Fiche n° 1370 · Faune · Poissons
Gobie des coraux fouets
Bryaninops yongei
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-gobie-des-coraux-fouets/
Clé d'identification
- Petit gobie allongé de 3 à 4 cm au plus.
- Dessus du corps translucide, dessous doré à brunâtre.
- Environ six bandes transversales rougeâtres, régulièrement espacées ; parfois un chevron rougeâtre sur la tête.
- Ligne blanche visible par transparence le long de la colonne vertébrale.
- Toujours posé sur un corail fouet droit et non ramifié (Cirrhipathes anguina).
Noms
- Nom usuel
- Gobie des coraux fouets
- Nom scientifique
- Bryaninops yongei
- Autres noms
- Gobie des coraux fil-de-fer · Gobie nain des antipathaires · Gobie nain barbelé · Whip coral goby · Wire coral goby
Distribution géographique
Indo-Pacifique, de la mer Rouge à Hawaï et à Rapa, des Ryukyu au nord de la Grande Barrière. Aux Philippines, GBIF recense ses observations surtout à Anilao et Dauin, puis à Puerto Galera, Moalboal et Bohol.
Zones : Anilao · Dauin · Puerto Galera · Moalboal · Bohol — Asie
Biotope
Tombants et récifs exposés au courant, de 3 à 45 m, exclusivement sur les coraux fouets (coraux noirs non ramifiés) en longue tige.
Profondeur : 3 – 45 m
Repères pour le plongeur
Le gobie des coraux fouets vit en couple sur un corail fouet en forme de long fil ; sur les tombants d'Anilao ou de Dauin, longez chaque fouet des yeux. Soyez patient et ne touchez pas le corail.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Zooplancton, happé à l'affût depuis son corail.
Reproduction
Probablement monogame, souvent en couple. Le mâle dégage une portion de la tige en retirant les polypes, puis les œufs sont collés sur le squelette noir mis à nu et gardés par le mâle jusqu'à l'éclosion. L'étude de ses gonades suggère qu'il peut changer de sexe dans les deux sens.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 13 mars 2015 selon FishBase. Aucun statut de protection particulier n'est signalé par les sources consultées.
Espèces ressemblantes
- Grand gobie des fouets de mer (Bryaninops amplus) : silhouette plus élancée, haut du corps entièrement translucide, sans bandes ; il vit plutôt sur les gorgones fouets Junceella.
- Bryaninops loki : reconnaissable à une tache sombre à la base de la queue ; lui aussi lié aux gorgones.
- Gobies du genre Pleurosicya : morphologie très proche, mais moins exigeants sur leur support ; le corail fouet reste le critère le plus sûr.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le gobie des coraux fouets est un poisson minuscule : moins de 4 cm. Son corps allongé est translucide sur le dessus, doré à brunâtre en dessous. Il porte environ six bandes transversales rougeâtres, régulièrement espacées, et parfois un chevron rougeâtre sur la tête. Par transparence, on voit une ligne blanche le long de sa colonne vertébrale.
DORIS le nomme « Gobie des coraux fil-de-fer » et cite aussi le nom de gobie des coraux-fouets. Selon DORIS, le critère d’identification le plus simple est son support : il vit presque toujours sur le corail fil-de-fer droit, Cirrhipathes anguina, un corail noir non ramifié.
Ses cousins se distinguent surtout par leur habitat. Le grand gobie des fouets de mer (Bryaninops amplus) est plus élancé, sans bandes sur le dos, et vit plutôt sur les gorgones Junceella. Bryaninops loki porte une tache sombre à la base de la queue. Les gobies du genre Pleurosicya sont très proches, mais moins fidèles à un support précis.
Où et quand l’observer aux Philippines
L’espèce vit de la mer Rouge à Hawaï. Aux Philippines, les observations recensées par GBIF se concentrent à Anilao et à Dauin, puis à Puerto Galera, Moalboal et Bohol. Le relevé est modeste, sans doute parce que ce petit poisson est peu photographié et rarement identifié à l’espèce.
Cherchez-le de 3 à 45 m, sur les tombants et les récifs balayés par le courant, partout où poussent des coraux fouets en longs fils. On peut le voir toute l’année.
Biologie et comportement
Il passe sa vie sur un seul corail fouet, collé à la tige par ses nageoires pelviennes soudées en ventouse. De là, il happe le zooplancton qui passe.
Il vit souvent en couple, parfois avec un juvénile ou une femelle plus petite. Les jeunes occupent les petits fouets, les couples matures les grands. Pour pondre, le mâle retire les polypes d’une portion de la tige et dégage le squelette noir. Les œufs y sont collés, puis gardés par le mâle jusqu’à l’éclosion. L’étude de ses organes reproducteurs suggère qu’il peut changer de sexe dans les deux sens, une adaptation probable à la rareté des partenaires sur des coraux dispersés.
Statut et protection
L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC) ; FishBase date l’évaluation du 13 mars 2015. Les sources consultées ne citent pas de protection propre à l’espèce aux Philippines. Sa survie dépend de celle des coraux fouets qui l’abritent.
Bien l’observer et la photographier
Longez des yeux chaque fouet, de la base à la pointe. Quand vous repérez le gobie, ne bougez plus et laissez-le s’habituer à votre présence. Ne touchez jamais la tige et ne la tirez pas pour mieux cadrer : elle casse facilement et le couple perd son habitat. Restez en flottabilité neutre, palmes loin du tombant. Un objectif macro et une ouverture fermée montrent bien les bandes rouges et la transparence du corps. Limitez les éclairs, surtout si vous voyez une ponte sur la tige.