperborea) : lame découpée en lanières et long stipe rigide et rugueux couvert d'épiphytes.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

La saccharine, ou laminaire sucrée, est une grande algue brune de la classe des Phéophycées, et non une plante à fleurs. Elle mesure jusqu’à 3 m selon DORIS, 4 m selon MarLIN. Son thalle se résume à trois parties : des crampons minces et peu nombreux, un stipe court, rond et lisse, puis une seule lame en forme de ruban.

Cette lame est le meilleur critère. Elle n’est jamais découpée, elle n’a pas de nervure médiane, ses bords ondulent et sa surface est gaufrée de part et d’autre d’une bande centrale. Chaque hiver, une lame neuve plus claire pousse à la base, séparée de l’ancienne par un étranglement : pendant un temps, on voit les deux bout à bout.

Deux confusions sont possibles. L’alaria (Alaria esculenta) a aussi une lame entière, mais une nervure la parcourt sur toute sa longueur, et elle préfère les côtes battues. La laminaire rugueuse (Laminaria hyperborea) a une lame découpée en lanières et un long stipe rigide et rugueux, couvert d’algues rouges, d’éponges et de bryozoaires.

Où et quand l’observer en France

DORIS la situe en Manche et en Atlantique, du Spitzberg au sud de la Bretagne, sans la mentionner en Méditerranée. Les observations françaises rassemblées par GBIF se concentrent en Bretagne et en Normandie. Elle recherche le mode calme : roches, blocs et galets des baies abritées, et surtout les chenaux à fond de sable ou de gravier où l’eau circule. En eau très calme, elle peut même vivre non fixée sur le sable.

On la trouve de la frange que découvrent les grandes marées jusqu’à 30 m environ. Pérenne, elle est visible toute l’année. Selon MarLIN, elle pousse le plus vite de la fin de l’hiver au printemps, ralentit à partir de juin et peut cesser de croître à la fin de l’été : c’est au printemps que les lames sont les plus fraîches.

Biologie et comportement

Comme toutes les algues brunes, elle fabrique sa matière par photosynthèse. Son cycle compte deux générations. La grande algue observée en plongée est le sporophyte. À maturité, des taches brunes, les sores, apparaissent sur la lame et libèrent des spores, surtout d’octobre à avril dans les îles Britanniques. Ces spores donnent des gamétophytes mâles et femelles, filaments microscopiques qui produisent la génération suivante. Un individu devient fertile vers 8 à 20 mois et vit de 2 à 5 ans.

La lame est parcourue de canaux à mucilage qui la rendent gluante. En hiver, un champignon, Phycomelaina laminariae, envahit parfois le stipe. Son nom vient du sucre qui cristallise à la surface de l’algue séchée. Elle est récoltée pour l’extraction des alginates et, d’après DORIS, autorisée en France comme condiment depuis 1997, mais pas comme légume de la mer.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN : GBIF lui attribue la catégorie NE (non évaluée), consultée en octobre 2026. Ni DORIS ni MarLIN ne lui connaissent de statut de protection. MarLIN la juge en revanche très sensible à l’envasement : sous une couche de 1 à 2 mm de sédiment fin, environ un quart des individus sont morts en quatre semaines. Ses gamétophytes et ses jeunes pieds ne supportent pas plus de 22 °C.

Bien l’observer et la photographier

Dans les chenaux sableux où elle abonde, palmez haut et lentement : soulever le sédiment fin la recouvre, et le nuage gâche aussi vos photos. Ne tirez pas sur les lames et n’arrachez pas les pieds, dont les crampons sont minces et peu nombreux.

Pour montrer le gaufrage, photographiez la lame en contre-jour depuis le dessous, ou de biais avec un éclairage rasant. En fin d’hiver et au printemps, cadrez la jonction entre la lame neuve claire et l’ancienne : c’est l’image qui l’identifie le plus sûrement. Entre l’automne et le printemps, cherchez aussi les sores bruns sur la lame.

Sources