Fiche n° 1163 · Faune · Poissons

Mérou géant

Epinephelus lanceolatus

Océan Indien Lagon Double barrière

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-merou-geant/

Mérou géant (Epinephelus lanceolatus)
Photo : NOAA Fisheries/Ari Halperin — Domaine public — source

Clé d'identification

  • Le plus grand mérou du monde : 2 m couramment, jusqu'à 2,7 m.
  • Silhouette en fer de lance : corps robuste, tête pointue, pédoncule caudal effilé.
  • Adulte gris à brun foncé, semé de petites taches blanchâtres sur le corps.
  • Nageoires jaunes ponctuées de points noirs, contrastant avec le corps terne.
  • Caudale large et arrondie, pectorales larges et arrondies, yeux petits pour la taille.
  • Juvénile à livrée marbrée de jaune et de noir.

Noms

Nom usuel
Mérou géant
Nom scientifique
Epinephelus lanceolatus
Autres noms
Loche géante · Mérou lancéolé · Mérou tigre géant · Loche carite · Giant grouper
Synonymes
Holocentrus lanceolatus · Promicrops lanceolatus · Serranus lanceolatus · Serranus geographicus · Batrachus gigas · Stereolepoides thompsoni

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'à Hawaï, la Polynésie et l'île de Pâques. Indigène à Mayotte selon FishBase ; DORIS le signale à Mayotte et à La Réunion.

Zones : Lagon · Double barrière — Océan Indien

Biotope

Souvent solitaire et sédentaire : lagons, grottes, épaves, pentes externes des récifs, ports et estuaires, parfois en eau trouble ou saumâtre. Généralement à moins de 50 m, au plus vers 100 m selon DORIS (200 m selon FishBase).

Profondeur : 1 – 100 m

Repères pour le plongeur

Le plus grand mérou du monde, reconnaissable à ses nageoires jaunes ponctuées de noir, est rare à Mayotte où sa pêche est interdite. Cherchez-le près des grottes, épaves et tombants ; approchez-le lentement, sans le toucher ni le nourrir.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur : poissons osseux et cartilagineux (petits requins, raies), langoustes et gros crabes, poulpes, parfois jeunes tortues marines. Chasse surtout à l'aube et au crépuscule d'après un suivi en Nouvelle-Calédonie.

Reproduction

Hermaphrodite : les individus peuvent changer de sexe. Regroupements annuels de reproduction sur certains sites (octobre à décembre en Nouvelle-Calédonie, novembre à février à Zanzibar). Maturité vers 1,3 m et 6 ans ; longévité estimée à 37 ans.

Conservation

Données insuffisantes (UICN)

Données insuffisantes (DD) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 18 novembre 2016, après un classement « Vulnérable » en 1996 et 2006 ; population jugée en déclin selon DORIS. À Mayotte, sa pêche, son transport, sa vente et son achat sont interdits (arrêté du 28 juin 2018, article 12, cité par DORIS).

Espèces ressemblantes

  • Mérou malabar (Epinephelus malabaricus) : robe brune et blanchâtre couverte de petites taches noires, sans les nageoires jaunes.
  • Mérou marron (Epinephelus fuscoguttatus) : avant du corps plus trapu, larges taches blanchâtres ponctuées de noir, nageoires sombres ; 1,2 m au plus.
  • Mérou camouflage (Epinephelus polyphekadion) : robe brune à larges taches claires sur le dos ; 90 cm au plus.
  • Mérou patate (Epinephelus tukula) : grosses taches sombres ovales bien séparées sur fond clair, nageoires brunes.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le mérou géant, que DORIS appelle loche géante, est le plus grand mérou du monde. Il mesure couramment 2 m et peut atteindre 2,7 m pour 400 kg selon FishBase. Son nom latin, lanceolatus, signifie « en forme de lance » : le corps est robuste, la tête pointue et le pédoncule caudal s’affine nettement vers la queue.

L’adulte porte une livrée terne, du gris au brun foncé, parsemée de petites taches blanchâtres sur le corps. Le critère le plus sûr est le contraste des nageoires : elles sont jaunes et ponctuées de points noirs. La caudale est large et arrondie, les pectorales aussi. Les yeux semblent petits pour un tel poisson, et la bouche, très large, est garnie de canines recourbées vers l’arrière. Le juvénile ne ressemble pas à l’adulte : sa robe est marbrée de jaune et de noir.

DORIS cite plusieurs confusions possibles. Le mérou malabar porte une robe brune et blanchâtre criblée de petites taches noires. Le mérou marron a l’avant du corps plus trapu et des nageoires sombres. Le mérou camouflage et le mérou patate restent bien plus petits, et ce dernier se reconnaît à ses grosses taches sombres bien séparées.

Où et quand l’observer à Mayotte

FishBase classe l’espèce comme indigène à Mayotte, d’après l’inventaire de Wickel et ses collègues publié en 2014. DORIS la signale aussi à Mayotte et à La Réunion. Elle reste rare : un grand individu vit souvent seul et occupe le même secteur longtemps.

Cherchez-la dans le lagon, sur les pentes externes du récif, près des grottes et des épaves. Elle fréquente aussi les ports et les estuaires, parfois en eau trouble. DORIS publie notamment une photo prise à la passe Bateau, à Mayotte, par 30 m. FishBase la situe le plus souvent entre la surface et 50 m. Aucune source consultée ne décrit de saison particulière à Mayotte : l’observation est possible toute l’année.

Biologie et comportement

C’est un prédateur de grande taille. Sa bouche protractile aspire ses proies : poissons, y compris de petits requins et des raies, poulpes, langoustes et gros crabes. On a aussi trouvé de jeunes tortues marines dans des estomacs. En Nouvelle-Calédonie, un suivi acoustique suggère qu’il chasse surtout à l’aube et au crépuscule.

L’espèce est hermaphrodite : un individu peut changer de sexe selon l’état de la population. La maturité arrive vers 1,3 m, soit environ 6 ans, et la longévité est estimée à 37 ans. Comme d’autres mérous, il se rassemble chaque année sur quelques sites pour se reproduire. Ce renouvellement lent rend l’espèce sensible à la pêche. Il est souvent escorté de rémoras, de poissons-pilotes ou de petites carangues.

Statut et protection

L’UICN l’a classé « Vulnérable » en 1996 et 2006, puis « Données insuffisantes » (DD) le 18 novembre 2016, faute de connaissances suffisantes. DORIS juge pourtant la population en déclin. Sa taille en fait un trophée de chasse sous-marine, ce qui l’a raréfié par endroits.

À Mayotte, DORIS indique que l’espèce figure à l’article 12 de l’arrêté du 28 juin 2018, qui interdit sa pêche, son transport, sa vente et son achat. Sa chair peut en outre accumuler la toxine de la ciguatera.

Bien l’observer et la photographier

Ce mérou se laisse souvent approcher, et DORIS montre des individus photographiés entre 10 et 47 m. Arrivez lentement, de côté, et restez au-dessus du fond pour ne pas soulever de sédiment près de son abri. Ne le nourrissez pas et ne le touchez pas. Ne bloquez pas l’entrée de sa grotte : les gros individus sont sédentaires et ne quittent guère leur territoire, sauf pour se reproduire.

Pour la photo, un grand-angle s’impose, car un adulte de 2 m remplit vite le cadre. Un éclairage latéral fait ressortir le jaune des nageoires, seul vrai repère pour le distinguer des autres gros mérous.

Sources