Fiche n° 1225 · Faune · Requins & raies
Raie mobula
Mobula munkiana
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-raie-mobula/
Clé d'identification
- Petite raie pélagique en losange : 89 à 100 cm d'envergure en moyenne, 130 cm au plus selon la Manta Trust.
- Dos brun à gris mauve ou lavande, face ventrale blanche, grisée vers la pointe des pectorales.
- Un « collier » sombre en travers de la tête, souvent précédé d'une bande gris clair.
- Petite nageoire dorsale bordée de sombre, au centre souvent plus clair.
- Queue sans épine, plus courte que l'envergure du disque.
Noms
- Nom usuel
- Raie mobula
- Nom scientifique
- Mobula munkiana
- Autres noms
- Mante de Munk · Manta chica · Manta violácea · Munk's pygmy devil ray
Distribution géographique
Pacifique oriental tropical, du golfe de Californie au Pérou, Galápagos comprises. Au Mexique, uniquement sur la façade Pacifique : les données GBIF se concentrent en Basse-Californie du Sud, puis à Oaxaca, au Sonora et en Basse-Californie. Aucune mention côté Caraïbes.
Zones : Pacifique mexicain — Amérique
Biotope
Pélagique, en bancs près de la surface en eaux côtières et océaniques, parfois près du fond. Les jeunes fréquentent les baies peu profondes à fond de sable, comme Ensenada Grande dans l'archipel d'Espíritu Santo.
Profondeur : 0 – 15 m
Repères pour le plongeur
Petite raie du golfe de Californie, absente des Caraïbes, qui forme des bancs de milliers d'individus et saute hors de l'eau. Observez-la depuis le bateau ou en surface, sans la poursuivre ni la toucher : l'espèce est vulnérable et protégée au Mexique.
Meilleure saison : Avril · Mai · Juin
Biologie
Alimentation
Filtreuse : surtout des crustacés planctoniques (mysidacés, krill), parfois de petits poissons en bancs.
Reproduction
Vivipare aplacentaire (ovovivipare) : l'embryon se nourrit du vitellus puis de sécrétions utérines. Un seul petit par cycle. À Espíritu Santo, accouplements et mises bas d'avril à juin.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critères A2d+3d) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 9 novembre 2018 publiée en 2019. Annexe II de la CITES et annexes I et II de la CMS. Protégée au Mexique (NOM-029-PESC-2006, NOM-059-SEMARNAT-2010). Menaces : filets maillants, chaluts et sennes, pêche illégale ciblée.
Espèces ressemblantes
- Mobula thurstoni et Mobula mobular : autres mobulas du Pacifique oriental, souvent confondues avec elle ; la mobula de Munk est la plus petite des trois et n'a pas d'épine caudale.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
La raie mobula de cette fiche est Mobula munkiana, la mante de Munk, plus petite des raies diables. Son disque en losange mesure 89 à 100 cm d’envergure en moyenne, 130 cm au plus, pour 25 kg au maximum selon la Manta Trust.
Le dos va du brun au gris mauve, parfois lavande. Le ventre est blanc, grisé vers la pointe des nageoires pectorales. Le meilleur critère se trouve sur la tête : un « collier » noir la traverse, souvent précédé d’une bande gris clair. La petite nageoire dorsale porte un liseré sombre autour d’un centre plus clair. La queue, plus courte que le disque, n’a pas d’épine ; les anglophones l’appellent d’ailleurs aussi smoothtail mobula, la mobula à queue lisse.
Elle est souvent confondue avec deux autres mobulas du Pacifique oriental, Mobula thurstoni et Mobula mobular. Sa petite taille et sa queue sans épine aident à la distinguer, mais une identification certaine à partir d’une photo prise en surface reste difficile.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit uniquement dans le Pacifique oriental tropical, du golfe de Californie au Pérou. Les observations recensées par GBIF au Mexique se concentrent en Basse-Californie du Sud, loin devant Oaxaca, le Sonora et la Basse-Californie. Vous ne la croiserez ni à Cozumel ni dans les cénotes.
Dans la mer de Cortez, elle forme à certaines périodes des rassemblements de plusieurs dizaines de milliers d’individus, selon la Manta Trust. Elle nage surtout en bancs près de la surface, en eaux côtières comme au large, et FishBase la donne entre 0 et 15 m. Une étude de 22 mois consécutifs, publiée en 2021, menée dans l’archipel d’Espíritu Santo, au nord de La Paz, a décrit la première nurserie connue de l’espèce dans la baie d’Ensenada Grande, une baie peu profonde à fond de sable. Les nouveau-nés y ont été capturés entre 2 et 5 m, les adultes au-delà de 15 m.
Biologie et comportement
C’est une filtreuse. Elle se nourrit surtout de crustacés planctoniques, mysidacés et krill, et avale parfois de petits poissons en bancs.
Ses sauts sont spectaculaires : en banc, elle jaillit souvent de plusieurs mètres hors de l’eau. La Manta Trust rappelle qu’on ignore encore pourquoi ; un rôle social est envisagé.
La reproduction est lente. La femelle porte un seul petit par cycle, nourri d’abord par son vitellus puis par des sécrétions de l’utérus. À Espíritu Santo, les chercheurs ont vu des parades nuptiales et des femelles prêtes à mettre bas en avril et en juin, et proposent une saison d’accouplement et de mise bas d’avril à juin. Les nouveau-nés mesuraient 49,5 à 56 cm d’envergure et restaient jusqu’à 145 jours d’affilée dans la baie.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU, critères A2d+3d). L’évaluation date du 9 novembre 2018 et a été publiée en 2019. L’espèce figure à l’annexe II de la CITES et aux annexes I et II de la CMS. Au Mexique, l’étude d’Espíritu Santo la cite comme protégée par les normes NOM-029-PESC-2006 et NOM-059-SEMARNAT-2010, tout en signalant une pêche illégale ciblée dans plusieurs zones du golfe. Les bancs serrés la rendent très exposée aux filets maillants, aux chaluts et aux sennes. L’archipel d’Espíritu Santo est un parc national marin depuis 2007.
Bien l’observer et la photographier
Les bancs se repèrent d’abord depuis le bateau, aux éclaboussures des sauts. Gardez l’appareil réglé sur une vitesse rapide et une mise au point continue : les sauts sont brefs et, dans un banc, fréquents. Pour le profil d’identification, cherchez le collier sombre sur la tête et la dorsale bordée de noir.
Dans l’eau, approchez en surface et laissez les raies venir à vous. Ne coupez pas la route d’un banc, ne poursuivez pas les individus et ne les touchez jamais. Dans les baies peu profondes où grandissent les jeunes, comme Ensenada Grande, évitez de soulever le sable et de stationner au-dessus des nouveau-nés.
Sources
- WoRMS : Mobula munkiana Notarbartolo-di-Sciara, 1987
- FishBase : Mobula munkiana, Munk’s pygmy devil ray
- Manta Trust : Munk’s pygmy devil ray
- GBIF : Mobula munkiana
- Palacios et al. (2021), première nurserie de Mobula munkiana dans le golfe de Californie, Scientific Reports
- Wikipédia (en) : Munk’s devil ray