Fiche n° 1291 · Flore · Éponges & tuniciers
Éponge tube jaune
Aplysina fistularis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-eponge-tube-jaune/
Clé d'identification
- Bouquet de tubes dressés, presque toujours verticaux, partant d'une base commune et qui ne se ramifient pas.
- Couleur jaune soufre à orange vif, un peu fluorescente : elle reste bien jaune même sans lampe.
- Parois épaisses, molles mais élastiques ; surface extérieure boursouflée, parfois creusée de sillons espacés.
- Intérieur du tube lisse, plus clair, percé des orifices des canaux exhalants.
- Tubes de 30 à 60 cm en général, jusqu'à 1 m ; jusqu'à une vingtaine de tubes par bouquet.
- Sortie de l'eau, elle vire au violet, au brun puis au noir, comme les autres Aplysinidés.
Noms
- Nom usuel
- Éponge tube jaune
- Nom scientifique
- Aplysina fistularis
- Autres noms
- Éponge tuyau d'orgue · Éponge-tube jaune · Yellow tube sponge · Sulphur sponge · Esponja tubular amarilla
- Synonymes
- Spongia fistularis · Verongia fistularis · Aplysina aggregata · Verongia hirsuta
Distribution géographique
Atlantique ouest tropical : Floride, Bahamas et ensemble des Caraïbes jusqu'au Venezuela. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises à l'îlet Pigeon et aux Saintes ; GBIF compte plusieurs centaines d'observations dans l'archipel.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau · Les Saintes — Amérique
Biotope
Récifs et fonds rocheux, souvent sur les tombants ; espèce peu exigeante qui tolère les zones perturbées et chargées en sédiments, où elle se couvre d'hydraires. Le plus souvent entre 5 et 30 m.
Profondeur : 3 – 30 m
Repères pour le plongeur
Ces bouquets de tubes jaunes font partie des éponges les plus faciles à repérer sur les récifs de Guadeloupe, de l'îlet Pigeon aux Saintes. Prenez le temps de regarder dans les tubes sans y glisser la main : de petits crustacés et des poissons s'y abritent.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Filtreur : l'éponge pompe l'eau par les pores de sa paroi et retient les particules microscopiques, puis rejette l'eau filtrée par l'ouverture du tube.
Reproduction
Ovipare : les gamètes sortent du sommet des tubes comme des nuages de fumée. Elle peut aussi bourgeonner de nouveaux tubes (multiplication asexuée), notamment après avoir été couchée par la houle.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée par l'UICN (NE, selon GBIF). Espèce commune et tolérante ; la principale menace locale reste mécanique : tubes arrachés ou couchés par les tempêtes, les ancres et les coups de palmes.
Espèces ressemblantes
- Aplysina lacunosa : tubes plus massifs et plus coniques, jaunes à brun rouge, couverts de gros plis et de circonvolutions profondes que l'éponge tube jaune ne montre jamais.
- Aplysina insularis : tubes plus irréguliers, avec des excroissances et des filaments qui partent de l'ouverture, et tendance à former des cordes.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Éponges & tuniciers
Identification
L’éponge tube jaune est un animal, pas une plante : une démosponge de la famille des Aplysinidés, sans spicules, dont le squelette est fait d’un réseau de fibres de spongine. Elle forme un bouquet de tubes dressés qui partent d’une base commune. Les tubes peuvent être soudés sur leurs 10 à 20 premiers centimètres, mais ils ne se ramifient pas. DORIS donne une taille moyenne de 40 cm pour 8 cm de diamètre, et jusqu’à 1 m dans les meilleurs cas.
Sa couleur va du jaune soufre à l’orange vif. Elle paraît un peu fluorescente et reste bien jaune même sans éclairage, ce qui la rend facile à repérer. Les parois sont épaisses, molles mais élastiques : l’éponge reprend toujours sa forme. L’extérieur est boursouflé, parfois marqué de sillons ; l’intérieur est lisse et plus clair.
Ne la confondez pas avec Aplysina lacunosa, plus massive et couverte de profondes circonvolutions, ni avec A. insularis, dont les tubes portent des excroissances irrégulières.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans tout l’Atlantique ouest tropical, de la Floride et des Bahamas au Venezuela. En Guadeloupe, elle est bien documentée : DORIS publie des photos prises à l’îlet Pigeon, au cœur du Parc national (Réserve Cousteau), et aux Saintes, et GBIF recense plusieurs centaines d’observations dans l’archipel.
Cherchez-la sur les récifs et les tombants, le plus souvent entre 5 et 30 m. Elle supporte les eaux chargées en sédiments, où elle se couvre d’hydraires et d’autres organismes. Fixée et pérenne, elle s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Comme presque toutes les éponges, elle se nourrit en filtrant les particules microscopiques de l’eau. La reproduction sexuée est spectaculaire : les gamètes sortent du sommet des tubes comme de gros nuages de fumée.
Sa capacité à se redresser est remarquable. Quand la houle d’une tempête la couche, ses orifices exhalants se déplacent vers le haut et le tube se reconstruit à la verticale par migration de cellules. Sur les grands individus renversés, de nouveaux tubes poussent sur le « tronc » couché. DORIS montre ainsi une éponge pliée par le cyclone Dean en Martinique, qui avait reformé une cheminée verticale quatre mois plus tard.
L’intérieur des tubes sert d’abri à de petits crustacés et à des poissons. Exposée à l’air, l’éponge vire au violet, au brun puis au noir.
Statut et protection
L’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE, selon GBIF) et n’est pas rare. Sur les sites de la Réserve Cousteau, elle bénéficie de la réglementation du cœur marin du Parc national de la Guadeloupe. Les dégâts qu’on lui voit le plus souvent sont mécaniques : tubes cassés par la houle, une ancre ou une palme.
Bien l’observer et la photographier
Approchez-vous en flottabilité neutre, palmes relevées : les tubes sont souples mais se déchirent. Regardez dans l’ouverture d’un tube avec une petite lampe, sans y mettre la main ; c’est là que se cachent crevettes et petits poissons.
En photo, un cadrage vertical serré sur le bouquet rend bien l’effet « tuyaux d’orgue ». La lumière naturelle suffit souvent, car la couleur jaune tient bien en profondeur. Un contre-plongée vers la surface détache les tubes sur le bleu.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Aplysina fistularis, éponge tuyau d’orgue
- WoRMS : Aplysina fistularis
- Coralpedia (université de Warwick) : Aplysina fistularis
- Interactive Guide to Caribbean Diving (Naturalis) : Aplysina fistularis
- Florent’s Guide to the Tropical Reefs : yellow tube sponge
- GBIF : observations d’Aplysina fistularis en Guadeloupe