Fiche n° 1224 · Faune · Tortues & mammifères

Lion de mer de Californie

Zalophus californianus

Amérique Pacifique mexicain

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-lion-de-mer-de-californie/

Lion de mer de Californie (Zalophus californianus)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petits pavillons d'oreille externes bien visibles, ce qui le distingue des phoques.
  • Longues nageoires antérieures larges, qui servent à la propulsion sous l'eau.
  • Museau long et étroit, longues vibrisses claires.
  • Mâle adulte brun foncé à noir, front surélevé par une crête osseuse souvent coiffée de poils clairs.
  • Femelle et juvénile plus fins, pelage blond à brun chocolat.

Noms

Nom usuel
Lion de mer de Californie
Nom scientifique
Zalophus californianus
Autres noms
Otarie de Californie · Lobo marino de California · California sea lion

Distribution géographique

Pacifique nord-est, du sud-est de l'Alaska au Pacifique du centre du Mexique. Colonies de reproduction des îles Anglo-Normandes de Californie jusqu'à la pointe de la Basse-Californie et au golfe de Californie, la plus méridionale étant Los Islotes, près de La Partida. Absent des Caraïbes et du Yucatán.

Zones : Pacifique mexicain — Amérique

Biotope

Eaux côtières et du plateau continental, baies, ports et embouchures ; repos et reproduction sur plages de sable et criques rocheuses d'îles. Plongées jusqu'à au moins 137 m.

Profondeur : 0 – 137 m

Repères pour le plongeur

Otarie du Pacifique mexicain, observable dans le golfe de Californie près de ses colonies (Espíritu Santo, Loreto). Gardez vos distances avec les mâles en période de reproduction, de mai à juillet.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Calmars, poulpes et nombreux poissons (anchois, sardines, maquereaux, sébastes, merlu) ; dans le golfe de Californie, aussi des poissons-sabres.

Reproduction

Polygame : un mâle défend un territoire de reproduction avec jusqu'à 14 femelles. Naissances surtout en mai et juin, un petit par an après environ 11 mois de gestation ; sevrage proche d'un an. Maturité vers 4 à 5 ans.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 12 décembre 2014 selon SeaLifeBase ; plus de 380 000 individus estimés en 2015. Menaces : enchevêtrement dans les engins de pêche, biotoxines d'efflorescences algales, maladies, harcèlement et nourrissage.

Espèces ressemblantes

  • Phoque commun (Phoca vitulina) : pas d'oreilles externes et petites nageoires antérieures ; il se déplace à terre en rampant.
  • Otarie des Galápagos (Zalophus wollebaeki) : longtemps considérée comme une sous-espèce, elle vit aux Galápagos et non au Mexique.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Tortues & mammifères

Identification

Le lion de mer de Californie, ou otarie de Californie, est un mammifère marin de la famille des Otariidés. Comme toutes les otaries, il porte de petits pavillons d’oreille bien visibles de chaque côté de la tête, et ses longues nageoires antérieures, larges et puissantes, lui servent à « voler » sous l’eau. Le museau est long et étroit, garni de longues vibrisses.

Le dimorphisme sexuel est marqué. Le mâle adulte atteint 2,4 m et jusqu’à 390 kg ; il est brun foncé à noir et porte sur le front une crête osseuse qui lui donne un profil bombé, souvent coiffée de poils plus clairs. La femelle, nettement plus légère (environ 2 m et 110 kg au maximum), a un pelage blond à brun chocolat, comme les juvéniles. Les petits naissent brun sombre et prennent leur pelage clair vers quatre ou cinq mois.

Le risque de confusion vient surtout des phoques, qui n’ont pas d’oreilles externes et rampent à terre, alors que l’otarie se dresse sur ses quatre nageoires. L’otarie des Galápagos lui ressemble beaucoup, mais elle est reconnue comme une espèce distincte depuis des travaux génétiques publiés en 2007 et ne vit pas au Mexique.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit uniquement dans le Pacifique nord-est, du sud-est de l’Alaska au Pacifique du centre du Mexique. Vous ne la croiserez donc ni dans les Caraïbes, ni au Yucatán, ni dans les cénotes. Ses colonies de reproduction s’étendent jusqu’à la pointe de la Basse-Californie et dans le golfe de Californie ; la plus méridionale est Los Islotes, près de La Partida. La NOAA distingue trois populations, dont une propre au golfe de Californie et une sur la côte ouest de la Basse-Californie.

La CONANP signale l’espèce dans le parc national marin de l’archipel d’Espíritu Santo et dans le parc national Bahía de Loreto, où une première naissance a été observée dans la colonie de l’île Coronados. Les femelles et les jeunes restent toute l’année près des colonies ; les mâles adultes partent vers le nord après la saison de reproduction. Les otaries chassent en eaux côtières et au-dessus du plateau continental, et descendent jusqu’à au moins 137 m.

Biologie et comportement

C’est le pinnipède le plus rapide : la CONANP indique des pointes de 24 à 32 km/h. Ses plongées durent le plus souvent deux à cinq minutes, et jusqu’à vingt. Il se nourrit de calmars, de poulpes et de poissons en bancs comme les anchois, les sardines et les maquereaux ; dans le golfe de Californie, son menu comprend aussi des poissons-sabres. Il a pour prédateurs les orques et les requins, dont le grand requin blanc selon les secteurs.

La reproduction a lieu en mai et juin. Le mâle défend un territoire où vivent jusqu’à 14 femelles et devient agressif envers ses rivaux. Chaque femelle met au monde un seul petit par an, qu’elle allaite près d’un an en alternant séjours à terre et sorties de chasse. En surface, vous verrez parfois des otaries immobiles, nageoires dressées hors de l’eau : elles se reposent et régulent leur température.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC) ; SeaLifeBase date cette évaluation du 12 décembre 2014. La population mondiale dépassait 380 000 individus en 2015 et a augmenté depuis les années 1970. Les menaces restent réelles : enchevêtrement dans les filets et les casiers, intoxication par l’acide domoïque lors d’efflorescences d’algues, maladies, harcèlement et nourrissage. Au Mexique, la CONANP intervient pour libérer des otaries prises dans des filets dans les parcs marins de Basse-Californie du Sud.

Bien l’observer et la photographier

Près des colonies, restez en surface ou à faible profondeur et laissez l’animal venir à vous plutôt que de le poursuivre : c’est le pinnipède le plus rapide, vous ne le rattraperez pas. Ne vous approchez jamais d’un mâle adulte qui patrouille devant sa colonie, surtout de mai à juillet, et ne débarquez pas sur les rochers où se reposent les femelles et leurs petits. La NOAA rappelle que nourrir ou harceler une otarie est nocif et recommande de limiter l’observation à trente minutes.

Pour la photo, privilégiez un grand-angle et la lumière naturelle de surface : les otaries passent vite, et une rafale en lumière ambiante vaut mieux qu’un flash déclenché sur un animal qui s’approche. Un profil montrant l’oreille et la crête frontale suffit à confirmer l’espèce et le sexe. Ne touchez pas l’animal, même s’il vient au contact.

Sources