Fiche n° 1157 · Faune · Tortues & mammifères
Tortue verte
Chelonia mydas
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-tortue-verte/
Clé d'identification
- Une seule paire d'écailles préfrontales entre les yeux, sans ligne claire reliant directement les deux yeux.
- Museau court et arrondi, tête petite et non rétractable ; petites dentelures sur le bord de la mâchoire inférieure.
- Dossière bombée en forme de cœur, aux écailles juxtaposées (non chevauchantes) : 5 centrales et 4 paires de costales.
- Dossière brunâtre, grisâtre ou verdâtre ; plastron large, blanc jaunâtre.
- Grande taille : 78 à 139 cm de carapace chez la femelle, 71 à 104 cm chez le mâle.
- Mâle adulte reconnaissable à sa queue large, très longue et préhensile ; celle de la femelle est courte et fine.
Noms
- Nom usuel
- Tortue verte
- Nom scientifique
- Chelonia mydas
- Autres noms
- Tortue franche · Tortue comestible · Chélonée franche
- Synonymes
- Testudo mydas · Chelonia agassizii
Distribution géographique
Mers et océans tropicaux et tempérés chauds (eau de plus de 20 °C). À Mayotte, c'est la tortue marine la plus abondante : elle s'alimente sur les herbiers du lagon et pond sur les plages de l'île, surtout à Saziley et en Petite-Terre (Moya, Papani).
Zones : Lagon · Double barrière · Canal du Mozambique — Océan Indien
Biotope
Herbiers sous-marins, platiers et récifs coralliens des lagons ; les jeunes vivent en pleine mer jusqu'à 20 à 25 cm de carapace avant de rejoindre les herbiers côtiers.
Profondeur : 0 – 200 m
Repères pour le plongeur
Tortue marine la plus abondante de Mayotte, elle broute les herbiers du lagon et vient pondre toute l'année, notamment à Saziley et à Moya. Espèce protégée : ne la touchez pas, ne la poursuivez pas.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Jeune carnivore (petits invertébrés, alevins et œufs de poissons, méduses, zooplancton) ; adulte herbivore, broutant les herbiers de phanérogames marines.
Reproduction
Maturité sexuelle entre 18 et 30 ans ; ponte nocturne d'une centaine d'œufs, renouvelée environ tous les quinze jours au cours d'une saison ; incubation de 48 à 74 jours selon la température du sable.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial depuis la mise à jour de la Liste rouge UICN du 10 octobre 2025 (auparavant En danger) ; sous-population du sud-ouest de l'océan Indien classée LC (évaluation 2023). Protégée en France par l'arrêté ministériel du 14 octobre 2005 ; le braconnage reste la principale menace à Mayotte.
Espèces ressemblantes
- Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) : deux paires d'écailles préfrontales formant une ligne claire entre les yeux, bec pointu, bord de carapace en dents de scie chez les jeunes, silhouette plus élancée et taille plus petite.
- Tortue caouanne (Caretta caretta) : cinq paires de plaques costales au lieu de quatre.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Tortues & mammifères
Identification
Dans le lagon de Mayotte, la tortue verte est une grande tortue au profil massif. La dossière des femelles adultes mesure de 78 à 139 cm, celle des mâles de 71 à 104 cm, pour un poids moyen d’environ 160 kg. Bombée et en forme de cœur, elle est brunâtre, grisâtre ou verdâtre, avec des écailles posées bord à bord : cinq centrales et quatre paires de costales.
Regardez surtout la tête. Elle paraît petite par rapport au corps, avec un museau court et arrondi, et ne porte qu’une seule paire d’écailles préfrontales entre les yeux. C’est le critère qui la sépare de la tortue imbriquée, l’autre espèce qui pond à Mayotte : celle-ci a deux paires de préfrontales, qui dessinent une ligne claire reliant directement les yeux, un bec pointu, une silhouette plus élancée et, chez les jeunes, un bord de carapace en dents de scie.
Le mâle adulte se distingue de la femelle par sa queue large, très longue et préhensile ; celle de la femelle reste petite et fine.
Où et quand l’observer à Mayotte
C’est l’espèce de tortue marine la plus abondante du parc naturel marin de Mayotte. Vous la rencontrerez en train de brouter sur les herbiers du lagon, y compris les herbiers découverts à marée basse. Des juvéniles ont été équipés de balises en 2021 sur la vasière des Badamiers et à N’Gouja, deux zones où elle s’alimente et se repose.
Elle est observable toute l’année. Les montées de femelles sur les plages de Saziley et de Moya sont fréquentes tout au long de l’année, selon le suivi engagé dès 1993. Depuis 2019, les survols du parc sur environ 210 plages montrent que le secteur de Saziley concentre à lui seul 35 % des traces de ponte de l’île ; avec Moya 1 et Papani, en Petite-Terre, ces points chauds dépassent la moitié des traces relevées.
Biologie et comportement
Le régime change avec l’âge. Le jeune, qui vit d’abord en pleine mer jusqu’à 20 à 25 cm de carapace, est carnivore : petits invertébrés, alevins, œufs de poissons, méduses. L’adulte devient herbivore et broute les phanérogames marines.
La maturité sexuelle n’arrive qu’entre 18 et 30 ans. La femelle pond de nuit une centaine d’œufs, et peut pondre de nouveau à une quinzaine de jours d’intervalle grâce aux œufs qui se développent en décalé. L’incubation dure de 48 à 74 jours selon la température du sable.
Sa carapace se couvre d’algues et de balanes ; elle fréquente alors les stations de nettoyage, où de petits poissons la débarrassent de ces hôtes.
Statut et protection
Depuis la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN publiée le 10 octobre 2025, la tortue verte est classée en préoccupation mineure (LC) au niveau mondial, alors qu’elle était jusque-là « En danger ». La sous-population du sud-ouest de l’océan Indien, dont font partie les tortues de Mayotte, est aussi classée LC (évaluation 2023).
En France, l’arrêté ministériel du 14 octobre 2005 interdit sur tout le territoire national la destruction des œufs et des nids, la capture et la perturbation intentionnelle des tortues marines. À Mayotte, le braconnage reste identifié comme l’une des principales causes de mortalité directe. Un plan national d’actions pour les tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien couvre l’île depuis 2015.
Bien l’observer et la photographier
En palmes-masque-tuba comme en bouteille, approchez-la lentement et de côté, sans vous placer au-dessus d’elle. Si elle cesse de brouter et s’éloigne, restez sur place et laissez-la partir.
Pour l’identification, cadrez la tête de profil : la paire unique de préfrontales et le museau arrondi suffisent à la distinguer de l’imbriquée. Une station de nettoyage offre les meilleures images, car l’animal y reste immobile.
Ne la touchez jamais, ne la poursuivez pas et ne la nourrissez pas : la perturbation intentionnelle est interdite par la loi. Sur les plages de ponte, la nuit, laissez les femelles et les nids tranquilles.
Sources
- DORIS — Chelonia mydas, tortue verte
- DORIS — Eretmochelys imbricata, tortue imbriquée
- WoRMS — Chelonia mydas
- SeaLifeBase — Chelonia mydas
- UICN — mise à jour de la Liste rouge, 10 octobre 2025
- SWOT — statut de conservation des populations de tortues vertes
- Ifremer — Parc naturel marin de Mayotte, suivi des tortues
- Arrêté du 14 octobre 2005 (AIDA, INERIS)
- Assemblée nationale — question écrite n° 13551 (réponse du 11 juin 2019)
- Assemblée nationale — question écrite n° 60776 (réponse du 6 mai 2002)