Fiche n° 1176 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Acropore table

Acropora hyacinthus

Océan Indien Lagon Double barrière Canal du Mozambique

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-acropore-table/

Acropore table (Acropora hyacinthus)
Photo : MDC Seamarc Maldives — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie en large plateau plat, plus ou moins circulaire, ou en console semi-circulaire fixée sur le côté.
  • Plateaux parfois étagés : plusieurs petites tables superposées forment un ensemble en gradins.
  • Surface hérissée de courtes branchettes dressées, toutes à la même hauteur, qui donnent un dessus plat.
  • Pointe des branchettes souvent garnie d'une rosette de petits calices ; calice terminal non saillant.
  • Couleur uniforme crème, brune, grise ou verte, avec souvent une bordure de croissance bleue ou rosée.
  • En zone battue, plateau épais aux branchettes soudées ; à l'abri, branchettes plus longues, fines et séparées.

Noms

Nom usuel
Acropore table
Nom scientifique
Acropora hyacinthus
Autres noms
Corail table · Acropore hyacinthe
Synonymes
Madrepora hyacinthus · Madrepora recumbens

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical et subtropical. À Mayotte, signalé par les inventaires ZNIEFF (2014-2015) sur le récif barrière (pente externe de Papani, pente externe d'Acoua, Grand récif du Nord-Est), dans le lagon (baie de Bouéni, récifs internes) et sur le banc de la Zélée.

Zones : Lagon · Double barrière · Canal du Mozambique — Océan Indien

Biotope

Pentes récifales supérieures et platiers externes exposés à la houle, où il est le plus abondant au-dessus de 3 à 4 m ; présent aussi dans les eaux claires du lagon jusque vers 35 m.

Profondeur : 0 – 35 m

Repères pour le plongeur

Corail dur en forme de grande table plate, très commun sur le haut des pentes externes du récif barrière de Mayotte. Observez-le par-dessus, palmes relevées : ses plateaux cassent net au moindre choc.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Corail constructeur de récif vivant en symbiose avec des microalgues, qu'il perd lors des épisodes de blanchiment ; ses polypes sortent souvent leurs tentacules en journée.

Reproduction

Hermaphrodite : les gamètes sont expulsés par la bouche des polypes ; la larve planula nage librement, se fixe puis fonde une nouvelle colonie.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critère A3ce) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 27 avril 2023 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Très sensible au blanchiment. À Mayotte, le lagon et les eaux du large sont couverts par le parc naturel marin créé en 2010.

Espèces ressemblantes

  • Acropora cytherea : espèce proche citée par Corals of the World ; la distinction sous l'eau demande l'examen des calices.
  • Acropora spicifera : autre espèce proche citée par Corals of the World.
  • Acropore digité (Acropora digitifera) : colonies en courts doigts épais dressés, pas en table horizontale.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement dans la flore du site, l’acropore table est un animal : un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Acroporidae, formé de milliers de polypes qui construisent ensemble un squelette calcaire. Son nom vient de sa silhouette. La colonie forme un large plateau bas, plus ou moins circulaire, ou une console en demi-cercle accrochée au récif. Plusieurs petites tables peuvent aussi s’étager les unes au-dessus des autres. SeaLifeBase décrit le modèle type : un pied central porte des branches horizontales, et des branchettes dressées, toutes à la même hauteur, dessinent un dessus plat. Une table adulte peut mesurer plusieurs mètres de large.

Regardez de près l’extrémité des branchettes : elle porte souvent une petite rosette de calices, et le calice terminal ne dépasse pas. La couleur est uniforme, crème, brune, grise ou verte, avec fréquemment une bordure de croissance bleue, qui peut paraître rose sur les photos. La forme change avec l’exposition. Là où la houle frappe, le plateau est épais et ses branchettes sont courtes et soudées. En eau calme, elles s’allongent, s’affinent et se séparent.

Plusieurs acropores font des tables. Corals of the World cite comme espèces proches Acropora cytherea, A. tanegashimensis et A. spicifera. Sous l’eau, les distinguer demande l’examen des calices : sans photo détaillée, notez plutôt « acropore tabulaire ». L’acropore digité, également présent à Mayotte, ne prête pas à confusion : il pousse en doigts courts et épais.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce est bien attestée à Mayotte. Les inventaires des zones naturelles d’intérêt écologique (ZNIEFF) de 2014 et 2015, publiés sur GBIF, la signalent dans une quinzaine de sites. On la trouve sur la pente externe du récif barrière (Papani, Acoua, Grand récif du Nord-Est) et sur ses platiers. Elle apparaît aussi à l’intérieur du lagon, dans la baie de Bouéni et sur les récifs internes, ainsi que sur le banc de la Zélée, au large.

Son terrain de prédilection est le haut des pentes externes et les platiers battus par la houle. D’après WoRMS, elle est la plus commune au-dessus de 3 à 4 m, où elle peut couvrir plus de 20 % du fond dans les secteurs les plus exposés. Elle descend aussi jusque vers 35 m dans les eaux claires du lagon. Fixée, elle s’observe toute l’année. Les plus belles tables se voient souvent en fin de plongée, au palier, sur le haut du tombant.

Biologie et comportement

Comme les autres coraux constructeurs, l’acropore table vit en symbiose avec des microalgues logées dans ses tissus. Il les perd lors des vagues de chaleur : c’est le blanchiment. SeaLifeBase rapporte des taux de blanchiment très élevés et une mortalité proche de 100 % à Palaos. WoRMS précise que ses polypes sortent souvent leurs tentacules en journée, ce qui donne au plateau un aspect duveteux.

La colonie est hermaphrodite. Les gamètes sont expulsés par la bouche des polypes, puis la larve, une planula, nage librement avant de se fixer et de fonder une nouvelle colonie. Les grandes tables offrent un abri ombragé où les poissons du récif se glissent volontiers.

Statut et protection

L’UICN classe Acropora hyacinthus « En danger » (EN, critère A3ce), évaluation du 27 avril 2023 selon SeaLifeBase. L’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international. À Mayotte, le lagon et les eaux du large font partie du parc naturel marin créé en 2010. Le parc signale que les bouées d’amarrage du lagon sont fragilisées et demande la prudence à leurs utilisateurs : une ancre jetée sur le récif casse les tables.

Bien l’observer et la photographier

Les tables sont fines et cassantes, et elles poussent souvent à faible profondeur, là où la houle déstabilise le plongeur. Gardez de la hauteur, palmes relevées, et ne vous posez jamais sur un plateau, même mort. Évitez de passer dessous en remontant : un coup de bouteille suffit à briser le bord.

En photo, une table se lit mieux prise de côté et un peu par en dessous, avec la surface en fond et les poissons abrités dessous. Pour l’identification, ajoutez un gros plan des branchettes et de leur bordure colorée. Notez la profondeur et l’exposition du site, car la forme de la colonie en dépend.

Sources