Fiche n° 1180 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail porites
Porites lobata
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-porites/
Clé d'identification
- Colonie massive en dôme, en casque ou en bosses, pouvant dépasser plusieurs mètres de diamètre.
- Surface lisse à l'œil, sans vallées ni gros calices : les polypes ne mesurent qu'environ 1 mm.
- Lobes arrondis qui retombent souvent sur les flancs de la colonie.
- Teinte crème à brun pâle, parfois bleue, violette ou verte en eau peu profonde.
- Forme encroûtante sur les pentes battues par la houle, micro-atoll aplati au sommet en zone découvrante.
Noms
- Nom usuel
- Corail porites
- Nom scientifique
- Porites lobata
- Autres noms
- Corail étoile lisse · Lobe coral · Hump coral
- Synonymes
- Porites baueri · Porites excavata · Porites paschalensis
Distribution géographique
Indo-Pacifique tropical, de l'Afrique de l'Est et de la mer Rouge jusqu'au golfe de Californie. À Mayotte : signalé par l'inventaire des scléractiniaires de l'INPN (missions de 1997, 2000 et 2005) sur les récifs frangeants, la barrière est et les formations récifales de l'ouest.
Zones : Lagon · Double barrière — Océan Indien
Biotope
Corail constructeur des eaux claires et peu profondes : arrière-récif, lagon et récifs frangeants, où il domine souvent. Encroûtant sur les pentes exposées, en massifs sur les fonds calmes.
Profondeur : 0 – 30 m
Repères pour le plongeur
Massif lisse en dôme ou en casque, crème à brun, parfois bleu ou violet en surface : le porites est l'un des grands bâtisseurs du lagon de Mayotte. Ses colonies grandissent d'environ 1 cm par an : aucun appui, aucun coup de palme.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Zooxanthellé : des algues symbiotiques logées dans les tissus fournissent au corail une grande partie de ses nutriments par photosynthèse.
Reproduction
Gonochorique (colonies mâles ou femelles) ; les gamètes sont émis en pleine eau et donnent des larves planula qui se fixent pour fonder une nouvelle colonie. Les fragments détachés peuvent aussi repousser.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 26 octobre 2023 selon SeaLifeBase. Plus résistant au blanchissement que beaucoup de coraux, mais touché à Palau par une mortalité modérée (10 à 40 %) lors d'un épisode de blanchissement. Sa croissance lente rend chaque casse durable.
Espèces ressemblantes
- Porites lutea : très proche et souvent indissociable sous l'eau ; P. lobata forme plus volontiers des lobes qui retombent, mais des colonies irrégulières existent chez les deux espèces.
- Porites solida : autre porites massif, que seul l'examen des calices au squelette permet de séparer de façon sûre.
- Corail cerveau (Platygyra daedalea) : également massif, mais sa surface est parcourue de vallées sinueuses bien visibles, absentes chez le porites.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son classement parmi la « flore » du site, le porites est un animal : un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Poritidae, formé de milliers de polypes qui sécrètent ensemble un squelette calcaire. Porites lobata est l’un des grands coraux massifs de l’Indo-Pacifique. Corals of the World le décrit comme probablement le plus commun des porites.
Sa colonie prend la forme d’un dôme, d’un casque ou d’une grosse bosse, et dépasse souvent plusieurs mètres de diamètre. La surface paraît lisse : les polypes, serrés les uns contre les autres, ne mesurent qu’environ un millimètre. Vous ne verrez donc pas les vallées du corail cerveau. La couleur va du crème au brun pâle, avec des colonies bleues, violettes ou vertes près de la surface.
La forme dépend du milieu. Sur les pentes battues par la houle, la colonie reste encroûtante. Sur les fonds calmes, elle grandit en massif et développe des lobes qui retombent sur ses flancs. En zone découvrante, à marée basse, elle forme souvent des micro-atolls, des colonies aplaties au sommet.
La confusion la plus fréquente se fait avec Porites lutea et Porites solida. Selon WoRMS, les lobes tombants orientent vers P. lobata, mais des colonies irrégulières existent chez les deux premières espèces. Seul l’examen des calices sur le squelette permet de trancher : sous l’eau, « porites massif » reste souvent la seule identification honnête.
Où et quand l’observer à Mayotte
L’inventaire des scléractiniaires de Mayotte, publié par l’INPN (PatriNat) sur GBIF, a relevé Porites lobata lors des missions de 1997, 2000 et 2005. Ces missions ont couvert les récifs frangeants, la barrière est, puis les formations récifales de l’ouest de l’île.
L’espèce affectionne les eaux claires et peu profondes : arrière-récif, lagon et récifs frangeants, où elle domine souvent selon Corals of the World. WoRMS la situe surtout jusqu’à une quinzaine de mètres, et elle descend vers 30 m. Un masque et un tuba suffisent souvent pour voir les plus belles colonies. Fixe et présente toute l’année, elle n’a pas de saison d’observation particulière.
Biologie et comportement
Le porites est zooxanthellé. Des algues symbiotiques vivent dans ses tissus et lui fournissent, par photosynthèse, une grande partie de ses nutriments.
Les colonies sont mâles ou femelles. Elles libèrent leurs gamètes en pleine eau, et les larves planula dérivent avant de se fixer sur un support dur. Un fragment arraché par une tempête peut aussi repousser et fonder une nouvelle colonie.
Sa croissance est très lente, parfois un centimètre par an : les grands massifs sont donc très anciens. Ses lobes abritent toute une petite faune, dont la crevette pistolet Alpheus deuteropus. SeaLifeBase note aussi des vers polychètes du genre Stylarioides associés au squelette.
Statut et protection
L’UICN classe Porites lobata en « Préoccupation mineure » (LC). SeaLifeBase date cette évaluation mondiale du 26 octobre 2023. L’espèce supporte mieux le blanchissement que beaucoup de coraux et récupère souvent. Elle n’en est pas indemne : à Palau, un épisode a entraîné une mortalité estimée entre 10 et 40 %.
Les règles locales qui s’appliquent aux coraux de Mayotte n’ont pas pu être vérifiées pour cette fiche : renseignez-vous auprès de votre centre de plongée.
Bien l’observer et la photographier
Approchez-vous à l’horizontale, bien équilibré, et gardez vos palmes hautes : le dessus des massifs remonte souvent près de la surface, et un coup de palme casse en un instant des années de croissance.
Pour montrer la colonie entière, reculez et cadrez au grand-angle en incluant un plongeur ou un poisson comme échelle. Pour la texture, passez en macro à quelques centimètres, sans contact, et visez une zone où la lumière rase fait ressortir les minuscules calices. Prenez le temps d’inspecter les replis entre les lobes, où se cachent crevettes et petits poissons. Les micro-atolls se photographient mieux à marée basse, depuis la surface.