Fiche n° 1177 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Acropore digité

Acropora digitifera

Océan Indien Lagon Double barrière

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-acropore-digite/

Acropore digité (Acropora digitifera)
Photo : Paul Muir — CC BY 3.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie digitée : bouquets de courtes branches dressées comme des doigts sur une base encroûtante ou en plaque.
  • Branches fines et cylindriques, d'environ 1 cm de diamètre, avec quelques ramifications latérales.
  • Corallite axial bien visible au bout de chaque branche, jusqu'à 4 mm de large, souvent plus clair que le reste.
  • Corallites radiaux tubulaires d'environ 1 mm, de taille régulière, alignés en rangées le long des branches.
  • Teinte violette, brun pâle, crème ou jaune ; extrémités crème, jaunes ou bleu pâle.
  • Colonie qui dépasse rarement 1 m de diamètre, sur les bordures de récif battues par la houle.

Noms

Nom usuel
Acropore digité
Nom scientifique
Acropora digitifera
Synonymes
Madrepora digitifera · Acropora wardii · Acropora leptocyathus · Acropora pyramidalis · Acropora schmitti · Acropora brevicollis · Acropora baeodactyla

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical et subtropical, de la mer Rouge et du golfe d'Aden au Pacifique occidental, y compris le sud-ouest de l'océan Indien. À Mayotte, signalé par l'inventaire des scléractiniaires (missions de 1997, 2000 et 2005) sur les récifs frangeants, les îlots du lagon et les récifs barrières.

Zones : Lagon · Double barrière — Océan Indien

Biotope

Bordures arrière de récif battues par les vagues et platiers intertidaux, en eau peu profonde (surtout de 0 à 12-15 m). Peut localement couvrir 10 à 20 % du substrat.

Profondeur : 0 – 15 m

Repères pour le plongeur

Petit corail dur en bouquets de doigts serrés, aux pointes souvent bleu pâle ou crème, sur les bordures de récif peu profondes du lagon et de la barrière. Classé En danger par l'UICN : observez-le de haut, sans jamais poser la palme.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Animal symbiotique : les zooxanthelles (algues microscopiques logées dans ses tissus) lui fournissent des sucres par photosynthèse ; les polypes capturent aussi du zooplancton, surtout la nuit.

Reproduction

Hermaphrodite : les gamètes mûrs passent dans la cavité gastrique et sont émis par la bouche des polypes ; l'œuf donne une larve planula planctonique qui se fixe pour fonder une nouvelle colonie.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critère A3ce) sur la liste rouge mondiale de l'UICN : évaluation de Richards et Nuñez Lendo publiée en 2024 (datée du 27 avril 2023 selon SeaLifeBase) ; classé Quasi menacé (NT) en 2014. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Menaces : blanchissement lié au réchauffement, maladies, acanthaster, dégradation des récifs par l'homme.

Espèces ressemblantes

  • Acropora humilis : même port digité, mais branches nettement plus grosses et presque sans ramifications latérales.
  • Acropora gemmifera : bouquets digités voisins, aux branches bien plus épaisses.
  • Acropora monticulosa : très ressemblant, mais branches plus massives.
  • Acropora japonica : l'espèce la plus proche selon Corals of the World ; distinction difficile sans examen détaillé.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement parmi la « flore » du site, l’acropore digité est un animal : un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Acroporidés, formé de milliers de polypes qui construisent ensemble un squelette calcaire. Son nom d’espèce dit l’essentiel. La colonie pousse en bouquets de courtes branches dressées comme des doigts, posés sur une base encroûtante. Selon Corals of the World, ces bases peuvent former des plaques de plus d’un mètre, mais la plupart des colonies restent sous ce diamètre.

Les branches sont fines, autour de 1 cm de diamètre, cylindriques ou légèrement effilées, et portent quelques ramifications latérales. Au bout de chacune, le corallite axial (la loge du polype de tête) mesure jusqu’à 4 mm et tranche souvent par sa couleur. Le long des branches, les corallites radiaux, tubulaires et d’environ 1 mm, sont alignés en rangées régulières, avec une lèvre inférieure épaisse. La teinte varie : violet, brun pâle, crème ou jaune, avec des pointes crème, jaunes ou bleu pâle. Ce bleu ressort souvent violet en photo.

La confusion la plus fréquente se fait avec Acropora humilis, de même allure mais aux branches nettement plus grosses et presque sans ramifications latérales. A. gemmifera et A. monticulosa ont elles aussi des branches bien plus massives. A. japonica, la plus proche selon Corals of the World, ne se sépare de façon fiable qu’avec un examen détaillé du squelette. Sous l’eau, restez prudent : beaucoup d’acropores digités se ressemblent.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce figure dans l’inventaire des scléractiniaires de Mayotte, publié sur GBIF par PatriNat. Ce jeu de données réunit les missions « Récifs frangeants » (1997), BARMAY 1 (2000, récifs barrières de l’est) et BARMAY 2 (2005, formations de l’ouest). Des récoltes anciennes conservées au Queensland Museum proviennent aussi des îlots Vert et Blanc, entre 3 et 4 m. Les observations naturalistes du programme BioObs, faites entre 2013 et 2022, complètent ce tableau.

Cherchez-le là où la houle déferle : bordures arrière des récifs et platiers exposés, sur les récifs frangeants comme sur la barrière. WoRMS le situe surtout jusqu’à 15 m et SeaLifeBase entre 0 et 12 m. Quelques récoltes de l’inventaire mahorais sont notées plus bas, entre 16 et 32 m. Aucune saison particulière n’est documentée : la colonie est fixée et visible toute l’année. Généralement rare, il peut dominer localement certaines bordures et couvrir 10 à 20 % du fond.

Biologie et comportement

Comme les autres acropores, il vit en symbiose avec des zooxanthelles, des algues microscopiques logées dans ses tissus, qui lui fournissent des sucres par photosynthèse. D’où sa préférence pour l’eau claire et peu profonde. La nuit, ses polypes sortent pour capturer du zooplancton. SeaLifeBase le décrit comme hermaphrodite : les gamètes mûrs sont expulsés par la bouche des polypes, et la larve planula, après une phase planctonique, se fixe pour fonder une nouvelle colonie. Son squelette léger casse facilement, et une colonie brisée met longtemps à se reconstituer.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN, critère A3ce). L’évaluation de Z. T. Richards et C. I. Nuñez Lendo a été publiée dans la liste rouge 2024, et SeaLifeBase la date du 27 avril 2023. En 2014, elle était encore classée « Quasi menacée ». Le déclin des récifs, le blanchissement lié au réchauffement, les maladies et l’acanthaster figurent parmi les menaces citées. Le commerce international est encadré par l’annexe II de la CITES.

Bien l’observer et la photographier

Sur un platier ou une crête battue, la houle vous pousse vers le corail : gardez de la marge, palmez au-dessus et jamais à plat sur la colonie. Ne vous y accrochez pas pour vous stabiliser, car des branches d’un centimètre cassent sous la main. Pour la photo, un plan rapproché ou une macro sur un bout de branche montre bien les corallites radiaux en rangées et le corallite axial clair, les meilleurs indices pour le distinguer d’A. humilis. Prenez aussi une vue d’ensemble de la colonie : le port compte autant que le détail.

Sources