Fiche n° 1205 · Faune · Requins & raies

Raie tachetée

Hypanus americanus

Amérique Caraïbes Yucatán

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-raie-tachetee/

Raie tachetée (Hypanus americanus)
Photo : Dan Schofield — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Disque en losange, au museau et aux pointes des pectorales anguleux.
  • Dos uni brun clair à noir (gris-olive chez le juvénile), sans taches, avec une rangée d'épines courtes sur la ligne médiane.
  • Ventre blanc bordé de gris ou de brun, bouche en croissant.
  • Queue en fouet, fine, sombre et plus longue que la largeur du disque, sans nageoire caudale.
  • Un ou deux aiguillons venimeux à la base de la queue.
  • Souvent enfouie dans le sable, seuls les yeux et les évents dépassant.

Noms

Nom usuel
Raie tachetée
Nom scientifique
Hypanus americanus
Autres noms
Pastenague américaine · Raie-fouet · Southern stingray · Raya látigo
Synonymes
Dasyatis americana · Himantura americana

Distribution géographique

Atlantique ouest, du New Jersey au sud du Brésil, golfe du Mexique et Antilles compris ; très commune dans la mer des Caraïbes. Au Mexique, les observations recensées par GBIF viennent du Quintana Roo, du Yucatán, de Campeche, de Tabasco et de Veracruz, pas de la côte Pacifique.

Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique

Biotope

Fonds sableux, herbiers, lagunes, pieds de récif, baies, estuaires et mangroves, en eau de mer ou saumâtre, de la surface à environ 50 m, le plus souvent à moins de 4 m. Les juvéniles préfèrent les plages peu profondes, les adultes les fonds plus profonds et les récifs.

Profondeur : 0 – 53 m

Repères pour le plongeur

Pastenague au disque en losange brun uni et à la longue queue en fouet, souvent enfouie dans le sable des herbiers et des pieds de récif du Caribe mexicain. Ne la touchez pas et ne posez jamais le pied près d'elle : son aiguillon venimeux blesse gravement.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des bivalves et des vers, aussi des crevettes, des squilles, des crabes et de petits poissons, déterrés en creusant le sable.

Reproduction

Ovovivipare aplacentaire : 3 à 5 petits par portée après 135 à 226 jours de gestation, une portée par an. Les petits mesurent 17 à 19 cm de disque à la naissance ; maturité à 75-80 cm de disque chez la femelle et 51 cm chez le mâle.

Conservation

Quasi menacé (UICN)

Quasi menacée (NT, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 21 juin 2019 selon FishBase. Captures accessoires fréquentes dans les pêcheries artisanales du sud du golfe du Mexique, selon DORIS ; reproduction lente.

Espèces ressemblantes

  • Pastenague des Caraïbes (Styracura schmardae) : disque presque circulaire et non en losange ; surtout présente dans le sud des Caraïbes.
  • Pastenague épineuse (Bathytoshia centroura) : disque et queue hérissés de tubercules et de grosses épines, disque pouvant atteindre 2,10 m.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

Le nom scientifique de cette raie a changé : on la trouvait sous Dasyatis americana, et le genre Hypanus a été validé en 2016. DORIS l’appelle pastenague américaine ou raie-fouet, et les plongeurs anglophones parlent de « southern stingray ». Malgré le nom de « raie tachetée », son dos n’est pas tacheté : il est d’une teinte unie, brun clair à presque noir, gris-olive chez les jeunes.

Le disque dessine un losange net, avec un museau et des pointes de pectorales anguleux. Il mesure en moyenne 90 cm de large et peut atteindre 1,50 m selon DORIS ; FishBase cite jusqu’à 2 m et 135 kg. Une rangée d’épines courtes court sur le milieu du dos. Le ventre est blanc, bordé de gris ou de brun. La queue, fine et sombre, plus longue que le disque, se termine en fouet sans nageoire caudale. À sa base se trouvent un ou deux aiguillons venimeux.

Deux confusions sont possibles selon DORIS. La pastenague des Caraïbes (Styracura schmardae) a un disque presque rond et vit surtout dans le sud des Caraïbes. La pastenague épineuse (Bathytoshia centroura) porte des tubercules et de grosses épines sur le disque et la queue.

Où et quand l’observer au Mexique

L’espèce vit dans l’Atlantique ouest, du New Jersey au Brésil, golfe du Mexique compris, et elle est très commune dans la mer des Caraïbes. Au Mexique, la grande majorité des observations recensées par GBIF viennent du Quintana Roo. Suivent la péninsule du Yucatán et la côte du golfe, de Campeche à Veracruz. Aucune n’est recensée sur la côte Pacifique, et aucune source consultée ne la signale dans les cénotes.

Cherchez-la sur les étendues de sable, dans les herbiers, au pied des récifs et dans les lagunes. FishBase la donne entre la surface et 53 m, le plus souvent à moins de 4 m de fond. Les juvéniles restent près des plages, les adultes descendent vers les récifs. Elle se rencontre toute l’année. Elle s’enfouit souvent : seuls les yeux et les évents dépassent alors du sable.

Biologie et comportement

La pastenague américaine mange surtout des bivalves et des vers, mais aussi des crevettes, des squilles, des crabes et de petits poissons. Selon DORIS, elle se nourrit surtout à l’aube et au crépuscule ; FishBase la décrit enfouie le jour et chassant la nuit. Elle creuse le sable pour déterrer ses proies et y laisse des cuvettes. Elle fréquente aussi les stations de nettoyage, où la girelle à tête bleue (Thalassoma bifasciatum) et le labre espagnol (Bodianus rufus) la débarrassent de ses parasites.

L’espèce est ovovivipare : la femelle porte 3 à 5 petits pendant 135 à 226 jours, une fois par an. Les petits naissent avec un disque de 17 à 19 cm. Habituellement solitaire, elle ne fuit pas le plongeur tant qu’on ne l’approche pas de trop près. Là où on la nourrit, elle se rassemble en groupes. Une étude menée aux îles Caïmans, citée par DORIS, a relevé chez ces raies nourries plus de blessures, plus de parasites et plus d’agressivité entre individus.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « Quasi menacée » (NT, critères A2bd), selon une évaluation du 21 juin 2019 rapportée par FishBase. DORIS mentionne encore un classement en « données insuffisantes » (DD). DORIS signale surtout de fréquentes captures accidentelles dans les pêcheries artisanales du sud du golfe du Mexique. Sa reproduction lente rend la population vulnérable. Les sources consultées ne citent pas de protection légale propre à l’espèce au Mexique.

Bien l’observer et la photographier

Avant de vous poser sur le sable, regardez où vous mettez les mains et les genoux : une raie enfouie est presque invisible. DORIS rappelle que la piqûre de l’aiguillon cause des plaies très douloureuses et longues à cicatriser, et que le risque vient surtout du pied posé sur l’animal. Si vous entrez dans l’eau depuis une plage, regardez le fond avant chaque pas.

Approchez-la lentement, à hauteur du fond et par le côté. Ne passez jamais au-dessus de la queue, ne la touchez pas et ne la nourrissez pas : le nourrissage modifie son comportement et sa santé. Pour la photo, un cadrage de face, au ras du sable, montre bien les yeux et les évents. Une vue de dessus fait ressortir la forme en losange du disque, qui la distingue de la pastenague des Caraïbes. Si elle creuse le sable pour se nourrir, restez à distance et laissez-la finir.

Sources