Fiche n° 1139 · Flore · Algues & plantes
Fucus
Fucus serratus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-fucus/
Clé d'identification
- Algue brune olive à vert-noir, en touffe buissonnante, couramment 60 à 80 cm, parfois plus d'un mètre en mode abrité.
- Lanières plates d'environ 2 cm de large, ramifiées par dichotomie, avec une nervure médiane bien visible.
- Bords de la fronde nettement dentés, à dents pointées vers l'extrémité : le critère décisif.
- Aucun flotteur (vésicule aérifère) sur le thalle, contrairement au fucus vésiculeux.
- Réceptacles reproducteurs très plats à l'extrémité des lanières, orangés chez les pieds mâles, verdâtres chez les femelles.
- Petits points clairs sur la fronde : des cryptes garnies de poils blancs.
Noms
- Nom usuel
- Fucus
- Nom scientifique
- Fucus serratus
- Autres noms
- Fucus denté · Fucus dentelé · Fucus denticulé · Varech denté · Varech plat · Goémon
- Synonymes
- Halidrys serrata · Virsodes serratum
Distribution géographique
Atlantique Nord-Est, du Spitzberg et de la Baltique jusqu'au nord du Portugal, mer du Nord et Manche ; aussi dans le golfe du Saint-Laurent. Absent de Méditerranée. En France : côtes de la Manche et de l'Atlantique, Bretagne comprise.
Zones : Bretagne · Manche — Europe
Biotope
Rochers, blocs et cailloux stables du bas de l'estran, entre mi-marée et basse mer de mortes-eaux, jusqu'au début de l'infralittoral (15 m au plus). C'est la ceinture de fucus la plus basse, sous le fucus vésiculeux ; elle est plus large en mode abrité qu'en mode battu.
Profondeur : 0 – 15 m
Repères pour le plongeur
Seul fucus aux bords dentés et sans flotteurs, il forme la ceinture la plus basse de l'estran en Bretagne et en Manche, visible à basse mer et en tout début de plongée du bord. Ne l'arrachez pas et ne piétinez pas ses touffes.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Algue autotrophe : photosynthèse à partir de la lumière, du dioxyde de carbone et des sels minéraux dissous dans l'eau de mer.
Reproduction
Espèce dioïque (pieds mâles et pieds femelles). Les gamètes sont libérés dans l'eau, où a lieu la fécondation. Fructification possible toute l'année, avec des pics en fin d'été et en fin d'hiver selon DORIS ; MarLIN situe le pic d'août à octobre. Pérenne, il vit de 2 à 5 ans.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, d'après GBIF consulté le 15 octobre 2026. Espèce commune, récoltée pour les alginates, la cosmétique et comme engrais ; aucune mesure de protection particulière n'a été trouvée dans les sources consultées.
Espèces ressemblantes
- Fucus vésiculeux (Fucus vesiculosus) : porte des flotteurs réguliers et des bords lisses ; sa ceinture se situe juste au-dessus de celle du fucus denté.
- Fucus spiralé (Fucus spiralis) : bords lisses, thalle souvent vrillé et réceptacles renflés au bout des lanières ; il pousse plus haut sur l'estran.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Algues & plantes
Identification
Le fucus denté est une grande algue brune de la famille des Fucacées. Il forme des touffes buissonnantes, brun olive à vert-noir, qui mesurent couramment 60 à 80 cm. En mode battu, il reste plus court, autour de 40 cm. Dans les sites très abrités, il dépasse le mètre. Un disque adhésif très résistant le fixe à la roche, prolongé par un stipe court.
Les lanières sont plates, larges d’environ 2 cm, et se divisent régulièrement en deux. Une nervure médiane les parcourt sur toute leur longueur. Le critère décisif se voit sur les bords : ils portent de petites dents pointées vers l’extrémité de la fronde, d’où son nom. De près, la surface est criblée de points clairs. Ce sont des cryptes garnies de poils blancs, qui ne jouent aucun rôle dans la reproduction.
Deux autres fucus partagent les mêmes rochers. Le fucus vésiculeux a des bords lisses et porte des flotteurs remplis d’air, répartis régulièrement sur la fronde. Le fucus spiralé a lui aussi des bords lisses, un thalle souvent vrillé et des réceptacles renflés au bout des lanières. Le fucus denté, lui, n’a ni flotteurs ni extrémités gonflées.
Où et quand l’observer en France métropolitaine
L’espèce vit dans l’Atlantique Nord-Est, du Spitzberg au nord du Portugal, en mer du Nord et en Manche. DORIS est formel : elle est absente de Méditerranée. Vous ne la verrez donc ni en Provence ni en Corse, mais sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, Bretagne comprise.
Sur l’estran, les fucus se rangent en ceintures superposées. Le fucus denté occupe la plus basse, entre la mi-marée et la basse mer de mortes-eaux, juste sous le fucus vésiculeux. Il descend au début de l’infralittoral, sans dépasser 15 m. Il préfère la roche en place, les gros blocs et les cailloux stables. Sa ceinture est plus large en mode abrité qu’en mode battu.
En plongée du bord, vous le traverserez donc surtout dans les premiers mètres, à la mise à l’eau et au retour. Il reste présent toute l’année. À marée basse, la même ceinture se découvre et s’observe à pied.
Biologie et comportement
Comme toutes les algues, le fucus denté vit de la photosynthèse. L’espèce est dioïque : chaque pied est mâle ou femelle. La différence ne se voit qu’en période de reproduction, à la couleur des réceptacles plats situés au bout des lanières, orangés chez le mâle et verdâtres chez la femelle. Les gamètes sont libérés dans l’eau, où se fait la fécondation. Les spermatozoïdes sont attirés vers les gamètes femelles par des molécules appelées fucoserratènes.
Selon DORIS, la fructification peut avoir lieu toute l’année, avec des pics en fin d’été et en fin d’hiver. MarLIN situe plutôt le pic d’août à octobre. Au printemps et à l’automne, le thalle devient gluant : c’est le signe que la reproduction est en cours. L’algue est pérenne et vit de 2 à 5 ans. Plus de 90 espèces d’algues épiphytes ont été recensées sur ses frondes, ainsi que des littorines et des isopodes du genre Idotea.
Statut et protection
L’espèce n’est pas évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l’UICN, d’après GBIF consulté en octobre 2026. Elle est commune et compte parmi les algues les plus récoltées. On en extrait des alginates, utilisés comme gélifiants et stabilisants. Elle sert aussi en cosmétique et en thalassothérapie. En Bretagne, comme en Écosse et en Irlande, on ramasse en hiver les pieds échoués sur les laisses de mer pour servir d’engrais. Aucune protection réglementaire propre n’a été trouvée dans les sources consultées.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez les touffes dans les tout premiers mètres, sur la roche ou les gros blocs. Pour prouver l’identification, cadrez une seule lanière en gros plan : bord denté, nervure et absence de flotteurs doivent apparaître sur la même image. À basse mer, une photo de la ceinture prise depuis l’estran montre bien sa position sous le fucus vésiculeux.
Soulevez délicatement une fronde pour découvrir les littorines et les idotées qui s’y abritent, puis reposez-la. Ne l’arrachez pas : le crampon est la seule partie qui le retient à la roche. À marée basse, évitez de marcher sur les touffes, qui abritent cette petite faune.