Fiche n° 1164 · Faune · Poissons

Napoléon

Cheilinus undulatus

Océan Indien Double barrière Canal du Mozambique

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-napoleon/

Napoléon (Cheilinus undulatus)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Très grand labre au corps massif et comprimé : 60 cm en moyenne, jusqu'à 2,29 m chez les plus grands.
  • Bosse frontale chez l'adulte, d'autant plus marquée que le poisson est âgé.
  • Lèvres épaisses et charnues, bouche protractile.
  • Deux courtes lignes noires partant de l'arrière de l'œil.
  • Corps vert olive à grandes écailles barrées d'un trait sombre ; tête bleu-vert couverte de lignes jaunâtres ondulées.
  • Juvénile plus clair, avec deux lignes noires diagonales qui traversent l'œil.

Noms

Nom usuel
Napoléon
Nom scientifique
Cheilinus undulatus
Autres noms
Labre géant · Labre maori · Kakatoi vareur · Humphead wrasse
Synonymes
Cheilinus mertensii · Cheilinus godeffroyi · Cheilinus rostratus · Crassilabrus undulatus

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge à l'Afrique du Sud et jusqu'aux Tuamotu, des Ryukyu à la Nouvelle-Calédonie. À Mayotte, les inventaires publiés sur GBIF le signalent sur le récif barrière, à la passe en S (Longogori), aux passes du Sud-Ouest, sur la pente externe de Papani et sur le banc de la Zélée.

Zones : Double barrière · Canal du Mozambique — Océan Indien

Biotope

Adultes sur les pentes et tombants externes, les pentes de passes et parfois les récifs de lagon, de 0,5 à 100 m ; nuit passée dans une grotte ou une anfractuosité. Juvéniles dans les Acropora et les herbiers.

Profondeur : 0.5 – 100 m

Repères pour le plongeur

Plus grand labre du monde, à bosse frontale et lèvres épaisses, rare et sédentaire sur les tombants et passes du récif barrière de Mayotte, où sa pêche est interdite. Ne le nourrissez pas et ne le poursuivez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mollusques, crustacés, oursins, étoiles de mer (dont l'acanthaster), poissons et autres invertébrés ; il consomme aussi des proies toxiques comme les lièvres de mer et les poissons-coffres.

Reproduction

Hermaphrodite protogyne : maturité vers 50 cm (5 à 7 ans), certaines femelles deviennent mâles vers 70 cm. Ponte de jour, en couples, au sein d'agrégations ; œufs planctoniques.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 17 juillet 2024 selon FishBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES depuis 2004. À Mayotte, un arrêté du 28 juin 2018 interdit sa pêche, son transport, sa vente et son achat (selon DORIS).

Espèces ressemblantes

  • Labre triloba (Cheilinus trilobatus) : peut être confondu avec un jeune napoléon, mais ne dépasse pas 45 cm, porte des stries rouges verticales sur les écailles et une caudale à trois lobes chez l'adulte.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le napoléon est le plus grand des labres. Il mesure en moyenne 60 cm, mais les plus grands individus connus dépassent 2,20 m pour près de 190 kg. Son corps est haut, massif et aplati sur les côtés, couvert de grandes écailles. Le nom vient de la bosse qui se développe sur le front de l’adulte et grossit avec l’âge, au point de dépasser l’œil vers l’avant chez les vieux individus.

Regardez ensuite la tête. Les lèvres sont épaisses et charnues, et deux courtes lignes noires partent de l’arrière de l’œil. L’adulte est vert olive, chaque écaille barrée d’un petit trait sombre, et sa tête bleu-vert est parcourue de lignes jaunâtres ondulées. Les nageoires dorsale et anale s’étirent en pointe vers l’arrière, et la caudale est arrondie.

Le juvénile est plus pâle, presque blanchâtre, avec deux lignes noires diagonales qui traversent l’œil et s’estompent avec la croissance. C’est à ce stade qu’une confusion reste possible avec le labre triloba (Cheilinus trilobatus), qui ne dépasse pas 45 cm et porte des stries rouges sur les écailles. Selon DORIS, un adulte, lui, ne se confond avec aucune autre espèce.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’adulte fréquente les pentes et les tombants externes, les pentes des passes et, plus rarement, les récifs du lagon. Les jeunes s’abritent dans les massifs d’Acropora et les herbiers. L’espèce vit de la surface à 100 m de fond. Les inventaires naturalistes publiés sur GBIF le signalent sur le récif barrière de Mayotte, à la passe en S (passe de Longogori), dans les passes du Sud-Ouest, sur la pente externe de Papani et sur le banc de la Zélée.

Ne vous attendez pas à le croiser à chaque plongée. DORIS le décrit comme peu répandu à rare, avec une densité estimée à une dizaine d’adultes pour 10 km² de récif. Aucune source ne signale de saison particulière : sédentaire, il reste toute l’année sur son secteur.

Biologie et comportement

Le napoléon parcourt le récif de jour et passe la nuit dans une grotte ou sous un surplomb. Ses dents broient mollusques, crustacés, oursins et étoiles de mer, y compris l’acanthaster, grande dévoreuse de corail. Il avale aussi des proies toxiques comme les lièvres de mer et les poissons-coffres. Sa bouche protractile aspire les proies à distance, et il lui arrive de casser des blocs de corail mort pour atteindre les vers et les coquillages cachés dessous.

C’est un hermaphrodite protogyne. Il naît femelle et devient mature vers 50 cm, entre 5 et 7 ans. Certaines femelles changent ensuite de sexe vers 70 cm. La ponte a lieu de jour, en couples, au sein de rassemblements de quelques dizaines à quelques centaines de poissons. Les œufs dérivent dans le plancton. L’espèce vit au moins 32 ans.

Statut et protection

L’UICN classe le napoléon « En danger » (EN, critères A2bcd), évaluation du 17 juillet 2024 selon FishBase. Sa maturité tardive le rend très vulnérable à la pêche, et la demande de poissons de récif vivants pour la restauration a fait chuter ses populations. Il figure à l’annexe II de la CITES depuis 2004. À Mayotte, DORIS indique qu’un arrêté du 28 juin 2018 interdit de le pêcher, de le transporter, de le transformer, de le vendre et de l’acheter.

Bien l’observer et la photographier

D’ordinaire méfiant, le napoléon garde ses distances. Approchez-le lentement, de biais, sans le poursuivre : un poisson qui fuit ne revient pas. Ne le nourrissez jamais. DORIS rappelle qu’il s’habitue aux plongeurs qui le nourrissent sur les sites fréquentés et vient alors quémander. Ne fouillez pas la cavité où il se repose.

Pour la photo, un grand-angle s’impose sur un adulte. Visez la tête de trois quarts : la bosse, les lèvres et les lignes jaunes ondulées font tout le portrait. Un éclairage doux restitue mieux le vert et le bleu de la livrée qu’un flash puissant, qui écrase les reflets.

Sources