Fiche n° 1168 · Faune · Poissons
Poisson-papillon à long bec
Forcipiger flavissimus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-poisson-papillon-a-long-bec/
Clé d'identification
- Corps jaune citron, haut et comprimé, d'allure rectangulaire, jusqu'à 22 cm dont environ un tiers pour le museau.
- Museau tubulaire long et fin, terminé par une petite bouche en pince.
- Dessus de la tête et du museau noir, dessous de la tête et poitrine blancs, sans points noirs.
- Ocelle noir sur la nageoire anale, près du pédoncule caudal ; anale bordée de bleu électrique.
- Pectorales et caudale transparentes, pelviennes jaunes ; 12 épines à la dorsale.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-papillon à long bec
- Nom scientifique
- Forcipiger flavissimus
- Autres noms
- Poisson-pincette jaune · Chelmon à long bec · Papillon long bec · Forceps butterflyfish
- Synonymes
- Foreipiger flavissimus
Distribution géographique
Mer Rouge et Indo-Pacifique tropical jusqu'au Pacifique oriental (Basse-Californie, Galápagos), du sud du Japon à l'île de Pâques. À Mayotte, des observations sont enregistrées dans les passes du récif barrière (passes de Longogori et de Bandrélé) et sur des récifs frangeants du lagon (Dembéni, Mtsangadoua, Acoua).
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Récifs coralliens, surtout pentes externes et tombants exposés, plus rarement les récifs de lagon ; se tient près des surplombs, des grottes et des anfractuosités. De 2 à 114 m selon DORIS, jusqu'à 145 m selon FishBase.
Profondeur : 2 – 114 m
Repères pour le plongeur
Poisson-papillon jaune au museau en pince, souvent en couple près des surplombs ; à Mayotte, on le voit dans les passes du récif barrière et sur les récifs du lagon. Vérifiez la poitrine : sans points noirs, c'est F. flavissimus.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : petits crustacés, copépodes, vers, gastéropodes et œufs de poissons pris dans les trous, ainsi que fragments arrachés à des animaux fixés (pédicellaires et podia d'oursins et d'étoiles de mer, tentacules de vers polychètes, d'anémones et de polypes, hydraires).
Reproduction
Sexes séparés, ovipare ; adultes en couples durables et monogames. Longue phase larvaire planctonique supposée d'après la grande taille des post-larves ; reproduction encore peu étudiée.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 9 octobre 2009 selon FishBase, publiée en 2010. Prélevé pour l'aquariophilie et exposé à la dégradation des récifs.
Espèces ressemblantes
- Poisson-pincette à très long nez (Forcipiger longirostris) : museau encore plus long, jusqu'à la moitié du corps chez les grands individus, petits points sombres sur la poitrine blanche et 11 épines dorsales au lieu de 12. Également présent à Mayotte.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Ce poisson-papillon se reconnaît à son museau tubulaire, long et fin, qui représente environ un tiers de sa longueur. L’adulte atteint 22 cm. Son corps jaune citron est haut et très comprimé ; avec la dorsale et l’anale bien développées, il prend une allure presque rectangulaire. La moitié supérieure de la tête et le dessus du museau sont noirs, le dessous est blanc. Une bande blanche verticale sur le front existe chez certains individus, pas chez tous.
L’anale jaune, bordée d’un liseré bleu électrique, porte un ocelle noir près de la queue. Les pectorales et la caudale sont transparentes, les pelviennes jaunes.
La confusion la plus fréquente concerne son proche parent, le poisson-pincette à très long nez (Forcipiger longirostris), lui aussi signalé à Mayotte. DORIS donne trois critères. Chez F. longirostris, le museau est encore plus long et peut atteindre la moitié du corps chez les grands individus. Sa poitrine blanche est semée de petits points sombres, alors qu’elle est nette chez F. flavissimus. Enfin, sa dorsale compte 11 épines au lieu de 12. Les autres poissons-papillons jaunes n’ont jamais un museau aussi allongé.
Où et quand l’observer à Mayotte
L’espèce a l’aire de répartition la plus vaste de sa famille : de la mer Rouge à l’Amérique centrale, du sud du Japon à l’île de Pâques. Elle est donc attendue sur l’ensemble des récifs mahorais. Les données compilées par GBIF situent des observations dans les passes du récif barrière, notamment la passe de Longogori, la « passe S » et la passe de Bandrélé, ainsi que sur des récifs frangeants du lagon, près de Dembéni, de Mtsangadoua et d’Acoua.
DORIS le décrit surtout sur les pentes externes et les tombants exposés, plus rarement en lagon, entre 2 et 114 m. FishBase le donne jusqu’à 145 m. Il reste près des surplombs, des grottes et des failles. Aucune saisonnalité n’est documentée : il se voit toute l’année.
Biologie et comportement
Son museau fonctionne comme une pince. Il va chercher dans les trous et les crevasses des vers, des copépodes, de petits crustacés, des gastéropodes et des œufs de poissons. Il prélève aussi des morceaux d’animaux fixés : pédicellaires et podia d’oursins, tentacules de vers tubicoles, d’anémones ou de polypes. FishBase cite en plus les hydraires.
Les juvéniles et les subadultes vivent en petits bancs, les adultes en couples. Selon FishBase, ces couples sont durables et monogames. L’espèce est territoriale et capable d’émettre des sons. Elle a des sexes séparés et pond des œufs, mais sa reproduction reste peu étudiée. La grande taille des post-larves laisse penser que la phase larvaire dans le plancton est longue, ce qui expliquerait une si vaste répartition. DORIS indique une espérance de vie d’au moins 18 ans. L’ocelle de l’anale servirait de leurre : un prédateur viserait la queue plutôt que la tête.
Statut et protection
L’UICN le classe en « préoccupation mineure » (LC). FishBase date l’évaluation du 9 octobre 2009, publiée en 2010. DORIS signale qu’il est capturé en nombre pour l’aquariophilie et que la dégradation des récifs coralliens menace son habitat. Les sources consultées ne mentionnent pas de protection propre à l’espèce à Mayotte.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez-le le long des tombants et dans les passes, en longeant les surplombs , c’est là que DORIS le situe. Les adultes allant par deux, le partenaire est souvent proche.
Approchez-vous lentement et par le côté, sans le poursuivre, et laissez-le reprendre sa chasse dans les trous du récif. Pour la photo, un profil strict met en valeur le museau, l’ocelle et la poitrine, et permet de confirmer l’espèce sur l’image. Gardez une bonne flottabilité près des surplombs, où les palmes cassent facilement le corail, et ne glissez pas la main dans les failles où il chasse.