Fiche n° 1172 · Faune · Poissons

Poisson-lion

Pterois miles

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-poisson-lion/

Poisson-lion (Pterois miles)
Photo : Tobias Biehl — domaine public — source

Clé d'identification

  • Corps massif barré de bandes verticales alternées blanches et rouges à brun foncé, parfois de petites taches blanches le long de la ligne latérale.
  • Pectorales très longues, aux rayons libres reliés par un voile sur toute leur longueur, déployées en éventail.
  • Dorsale épineuse à 13 longues épines libres et voilées ; dorsale molle, anale et caudale transparentes ponctuées de brun.
  • Appendice au-dessus de chaque œil : fine antenne chez le juvénile, lambeau foliacé avec un ocelle chez le jeune adulte, souvent absent chez les vieux individus.
  • Lambeaux cutanés sur le museau, plus développés sur la mâchoire inférieure ; bouche large.
  • Juvénile très foncé, presque noir, aux pectorales proportionnellement plus grandes.

Noms

Nom usuel
Poisson-lion
Nom scientifique
Pterois miles
Autres noms
Rascasse volante · Ptérois volant · Rascasse-poule · Poisson-dindon · Devil firefish

Distribution géographique

Mer Rouge et océan Indien, du golfe Persique jusqu'à Port Alfred (Afrique du Sud) et à l'est jusqu'à Sumatra ; introduite en Méditerranée orientale. Signalée à Mayotte par DORIS et par une trentaine d'observations dans GBIF.

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Lagons et pentes externes, de la surface à 55 m selon DORIS (85 m selon FishBase). Le jour, immobile sous les surplombs, dans les anfractuosités ou collée aux parois et aux plafonds ; fréquente sur les épaves. Chasse la nuit.

Profondeur : 0 – 85 m

Repères pour le plongeur

Le jour, cherchez le poisson-lion sous les surplombs du lagon de Mayotte et de ses passes ; la nuit, il chasse à découvert. Ses épines dorsales, anales et pelviennes sont venimeuses : aucun contact.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Petits poissons et crustacés, chassés surtout de nuit : il les acule avec ses pectorales déployées puis les gobe d'un coup grâce à sa bouche protractile.

Reproduction

Sexes séparés, ponte en pleine eau la nuit, six à huit femelles autour d'un mâle. Jusqu'à 40 000 œufs par ponte, dans des boules de mucus flottantes ; les larves dérivent 3 à 4 semaines.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 20 juin 2017 selon FishBase. Aucune mesure de protection signalée par DORIS. Espèce invasive en Méditerranée orientale depuis 1991 ; le complexe P. volitans / miles a colonisé l'Atlantique Ouest et les Caraïbes.

Espèces ressemblantes

  • Rascasse volante du Pacifique (Pterois volitans) : morphologiquement identique, on ne la distingue que par la géographie ; elle vit dans le Pacifique et non dans l'ouest de l'océan Indien.
  • Pterois russelli : allure proche, mais teinte plus claire, rayons mous non ponctués et biotope plus profond.
  • Poisson scorpion rayonné (Pterois radiata) et poisson scorpion à antennes (Pterois antennata) : leurs pectorales n'ont pas le large voile continu de P. miles.
  • Rascasses du genre Dendrochirus : rayons plus courts et pectorales reliées par une membrane.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le poisson-lion de l’océan Indien, Pterois miles, est une rascasse de la famille des Scorpaenidae. Il mesure jusqu’à 38 cm selon DORIS, 43 cm au maximum selon FishBase. Son corps massif est barré de bandes verticales qui alternent le blanc et le rouge ou le brun foncé. Ce qui frappe d’abord, ce sont ses pectorales immenses, ouvertes en éventail : leurs rayons sont libres mais reliés par un voile sur toute leur longueur. La dorsale épineuse compte 13 longues épines, elles aussi voilées. La dorsale molle, l’anale et la caudale sont transparentes et piquetées de brun.

Regardez au-dessus des yeux. Le juvénile y porte une fine antenne droite. Le jeune adulte arbore un lambeau en forme de feuille, marqué d’un ocelle près de l’extrémité. Chez les vieux poissons, cet appendice disparaît peu à peu, parfois d’un seul côté. Le juvénile est très sombre, presque noir, avec des pectorales proportionnellement plus grandes.

P. miles et P. volitans sont identiques à l’œil nu. Seule la géographie les sépare : à Mayotte, c’est P. miles. Les confusions possibles viennent des autres rascasses. P. radiata et P. antennata n’ont pas ce large voile continu sur les pectorales. Les Dendrochirus ont des rayons plus courts et des pectorales reliées par une membrane.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce occupe tout l’océan Indien et la mer Rouge. DORIS publie des photos de P. miles prises à Mayotte dans la passe en S, à 5 et 15 m de profondeur ; GBIF recense une trentaine d’observations sur l’île. On le trouve dans le lagon comme sur les pentes externes, de la surface à 55 m selon DORIS, jusqu’à 85 m selon FishBase. Il fréquente aussi beaucoup les épaves.

Le jour, il reste immobile sous un surplomb, dans une anfractuosité, parfois collé à une paroi ou au plafond d’une cavité. Il se rencontre toute l’année. C’est en plongée de nuit qu’il se montre le plus actif.

Biologie et comportement

Il chasse surtout la nuit des petits poissons et des crustacés. Sa technique est précise : il coince sa proie contre le récif avec ses pectorales déployées, puis ouvre d’un coup sa grande bouche protractile et l’aspire. Solitaire le plus souvent, il se rencontre parfois en petits groupes.

La reproduction a lieu de nuit, en pleine eau. Six à huit femelles se rassemblent autour d’un mâle. Une femelle peut libérer jusqu’à 40 000 œufs, réunis par milliers dans des boules de mucus qui se désagrègent en dérivant. Les larves passent 3 à 4 semaines dans le plancton, ce qui explique la capacité de l’espèce à coloniser de nouvelles côtes. Ses prédateurs sont rares : DORIS cite le poisson-flûte et les murènes.

Chaque épine des nageoires dorsale, anale et pelviennes porte une paire de glandes à venin. La piqûre est très douloureuse et, dans de rares cas, mortelle. Le venin est détruit par la chaleur.

Statut et protection

L’UICN classe Pterois miles en « Préoccupation mineure » (LC) ; FishBase date cette évaluation du 20 juin 2017. DORIS ne mentionne aucune mesure de protection. Hors de son aire d’origine, il est invasif : passé par le canal de Suez, il est signalé en Israël dès 1991, puis à Chypre, en Grèce, en Tunisie et en Sicile.

Bien l’observer et la photographier

De jour, inspectez les surplombs et les plafonds de grottes, une lampe à la main : le poisson-lion s’y tient immobile, nageoires déployées, et se laisse approcher. Restez à distance des épines et maîtrisez votre flottabilité pour ne pas poser la main près de lui sur la paroi. En cas de piqûre, une source de chaleur peut détruire le venin, qui est thermosensible, et un avis médical s’impose.

La nuit, il suit parfois les plongeurs et se jette sur les petits poissons éclairés par les lampes. Évitez de braquer votre faisceau sur des proies pour provoquer une chasse : vous faussez son comportement et stressez les petits poissons. Pour la photo, cadrez de profil ou de trois quarts avant afin de montrer le voile complet des pectorales et l’appendice au-dessus de l’œil, avec son ocelle.

Sources