Fiche n° 1162 · Faune · Poissons
Mérou malabar
Epinephelus malabaricus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-merou-malabar/
Clé d'identification
- Grand mérou massif à nageoire caudale arrondie, couramment autour de 1 m, jusqu'à 2,34 m.
- Fond gris clair à brun jaunâtre.
- Cinq barres sombres légèrement obliques qui se divisent en deux vers le ventre.
- Nombreux petits points noirs et taches sombres sur la tête et le corps.
- Mâchoire supérieure longue : le maxillaire atteint ou dépasse l'aplomb du bord arrière de l'œil.
Noms
- Nom usuel
- Mérou malabar
- Nom scientifique
- Epinephelus malabaricus
- Autres noms
- Malabar grouper
- Synonymes
- Holocentrus malabaricus · Epinephelus salmoides · Serranus semipunctatus · Cephalopholis malabaricus
Distribution géographique
Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'aux Tonga, au Japon et à l'Australie ; absent du golfe Persique. FishBase le donne indigène à Mayotte, aux Comores, à Madagascar et au Mozambique ; des observations à Mayotte figurent dans l'inventaire des ZNIEFF.
Zones : Lagon · Canal du Mozambique — Océan Indien
Biotope
Récifs coralliens et rocheux, cuvettes de marée, estuaires, mangroves, fonds de sable ou de vase, du bord jusqu'à 150 m. Les juvéniles restent près des côtes et dans les estuaires ; l'adulte vit en solitaire.
Profondeur : 0 – 150 m
Repères pour le plongeur
Grand mérou solitaire gris-brun à petits points noirs et cinq barres sombres obliques, présent dans le lagon de Mayotte mais peu signalé. Ne confondez pas avec le mérou loutre ou le mérou à taches oranges, et ne le nourrissez pas.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Prédateur : surtout des poissons et des crustacés, parfois des céphalopodes.
Reproduction
Hermaphrodite protogyne : l'individu est d'abord femelle puis devient mâle. FishBase situe la maturité vers 64 cm ; Fishes of Australia indique que les mâles ne sont pas matures avant 114 cm.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 18 novembre 2016 selon FishBase. Espèce très exploitée (pêche commerciale et sportive, aquaculture) ; FishBase lui attribue une faible résilience et une vulnérabilité à la pêche modérée.
Espèces ressemblantes
- Mérou à taches oranges (Epinephelus coioides) : présent à Mayotte, taches brun orangé ou brun rougeâtre au lieu de points noirs, barres en forme de H et 3 ou 4 selles noirâtres sur le dos.
- Mérou loutre (Epinephelus tauvina) : présent à Mayotte, taches rondes plus grandes à centre plus foncé et souvent une tache noire à la base des quatre derniers rayons épineux de la dorsale.
- Mérou géant (Epinephelus lanceolatus) : bien plus trapu ; le juvénile est jaune à grandes zones noires irrégulières.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le mérou malabar est l’un des grands mérous de l’océan Indien. FishBase donne une longueur courante d’environ 1 m et un maximum de 2,34 m pour 150 kg. Le corps est allongé mais épais, la tête longue, la bouche large : le maxillaire atteint ou dépasse l’aplomb du bord arrière de l’œil. La nageoire caudale est arrondie.
La robe est gris clair à brun jaunâtre. Cinq barres brun foncé, légèrement obliques, descendent sur les flancs et se divisent en deux vers le ventre. Par-dessus, la tête et le corps sont semés de nombreux petits points noirs et de taches sombres. La confusion est fréquente avec deux mérous également présents à Mayotte selon FishBase. Le mérou à taches oranges (Epinephelus coioides) porte des taches brun orangé ou brun rougeâtre, et non noires, ainsi que trois ou quatre selles noirâtres sur le dos. Le mérou loutre (Epinephelus tauvina) a des taches rondes plus grandes, à centre plus foncé que le bord, et souvent une tache noire à la base des quatre derniers rayons épineux de la dorsale. Fishes of Australia souligne que le mérou malabar est souvent pris pour ce dernier. Quant au mérou géant (Epinephelus lanceolatus), il est nettement plus trapu et son juvénile, jaune à grandes plages noires, ne ressemble à aucun des trois.
Où et quand l’observer à Mayotte
FishBase classe l’espèce comme indigène à Mayotte, aux Comores, à Madagascar et au Mozambique. Sur GBIF, les observations mahoraises proviennent de l’inventaire des ZNIEFF, dressé par les services de l’État, le Parc naturel marin de Mayotte et des organismes d’études (ARVAM, Pareto). Ces mentions restent peu nombreuses : ne comptez pas le croiser à chaque plongée.
Le mérou malabar fréquente une grande variété de milieux : récifs coralliens et rocheux, cuvettes de marée, estuaires, mangroves, fonds de sable ou de vase, de la côte jusqu’à 150 m. Les juvéniles restent près du rivage et dans les estuaires, ce qui rend les fonds envasés du lagon et les abords des mangroves plus prometteurs que le tombant extérieur pour les petits individus. Aucune saison particulière n’est documentée pour l’espèce : elle peut être rencontrée toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un prédateur de haut niveau, avec un niveau trophique de 4,2 selon FishBase. Il se nourrit surtout de poissons et de crustacés, parfois de céphalopodes. L’adulte vit en solitaire.
Comme beaucoup de mérous, il est hermaphrodite protogyne : il commence sa vie reproductive comme femelle, puis devient mâle. FishBase situe la maturité vers 64 cm, et Fishes of Australia précise que les mâles ne sont pas matures avant 114 cm. Il faut donc un poisson de belle taille pour assurer la reproduction, ce qui explique en partie sa faible résilience face à la pêche.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 18 novembre 2016 selon FishBase. Elle reste très recherchée : pêche commerciale à prix élevé, pêche sportive, poissons vivants vendus sur les marchés de Hong Kong, aquaculture en Extrême-Orient. FishBase note que les statistiques de capture sont peu fiables, car l’espèce a longtemps été confondue avec un autre mérou, Epinephelus andersoni. Nous n’avons pas trouvé de mesure de protection propre au mérou malabar à Mayotte.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez-le près d’un abri : surplomb, éboulis, épave, bordure de chenal envasé. Avancez lentement, à hauteur du poisson et un peu de côté, plutôt que de descendre sur lui. S’il recule dans son abri, ne passez ni la main ni le phare dans la cavité.
Pour l’identification, la photo doit montrer le flanc entier. Seul un profil net permet de compter les cinq barres obliques et de vérifier la couleur des points, noirs ici, orangés chez le mérou à taches oranges. Une prise de face, même spectaculaire, ne suffit pas à trancher entre ces espèces. Dans les eaux du lagon, souvent chargées, rapprochez-vous plutôt que de zoomer et éclairez de biais pour garder le contraste des taches. Ne le nourrissez jamais.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Epinephelus malabaricus, Mérou malabar
- WoRMS : Epinephelus malabaricus (Bloch & Schneider, 1801)
- FishBase : Epinephelus malabaricus, Malabar grouper
- FishBase : répartition par pays
- FishBase : Epinephelus coioides
- FishBase : Epinephelus tauvina
- GBIF : Epinephelus malabaricus
- GBIF : données d’occurrences issues de l’inventaire des ZNIEFF
- Fishes of Australia : Epinephelus malabaricus, Blackspotted Rockcod