Fiche n° 1196 · Flore · Invertébrés

Ascidie sociale

Clavelina moluccensis

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-ascidie-sociale/

Ascidie sociale (Clavelina moluccensis)
Photo : Kai Squires — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petits zoïdes en forme de cloche ou de tube, de 0,5 à 2,5 cm, groupés en colonie serrée.
  • Tunique translucide teintée de bleu clair à bleu moyen.
  • Haut des zoïdes marqué de taches et de points bleu foncé, toujours visibles.
  • Deux siphons au sommet de chaque zoïde, ouverts quand l'animal filtre.
  • Colonies fixées sur le corail mort ou la roche, le plus souvent sous les surplombs.

Noms

Nom usuel
Ascidie sociale
Nom scientifique
Clavelina moluccensis
Autres noms
Claveline bleue tropicale · Bluebell tunicate · Blue sea squirt
Synonymes
Podoclavella moluccensis · Clavelina molluccensis

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical : océan Indien et Pacifique ouest selon DORIS ; signalée notamment en Australie, en Indonésie, aux Philippines et aux Mariannes. À Mayotte, photographiée dans le lagon, à M'Bouzy, par 18 m de fond (DORIS).

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Récifs coralliens tropicaux, sur substrat dur (corail mort, roche), en général à l'abri sous les surplombs ; de 3 à 113 m selon SeaLifeBase.

Profondeur : 3 – 113 m

Repères pour le plongeur

Petite ascidie coloniale bleue et translucide, aux zoïdes de 0,5 à 2,5 cm ponctués de bleu foncé, à chercher sous les surplombs du lagon de Mayotte. C'est un animal fixé et fragile : ne la touchez pas et tenez vos palmes à distance.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur fixé, comme toutes les ascidies : il se nourrit de ce qu'il retient en filtrant l'eau de mer.

Reproduction

Hermaphrodite ; autofécondation et fécondation croisée sont courantes chez les ascidies. L'œuf donne une larve lécithotrophe, qui vit sur ses réserves, avant la métamorphose en adulte fixé (SeaLifeBase).

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, version 2025-2 selon SeaLifeBase ; non inscrite à la CITES. Aucune protection particulière relevée dans les sources consultées.

Espèces ressemblantes

  • Claveline bleu-nuit (Clavelina fecunda) : photographiée elle aussi dans le lagon de Mayotte, bleu foncé pointillé de blanc avec une ligne blanche.
  • Claveline indienne à 3 points (Clavelina breve) : canal du Mozambique (Madagascar, Tanzanie), zoïdes verts ou bleus avec trois points bleu-mauve très foncés autour du siphon buccal et un pédoncule plus court que le thorax.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Invertébrés

Identification

L’ascidie sociale est un animal, ni éponge ni corail. Les ascidies sont des tuniciers, rangés par WoRMS dans l’embranchement des cordés, celui qui comprend aussi les vertébrés. L’espèce bleue photographiée dans le lagon de Mayotte est la claveline bleue tropicale, Clavelina moluccensis, décrite par Sluiter en 1904 sous le nom de Podoclavella moluccensis.

« Sociale » signifie que chaque individu, appelé zoïde, garde son propre corps tout en vivant en colonie avec ses voisins. Ici, les zoïdes sont de petites cloches ou de petits tubes de 0,5 à 2,5 cm, serrés les uns contre les autres. Leur tunique translucide est teintée de bleu clair à bleu moyen. Le critère le plus sûr reste le haut des zoïdes, marqué de taches et de points bleu foncé, toujours visibles. Au sommet de chaque zoïde s’ouvrent deux siphons.

À Mayotte, deux clavelines proches peuvent prêter à confusion. La claveline bleu-nuit (Clavelina fecunda), photographiée elle aussi dans le lagon, est d’un bleu nettement plus sombre, pointillée de blanc et soulignée d’une ligne blanche. La claveline indienne à 3 points (Clavelina breve), connue du canal du Mozambique (Madagascar, Tanzanie), porte trois points bleu-mauve très foncés autour du siphon buccal, et son pédoncule est plus court que son thorax. Sur photo, la séparation reste délicate.

Où et quand l’observer à Mayotte

DORIS situe l’espèce dans l’océan Indien et le Pacifique tropical ouest. Pour Mayotte, la fiche s’appuie sur des photos prises en 2012 par Frédéric André et Sylvain Le Bris dans le lagon, à M’Bouzy, par 18 m de fond. Le signalement reste rare : GBIF ne recense à ce jour aucune occurrence de l’espèce à Mayotte.

Les colonies se fixent sur le corail mort ou sur d’autres supports durs, le plus souvent sous les surplombs. SeaLifeBase donne une fourchette de 3 à 113 m. Fixée à vie, elle s’observe toute l’année : aucune saison particulière n’est documentée.

Biologie et comportement

Comme toutes les ascidies, la claveline bleue est un filtreur fixé. L’eau de mer traverse chaque zoïde par ses deux siphons, et l’animal en retient sa nourriture. Fixée sur son support, la colonie ne fuit pas le plongeur : c’est lui qui doit s’adapter à elle.

Selon SeaLifeBase, chaque individu est hermaphrodite, et l’autofécondation comme la fécondation croisée sont courantes chez les ascidies. L’œuf donne une larve lécithotrophe, c’est-à-dire qu’elle ne mange pas et vit sur ses réserves. Elle se métamorphose ensuite en adulte fixé sur le fond.

Statut et protection

La claveline bleue tropicale n’a pas été évaluée par l’UICN : SeaLifeBase indique « Non évaluée » (NE) pour la liste rouge mondiale, version 2025-2. Elle n’est pas inscrite à la CITES. Aucune des sources consultées ne lui attribue de protection particulière à Mayotte. Son principal risque, à l’échelle d’un site, vient du contact : une palme ou une main posée sous un surplomb arrache facilement une colonie.

Bien l’observer et la photographier

Cherchez-la en inspectant le dessous des surplombs et le corail mort, une lampe à la main : sa transparence la rend presque invisible en lumière ambiante. Avec des zoïdes de 2 cm au plus, c’est un sujet de macro. Approchez-vous lentement, à l’horizontale, avec une flottabilité stable.

Pour la photo, un éclairage de côté ou à contre-jour fait ressortir la tunique translucide et les points bleu foncé du sommet, utiles pour l’identification. Cadrez plusieurs zoïdes de face pour montrer les deux siphons. Ne touchez pas la colonie, ne vous agrippez pas au surplomb et ne la décollez pas pour l’amener à la lumière.

Sources