Fiche n° 1137 · Flore · Algues & plantes

Laminaria

Laminaria hyperborea

Europe Bretagne Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-laminaria/

Laminaria (Laminaria hyperborea)
Photo : Xavier Caisey (Ifremer) — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Grande algue brune dressée, jusqu'à 2 m selon DORIS et 3,5 m au plus selon MarLIN, formant de véritables forêts.
  • Stipe raide, cylindrique, plus épais à la base, rugueux au toucher et cassant.
  • Stipe couvert d'épiphytes, surtout d'algues rouges, alors que celui de la laminaire digitée reste lisse et nu.
  • Fronde brun doré à brun sombre, brillante, sans nervure, découpée en 5 à 20 lanières.
  • Crampon conique, gros et ramifié, en étages superposés de haptères qui forment des échasses.

Noms

Nom usuel
Laminaria
Nom scientifique
Laminaria hyperborea
Autres noms
Laminaire rugueuse · Laminaire nordique · Anguillier · Baudrée · Goémon d'avril · Mantelet
Synonymes
Fucus hyperboreus · Laminaria cloustonii · Laminaria flexicaulis

Distribution géographique

Atlantique nord-est, du Spitzberg et de l'Islande jusqu'au nord de l'Espagne et au Portugal, ainsi que l'Atlantique nord-ouest. En France : Manche et Atlantique jusqu'au sud de la Bretagne. Absente de Méditerranée, où vit une autre laminaire, Laminaria rodriguezii.

Zones : Bretagne · Manche — Europe

Biotope

Fonds rocheux stables de l'infralittoral, en mode battu à moyennement battu. Elle forme une ceinture juste sous le niveau des plus basses mers, en dessous de la laminaire digitée, et s'éclaircit avec la profondeur jusqu'à 40 m environ en eau très claire.

Profondeur : 1 – 40 m

Repères pour le plongeur

Laminaire des forêts de Bretagne et de la Manche, reconnaissable à son stipe raide et rugueux couvert d'algues rouges. Ne la saisissez pas pour vous tirer : le stipe casse net.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Autotrophe : photosynthèse. La limite inférieure de la forêt est fixée par la lumière, autour de 1 % de l'éclairement de surface.

Reproduction

Cycle à deux générations : de larges taches brunes (sores) sur la fronde libèrent des spores en hiver, de septembre à avril selon MarLIN. Elles donnent des gamétophytes microscopiques mâles et femelles, qui produisent un nouveau sporophyte. Maturité entre 2 et 6 ans, longévité de 10 à 20 ans.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge de l'UICN, d'après GBIF consulté en 2026. Pas de statut de protection particulier selon DORIS ; la récolte est réservée aux goémoniers professionnels sous licence, six mois par an.

Espèces ressemblantes

  • Laminaire digitée (Laminaria digitata) : stipe lisse, souple et sans épiphytes ; elle pousse plus haut, à la limite des basses mers.
  • Laminaire jaune (Laminaria ochroleuca) : stipe lisse et rigide, zone de jonction entre stipe et fronde teintée de jaune.
  • Laminaire à bulbe (Saccorhiza polyschides) : se distingue par son crampon et la base de son stipe.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

La laminaire rugueuse est une grande algue brune de l’Atlantique nord. DORIS la décrit jusqu’à 2 m de long, et MarLIN cite 3,5 m dans les meilleures conditions, une taille rarement atteinte. Elle se compose de trois parties bien visibles. À la base, un crampon conique et ramifié s’accroche à la roche par des étages de haptères épais, comme des échasses. Au-dessus se dresse un stipe raide, cylindrique, plus épais en bas qu’en haut. Il porte enfin une fronde brillante, brun doré à brun sombre, sans nervure, découpée en 5 à 20 lanières.

Le critère décisif est le stipe. Chez cette espèce, il est rugueux, cassant, et presque toujours garni d’algues rouges comme la dulse (Palmaria palmata). La laminaire digitée a au contraire un stipe lisse et nu, et la laminaire jaune un stipe lisse avec une zone jaune à la jonction de la fronde. Devant une laminaire à bulbe, regardez le crampon et la base du stipe. La forme varie avec l’exposition : en site abrité, la fronde a peu de lanières et le stipe reste fin ; en site battu, elle est très découpée sur un stipe épais.

Où et quand l’observer en France

On la rencontre en Manche et sur la façade atlantique jusqu’au sud de la Bretagne. Elle ne vit ni en Méditerranée ni en Corse : DORIS le précise sur la fiche de Laminaria rodriguezii, la laminaire méditerranéenne, qui pousse le plus souvent entre 70 et 150 m, sur des fonds que le plongeur loisir atteint rarement.

En Bretagne, elle forme une ceinture juste sous le niveau des plus basses mers, en dessous de la laminaire digitée, sur des roches stables et exposées à la houle. La forêt s’éclaircit en profondeur. MarLIN situe l’espèce entre 1 et 36 m, avec une profondeur courante d’environ 8 m près des côtes, et jusqu’à 47 m relevés à St Kilda en eau très claire. En eau trouble, elle disparaît bien avant. Elle reste en place toute l’année.

Biologie et comportement

C’est une algue pérenne, qui vit de 10 à 15 ans selon DORIS et jusqu’à 20 ans selon MarLIN. Une coupe du stipe montre des stries de croissance qui permettent d’estimer son âge. Elle pousse surtout en hiver et au printemps : une nouvelle fronde se forme entre le stipe et l’ancienne, qui se détache ensuite. Ces vieilles frondes échouées, les « mantelets », abondent sur les plages en avril et en mai.

La reproduction passe par deux générations. Des taches brunes sur la fronde libèrent des spores en hiver ; elles donnent des gamétophytes microscopiques, mâles et femelles, à l’origine d’un nouveau sporophyte.

La forêt abrite une vie foisonnante. Le stipe porte des algues rouges, des éponges et des bryozoaires ; le crampon loge des ascidies, des vers, des petits crustacés et des crabes. L’oursin Echinus esculentus broute les jeunes pieds et peut empêcher la forêt de se reconstituer.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN (catégorie NE selon GBIF, consulté en 2026). DORIS ne lui connaît pas de statut de protection particulier. Sa récolte, mécanisée depuis des bateaux goémoniers, est réservée aux professionnels sous licence, six mois par an. DORIS indique 51 bateaux et 2 723 tonnes fraîches récoltées en 2005, surtout pour extraire les alginates (additifs E400 à E405).

Bien l’observer et la photographier

Plongez de préférence par mer calme : la laminaire aime les sites battus, et la houle y balance fort les plongeurs. Restez au-dessus de la canopée ou dans les clairières de roche, sans vous enfoncer entre les stipes. Ne vous y agrippez pas : le stipe rugueux casse net.

Pour la photo, cadrez en contre-plongée pour faire ressortir les frondes sur la lumière de surface. Approchez aussi la macro des stipes et des crampons, riches en algues rouges et en ascidies.

Sources