Fiche n° 1192 · Flore · Algues & plantes

Halophila

Halophila stipulacea

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-halophila/

Halophila (Halophila stipulacea)
Photo : Tim Sheerman-Chase — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Plante à fleurs marine (phanérogame), pas une algue : rhizome lisse rampant dans le sédiment, racines couvertes de petits poils.
  • Feuilles groupées par deux sur chaque pousse, en lame allongée, jusqu'à 6 cm de long environ et moins de 1 cm de large.
  • Bord de la feuille finement denté (serratulé).
  • Nervure centrale nette, reliée à des nervures transversales ramifiées.
  • Entre-nœuds du rhizome de 1 à 4 cm, cicatrices de feuilles à la base des pousses.

Noms

Nom usuel
Halophila
Nom scientifique
Halophila stipulacea
Autres noms
Halophile stipulée · Broadleaf seagrass · Mediterranean seagrass
Synonymes
Zostera stipulacea · Zostera bullata

Distribution géographique

Espèce originaire de la mer Rouge, du golfe Persique et de l'océan Indien, introduite en Méditerranée après l'ouverture du canal de Suez et dans les Caraïbes depuis 2002. À Mayotte, signalée dans l'inventaire des ZNIEFF marines (secteurs de Dembeni et de Dzaoudzi).

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Fonds meubles du lagon : sable fin, vase, gravier sableux et débris, parfois en taches entre les pâtés coralliens. Supporte de fortes variations de salinité. Dans l'océan Indien, relevée de 1,5 à 37 m de profondeur.

Profondeur : 1 – 37 m

Repères pour le plongeur

Petit herbier de feuilles vert clair, par paires et au bord denté, sur les fonds sableux du lagon de Mayotte. Restez au-dessus du sable sans y poser les palmes : le rhizome s'arrache facilement.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plante à fleurs photosynthétique : elle tire son énergie de la lumière et puise ses nutriments dans le sédiment par ses racines. Elle a besoin d'environ 5 % de la lumière de surface.

Reproduction

Dioïque : pieds mâles et pieds femelles séparés. Fleurs discrètes, capsules de 4 à 6 mm aux graines minuscules (0,2 mm). En mer Rouge, floraison de mai à septembre. Elle s'étend aussi par croissance du rhizome.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation de 2010 (Short et al.). Dans son aire d'origine, l'espèce est peu étudiée ; ailleurs, elle est classée invasive, en Méditerranée comme aux Caraïbes.

Espèces ressemblantes

  • Halophile ovale (Halophila ovalis) : feuilles ovales à bord lisse, portées par un long pétiole, avec au moins 8 nervures secondaires en chevrons et une nervure qui fait le tour du limbe.
  • Halophila decipiens : petites feuilles ovales au bord denté, mais couvertes de poils sur les deux faces.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

Malgré son allure d’algue, Halophila stipulacea est une plante à fleurs marine, une phanérogame de la famille des Hydrocharitacées, comme les autres herbes des herbiers tropicaux. Elle possède un vrai rhizome, des racines, des fleurs et des graines.

Chaque pousse porte deux feuilles en lame allongée, vert clair, longues de 6 cm environ et larges de moins de 1 cm. Le bord de la feuille est finement denté. Une nervure centrale bien visible est reliée à des nervures transversales ramifiées. Le rhizome est lisse, avec des entre-nœuds de 1 à 4 cm, et les racines sont couvertes de petits poils qui retiennent sable et graviers. Une face de la feuille peut porter de minuscules poils.

La confusion la plus probable se fait avec l’halophile ovale (Halophila ovalis). Ses feuilles sont ovales, au bord lisse, portées par un pétiole parfois aussi long que le limbe, et une nervure fait le tour de la feuille. Halophila decipiens a aussi un bord denté, mais ses petites feuilles ovales sont velues sur les deux faces. Chez H. stipulacea, c’est la feuille étroite et allongée, plus longue que large, qui tranche.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce est originaire de la mer Rouge, du golfe Persique et de l’océan Indien. À Mayotte, elle est signalée dans l’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique (ZNIEFF) marines, dans les secteurs de Dembeni et de Dzaoudzi, d’après les données publiées sur GBIF par PatriNat. Les observations y restent peu nombreuses.

Cherchez-la sur les fonds meubles du lagon : sable fin, vase, gravier sableux, et parfois en taches entre les pâtés coralliens. Dans l’océan Indien, la revue de Winters et ses collègues la relève entre 1,5 et 37 m. En mer Rouge, elle descend jusqu’à 50 m et plus, car il lui suffit d’environ 5 % de la lumière de surface. Rien n’indique de saison particulière à Mayotte : l’herbier se voit toute l’année.

Biologie et comportement

Comme toute plante, elle produit sa matière par photosynthèse et puise ses nutriments dans le sédiment. Elle supporte de fortes variations de salinité. L’espèce est dioïque : pieds mâles et pieds femelles sont séparés. Les fleurs sont discrètes et donnent des capsules de 4 à 6 mm, aux graines de 0,2 mm. En mer Rouge, la floraison va de mai à septembre. Le rhizome rampant lui permet aussi de coloniser le sable rapidement.

Ces petites herbes nourrissent de grands herbivores. En mer Rouge, les dugongs broutent beaucoup ses prairies, car ils préfèrent les herbes pionnières comme les Halophila. Des oursins et des poissons s’en nourrissent aussi, et aux Caraïbes des tortues vertes ont été vues la brouter.

Statut et protection

L’UICN la classe en « Préoccupation mineure » (LC), selon l’évaluation de Short et ses collègues en 2010. Le paradoxe tient à sa répartition. Dans son aire d’origine, dont Mayotte fait partie, l’espèce est indigène et peu étudiée. Hors de cette aire, elle est invasive. Entrée en Méditerranée après l’ouverture du canal de Suez en 1869, elle figure sur la liste noire des espèces marines invasives de Méditerranée de l’UICN. Aux Caraïbes, elle est signalée depuis 2002 à la Grenade et s’étend d’île en île, en partie avec les bateaux de plaisance.

Bien l’observer et la photographier

L’herbier pousse à ras du sable, sur quelques centimètres de haut : un coup de palme suffit à soulever le sédiment, à brouiller la photo et à déraciner des pousses. Stabilisez-vous à un mètre au-dessus du fond, palmes relevées, et ne vous posez jamais dans la prairie.

Pour l’identification, approchez-vous en macro d’une pousse isolée. Cadrez la paire de feuilles de profil sur le sable clair, et cherchez le bord denté et les nervures transversales à contre-jour. Une vue large, en lumière naturelle, montre bien la forme en taches de l’herbier. Prenez aussi le temps de regarder la faune qui s’y cache : DORIS note que de nombreux juvéniles s’abritent dans les herbiers d’Halophila.

Sources