Fiche n° 1292 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge vase bleue

Callyspongia plicifera

Amérique Caraïbes Guadeloupe Réserve Cousteau

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-eponge-vase-bleue/

Éponge vase bleue (Callyspongia plicifera)
Photo : Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Tube en forme de vase légèrement évasé, presque toujours solitaire (parfois deux ou trois).
  • Rose à violet clair, avec une fluorescence bleu vif surtout visible sur le bord de l'ouverture.
  • Surface extérieure creusée de plis, de sillons sinueux et de petites fossettes.
  • Bord supérieur aminci, blanchâtre à translucide, où l'on voit les fibres du squelette.
  • Intérieur plus lisse que l'extérieur ; consistance fibreuse et élastique.
  • Jusqu'à 50 cm de haut pour une dizaine de centimètres de diamètre.

Noms

Nom usuel
Éponge vase bleue
Nom scientifique
Callyspongia plicifera
Autres noms
Éponge-vase fluo · Éponge-vase azurée · Azure vase sponge · Iridescent tube sponge
Synonymes
Callyspongia (Cladochalina) plicifera · Spongia plicifera · Spinosella plicifera · Spongia scrobiculata · Tuba plicifera

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : Floride, Bahamas et Caraïbes ; absente des Bermudes selon DORIS. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises à l'îlet Pigeon et à Port-Louis, et GBIF compte plus de 300 observations dans l'archipel.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau — Amérique

Biotope

Récifs coralliens, surtout sur les tombants. Espèce assez exigeante, considérée par DORIS comme un indicateur de milieu peu perturbé ; rarement au-delà de 25 m.

Profondeur : 10 – 25 m

Repères pour le plongeur

Un vase rose violacé qui s'illumine de bleu sur son bord : c'est l'une des éponges les plus photogéniques des récifs de Guadeloupe. Jetez un œil à l'intérieur, souvent occupé par des ophiures ou des crevettes, mais ne touchez pas sa paroi fragile.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur : elle retient les particules microscopiques de l'eau qui traverse sa paroi.

Reproduction

Vivipare : les larves sont incubées dans le corps de l'éponge avant d'être libérées dans l'eau.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE, selon GBIF). Sensible aux perturbations du milieu : sa présence signale plutôt un récif en bon état. Paroi mince et cassante, vulnérable aux coups de palmes.

Espèces ressemblantes

  • Callyspongia vaginalis : rose à lavande, en bouquets de tubes étroits (environ 5 cm de diamètre), dont la surface porte des aspérités régulières mais jamais de plis.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

L’éponge vase bleue est une démosponge de la famille des Callyspongiidés. Elle forme un tube légèrement évasé, presque toujours solitaire, parfois accompagné d’un ou deux autres. Sa couleur de base va du rose au violet clair, avec une fluorescence bleu vif bien visible sur le bord de l’ouverture : c’est elle qui lui donne son nom.

La surface extérieure est son meilleur critère. Elle est parcourue de plis, de sillons sinueux et de fossettes de 0,5 à 1 cm de profondeur. Le bord supérieur s’amincit jusqu’à devenir translucide, et l’on y voit par transparence le réseau de fibres du squelette. L’intérieur est plus lisse. DORIS signale aussi des individus beiges, rosés ou jaunes, mais la forme plissée reste la même.

La confusion possible est Callyspongia vaginalis, rose à lavande. Elle pousse en bouquets de tubes plus étroits, et sa surface porte des aspérités régulières, jamais de plis.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit en Floride, aux Bahamas et dans toutes les Caraïbes. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises à l’îlet Pigeon (Réserve Cousteau, cœur du Parc national) vers 10 m et à Port-Louis vers 16 m. GBIF recense plus de 300 observations dans l’archipel.

Cherchez-la sur les récifs, en particulier sur les tombants, rarement au-delà de 25 m. DORIS la décrit comme assez exigeante : on la trouve plutôt dans des eaux peu perturbées. Fixée, elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Comme les autres éponges, elle filtre en continu l’eau qui traverse sa paroi pour en retenir les particules microscopiques. Son squelette associe un réseau régulier de fibres de spongine et des spicules siliceux en bâtonnets.

Elle est vivipare : ses larves se développent dans le corps de l’éponge avant d’être libérées. Son vase sert d’abri à toute une petite faune. DORIS cite des ophiures, des crevettes nettoyeuses et des araignées nez pointu ; le guide Naturalis mentionne l’association fréquente avec l’ophiure des éponges (Ophiothrix suensonii).

Statut et protection

Elle n’est pas évaluée par l’UICN (NE, selon GBIF). Sa sensibilité aux perturbations du milieu en fait un bon indice de santé du récif. Sa paroi mince casse facilement : un coup de palme laisse des traces durables.

Bien l’observer et la photographier

Restez à distance de la paroi et stabilisez-vous au-dessus du récif sans vous y poser. Éclairez l’intérieur du vase avec une lampe pour découvrir ses occupants, sans y mettre les doigts.

La fluorescence ressort mieux en lumière naturelle, de biais, ou avec un flash réglé faible. Coralpedia prévient que sa surface très réfléchissante est difficile à photographier : décalez vos flashs pour éviter les reflets blancs. Un cadrage vertical montre le vase entier ; un gros plan sur le bord translucide révèle la dentelle des fibres.

Sources