Fiche n° 1189 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge-baril

Xestospongia testudinaria

Océan Indien Lagon Canal du Mozambique

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-eponge-baril/

Éponge-baril (Xestospongia testudinaria)
Photo : Ratha Grimes from Seattle, WA, United States — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Grande éponge dressée en forme de baril ou de tonneau, pouvant dépasser 1,5 m de haut.
  • Large cavité centrale ouverte au sommet, dont le bord intérieur est plus pâle que le reste de l'éponge.
  • Paroi externe épaisse, lisse ou couverte de crêtes et de lames serrées, parfois digitée.
  • Teinte brun-rouge à rose.
  • Plusieurs barils peuvent sortir d'une même base commune.

Noms

Nom usuel
Éponge-baril
Nom scientifique
Xestospongia testudinaria
Autres noms
Éponge-barrique · Barrel sponge
Synonymes
Alcyonium testudinarium · Petrosia testudinaria · Reniera testudinaria · Reniera crateriformis

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'à la Grande Barrière de corail et aux Tonga. À Mayotte, des spécimens récoltés en 1977 (Muséum de Genève) proviennent des localités « entre ilot de Kakazou et autre îlot », « sortie de la passe Sud-Est », « Pente externe », « Banc de l'Iris » et « Banc de la Zélée » ; des plongeurs l'ont photographiée en 2012 à la passe en S et à l'îlot Mbouzi.

Zones : Lagon · Canal du Mozambique — Océan Indien

Biotope

Récifs coralliens. À Mayotte, signalée dans le lagon, aux passes et sur la pente externe du récif barrière.

Profondeur : 10 – 40 m

Repères pour le plongeur

Grande éponge en baril des récifs de Mayotte, du lagon à la pente externe. Ne vous asseyez pas dessus et ne glissez rien dans sa cavité : ces grandes éponges vivent très longtemps.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreuse : elle pompe l'eau à travers les pores de sa paroi et en retient les particules nutritives.

Reproduction

Ponte de gamètes dans l'eau, observée à la pleine lune (en août à Ambon, Indonésie). Larves nageuses (parenchymelles) qui se fixent puis grandissent en jeunes éponges.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, version 2025-2, selon SeaLifeBase. À Mayotte, elle vit dans le périmètre du parc naturel marin, créé en 2010.

Espèces ressemblantes

  • Xestospongia bergquistia : éponge en baril presque identique, distinguée surtout au microscope, mais connue seulement du nord de la Grande Barrière de corail ; pas de confusion possible à Mayotte.
  • Baril de rhum (Xestospongia muta) : son équivalent des Caraïbes, génétiquement très proche ; il ne vit pas dans l'océan Indien.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

Malgré sa place dans la rubrique « flore », l’éponge-baril est un animal. Elle appartient à l’embranchement des spongiaires (Porifera), classe des démosponges, famille des Petrosiidae. DORIS la nomme « éponge-barrique » et cite « éponge-baril » comme autre nom.

Sa silhouette suffit presque à la reconnaître : un grand tonneau dressé, ouvert au sommet sur une large cavité. Les plus grands individus mesurent jusqu’à 2,4 m de haut et autant de large, d’après une étude publiée en 2013 dans PLOS ONE. DORIS montre un exemplaire de plus de 1,5 m, derrière lequel un plongeur debout ne laissait dépasser que sa tête. La teinte va du brun-rouge au rose, et l’intérieur de la cavité est plus pâle. La surface externe varie beaucoup : lisse, couverte de lames serrées et régulières, ou hérissée de digitations. Plusieurs barils sortent parfois d’une base commune.

Ces différences d’aspect ne sont pas anodines. En Indonésie, les chercheurs ont trouvé au moins deux lignées génétiques, l’une plutôt digitée, l’autre plutôt lisse, qui semblent ne pas se croiser. Le nom recouvre donc probablement un complexe de plusieurs espèces. Ses cousines les plus proches ne vivent pas à Mayotte : Xestospongia bergquistia n’est connue que du nord de la Grande Barrière, et le « baril de rhum » (Xestospongia muta) est son équivalent des Caraïbes.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce occupe l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l’Afrique de l’Est jusqu’aux Tonga. Sa présence à Mayotte est bien attestée. Le Muséum d’histoire naturelle de Genève conserve des spécimens récoltés en 1977, enregistrés sur GBIF sous cinq localités : « entre ilot de Kakazou et autre îlot », « sortie de la passe Sud-Est », « Pente externe », « Banc de l’Iris » et « Banc de la Zélée ». En 2012, des plongeurs l’ont photographiée à la passe en S et autour de l’îlot Mbouzi, et des clubs de plongée en ont enregistré d’autres entre 2015 et 2021 dans les inventaires participatifs publiés sur GBIF.

On la trouve donc aussi bien dans le lagon qu’aux passes et sur la pente externe. L’éponge étant fixée, elle s’observe toute l’année, sans saison particulière.

Biologie et comportement

L’éponge-baril se nourrit en filtrant. L’eau entre par les pores de sa paroi, traverse des canaux internes où les particules sont retenues, puis ressort par la grande cavité centrale.

Elle se reproduit en libérant ses gamètes en pleine eau. Plusieurs individus ont été vus pondre au moment de la pleine lune, en août, à Ambon, en Indonésie. Les démosponges sont hermaphrodites, selon SeaLifeBase, et leurs larves nagent librement avant de se fixer sur un support pour former une nouvelle éponge. Ces éponges vivent très longtemps : les éponges en baril du genre Xestospongia pourraient vivre plus de 2 000 ans, une estimation que l’étude de 2013 attribue au groupe, pas spécifiquement à cette espèce. Sa paroi et sa cavité offrent un abri à d’autres invertébrés et à de petits poissons.

Statut et protection

L’éponge-baril n’a pas été évaluée par l’UICN : SeaLifeBase indique le statut « Non évaluée » (NE) dans la version 2025-2 de la liste rouge mondiale. À Mayotte, elle vit dans le périmètre du parc naturel marin, créé en 2010, qui couvre le lagon et les eaux du large. La pêche est par ailleurs interdite dans la passe en S.

Bien l’observer et la photographier

Un individu de cette taille a mis très longtemps à pousser. Gardez une flottabilité stable et restez à distance de la paroi : un coup de palme l’abîme. Ne vous asseyez pas sur le rebord, ne plongez pas la tête ni la main dans la cavité et n’y glissez rien.

Pour la photo, prenez un grand-angle et placez un plongeur, sans contact, à côté du baril pour donner l’échelle. Cadrez légèrement en plongée pour montrer l’ouverture et son intérieur plus clair. Un éclairage d’appoint fait ressortir le rose de la paroi, que l’eau rend vite terne en profondeur.

Sources