Fiche n° 1206 · Faune · Requins & raies
Requin-nurse
Ginglymostoma cirratum
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mexique-faune-requin-nurse/
Clé d'identification
- Corps cylindrique aplati dessous, tête large et arrondie, environ 3 m chez l'adulte.
- Deux barbillons charnus devant la bouche, sous le museau.
- Deux dorsales triangulaires presque égales, placées très en arrière du corps.
- Caudale longue à un seul lobe, sans lobe inférieur marqué.
- Dos fauve à brun-gris uniforme, ventre blanc ; juvéniles plus plats, ponctués de taches sombres.
Noms
- Nom usuel
- Requin-nurse
- Nom scientifique
- Ginglymostoma cirratum
- Autres noms
- Requin-nourrice atlantique · Requin dormeur · Vache de mer · Nurse shark · Tiburón nodriza
- Synonymes
- Squalus cirratus · Ginglymostoma fulvum · Ginglymostoma caboverdianus
Distribution géographique
Atlantique ouest, du Rhode Island au sud du Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris ; Atlantique est, du Sénégal et du Cap-Vert au Gabon. Au Mexique, côte caraïbe et golfe : la majorité des observations enregistrées dans GBIF vient du Quintana Roo. Les requins-nourrices du Pacifique est sont rattachés à une autre espèce, Ginglymostoma unami.
Zones : Caraïbes · Yucatán — Amérique
Biotope
Benthique, de la surface à 130 m, surtout entre 1 et 35 m : récifs, fonds rocheux, platiers sableux peu profonds et chenaux. Le jour, il se repose sur le sable sous les surplombs, dans les failles et les petites grottes ; les juvéniles vivent parmi les racines de palétuviers rouges.
Profondeur : 0 – 130 m
Repères pour le plongeur
Requin-nourrice de l'Atlantique, souvent posé au repos sous un surplomb des récifs caraïbes du Mexique. Inoffensif si on le laisse tranquille, il peut mordre gravement quand on le touche ou le bloque.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Prédateur nocturne de fond : langoustes, crabes, crevettes, oursins, poulpes, calmars, gastéropodes et bivalves, ainsi que des poissons benthiques (raies, mulets, poissons-chats, poissons-globes), aspirés par succion.
Reproduction
Ovovivipare : les embryons se développent dans l'utérus grâce à leurs réserves de vitellus. Gestation de 5 à 6 mois, 21 à 30 petits par portée. Accouplements à la fin du printemps et en été ; maturité vers 2,1 à 2,3 m, soit 15 à 20 ans.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 5 juillet 2019 selon FishBase. Menaces : captures accessoires et pêche, la peau étant recherchée pour son cuir très résistant.
Espèces ressemblantes
- Requin-nourrice du Pacifique (Ginglymostoma unami) : espèce jumelle décrite en 2015, qui le remplace sur la côte pacifique mexicaine ; les deux ne se rencontrent pas au même endroit.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
Le requin-nurse, que DORIS appelle requin-nourrice atlantique, est un requin trapu de 3 m en moyenne. FishBase donne un maximum de 4,30 m, DORIS de 4,50 m, pour plus de 100 kg. Son corps est cylindrique et aplati sur la face ventrale, sa tête large et arrondie. Deux barbillons charnus pendent devant la bouche, qui s’ouvre sous le museau.
Le meilleur critère reste la position des nageoires : les deux dorsales, triangulaires et presque de même taille, sont rejetées très en arrière du corps. La caudale est longue, avec un seul lobe et pas de lobe inférieur marqué. On compte quatre fentes branchiales visibles, la cinquième étant cachée derrière la quatrième.
La robe est fauve à brun-gris, uniforme de loin ; de près, on distingue de minuscules points noirs et blancs. Le ventre est blanc. Les juvéniles sont plus plats, avec des arcades sourcilières plus saillantes et des taches sombres formées de petits points groupés. Les mâles portent deux ptérygopodes près des pelviennes.
Selon DORIS, aucun autre requin de l’Atlantique ne lui ressemble. Côté Pacifique, il est remplacé par une espèce jumelle, Ginglymostoma unami, décrite en 2015 : les anciennes mentions de requin-nurse sur la côte pacifique mexicaine se rapportent à elle.
Où et quand l’observer au Mexique
L’espèce vit dans l’ouest de l’Atlantique, golfe du Mexique et Caraïbes compris. Au Mexique, c’est donc un requin de la côte caraïbe et du golfe : parmi les données d’occurrence mexicaines rassemblées par GBIF, plus de la moitié vient du Quintana Roo, loin devant le Yucatán et le Campeche. Aucune source consultée ne le signale dans les cénotes.
FishBase le situe entre la surface et 130 m, le plus souvent entre 1 et 35 m, en plein dans la zone des plongées récifales. Il fréquente les récifs coralliens, les fonds rocheux, les chenaux et les platiers sableux peu profonds ; les jeunes s’abritent entre les racines des palétuviers rouges. Le jour, cherchez-le immobile sur le sable, sous un surplomb, dans une faille ou une petite grotte. DORIS note qu’il revient souvent aux mêmes reposoirs et que plusieurs individus peuvent s’y entasser. Aucune saison particulière n’est documentée : il est observable toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un chasseur nocturne de fond. Il repère ses proies avec ses barbillons, glisse la tête dans les trous pour les débusquer, puis les aspire : langoustes, crabes, crevettes, oursins, poulpes et calmars, coquillages, mais aussi raies, mulets ou poissons-globes. Selon DORIS, son nom anglais viendrait du bruit de succion qu’il fait en mangeant, proche de celui d’un nourrisson qui tète.
L’espèce est ovovivipare. L’accouplement a lieu à la fin du printemps et en été : le mâle mord une pectorale de la femelle pour la retourner sur le dos. Après 5 à 6 mois de gestation, la femelle met au monde 21 à 30 petits d’environ 30 cm. La maturité n’arrive qu’entre 15 et 20 ans, vers 2,1 à 2,3 m, et l’espèce vit au moins 25 ans.
Solitaire et lent, il ignore en général les plongeurs. Il n’est pourtant pas inoffensif : FishBase et DORIS rapportent des morsures graves quand on le dérange, qu’on le saisit ou qu’on marche dessus.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU, critères A2bcd), évaluation du 5 juillet 2019 selon FishBase. DORIS signale des déclins locaux, surtout dus aux prises accessoires dans les filets de pêche. Sa peau, très résistante, est aussi recherchée pour le cuir. Sa maturité tardive et ses portées espacées rendent les populations lentes à se reconstituer.
Bien l’observer et la photographier
Un requin-nurse posé au fond est un bon sujet de portrait : approchez à plat, lentement, par le côté plutôt que face à la tête. Restez hors de son abri, ne bloquez jamais la sortie d’une grotte ou d’un surplomb, et ne le touchez pas, même s’il semble endormi. Une flottabilité nette évite de soulever le sable, qui gâche la photo et le dérange.
Cadrez la tête pour montrer les barbillons, ou un profil complet pour faire apparaître les dorsales reculées et la caudale à un seul lobe, les deux critères qui le distinguent d’un requin de récif. Sous un surplomb, un éclairage d’appoint est utile, mais réglez-le doux et ne l’approchez pas du museau. En plongée de nuit, vous pourrez le voir fouiller le fond en chasse : suivez-le de loin, faisceau dirigé à côté plutôt que sur lui.