Fiche n° 1369 · Faune · Poissons

Hippocampe pygmée

Hippocampus bargibanti

Asie Anilao Bohol Malapascua Puerto Galera

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-hippocampe-pygmee/

Hippocampe pygmée (Hippocampus bargibanti)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Minuscule hippocampe de 2 à 2,4 cm, queue comprise, au museau très court.
  • Corps renflé couvert de gros tubercules arrondis, comme les polypes de sa gorgone.
  • Deux livrées : gris pâle à violet avec tubercules roses à rouges, ou jaune avec tubercules orange.
  • Petite « couronne » sur la tête ; queue préhensile enroulée autour d'une branche.
  • Vit uniquement sur les gorgones du genre Muricella, dont il prend exactement la couleur.

Noms

Nom usuel
Hippocampe pygmée
Nom scientifique
Hippocampus bargibanti
Autres noms
Hippocampe pygmée rose · Hippocampe de Bargibant · Hippocampe des gorgones · Hippocampe nain · Pygmy seahorse · Bargibant's pygmy seahorse

Distribution géographique

Pacifique ouest et Indonésie, du sud du Japon à l'Australie et au Vanuatu, en passant par la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Calédonie. Aux Philippines, GBIF recense ses observations surtout à Anilao, puis à Bohol, Malapascua et Puerto Galera.

Zones : Anilao · Bohol · Malapascua · Puerto Galera — Asie

Biotope

Tombants et pentes récifales exposés au courant, sur les gorgones Muricella, le plus souvent au-delà de 16 à 20 m et jusqu'à 40 m.

Profondeur : 16 – 40 m

Repères pour le plongeur

L'hippocampe pygmée vit caché sur les gorgones Muricella, souvent au-delà de 20 m ; à Anilao, les guides savent où le trouver. Pas de lampe braquée, peu de photos au flash, et jamais de contact avec la gorgone.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mal documenté dans la nature : il se nourrit sans quitter sa gorgone, probablement de minuscules crustacés du plancton.

Reproduction

Ovovivipare : après une danse nuptiale, la femelle dépose ses œufs dans la poche ventrale du mâle, qui les porte jusqu'à la naissance de juvéniles déjà semblables aux adultes. Couples probablement monogames ; une même gorgone peut en abriter plusieurs.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 12 décembre 2023 selon FishBase (DORIS mentionne encore l'ancien classement en données insuffisantes). Tout le genre Hippocampus est inscrit à l'annexe II de la CITES. Selon Project Seahorse, le Code des pêches philippin interdit depuis 1998 la capture des espèces marines inscrites à la CITES, hippocampes compris.

Espèces ressemblantes

  • Hippocampe denise (Hippocampus denise) : entièrement jaune, sans gros tubercules colorés, un peu plus petit ; DORIS le signale dans les mêmes habitats.
  • Hippocampus pontohi : environ 1,6 cm, ventre blanc, arrière du corps jaunissant, crête rouge-orangé, sans les gros tubercules de l'hippocampe pygmée.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

L’hippocampe pygmée est l’un des plus petits poissons du récif : 2 cm, queue comprise, et 2,4 cm au maximum. Son museau est très court. Son corps renflé est couvert de gros tubercules arrondis qui imitent les polypes de sa gorgone. Il porte une petite couronne sur la tête et s’accroche aux branches avec sa queue préhensile.

Il existe deux livrées, qui suivent la couleur de la gorgone hôte. Sur Muricella plectana, il est gris pâle à violet, avec des tubercules roses à rouges. Sur M. paraplectana, il est jaune avec des tubercules orange. DORIS le nomme « Hippocampe pygmée rose ». Le nom d’hippocampe pygmée désigne aussi, de façon large, plusieurs espèces minuscules décrites depuis 1970.

L’hippocampe denise est la confusion la plus probable : il est entièrement jaune, sans gros tubercules, et fréquente les mêmes habitats. Hippocampus pontohi, encore plus petit, a le ventre blanc et une crête rouge-orangé.

Où et quand l’observer aux Philippines

L’espèce vit du sud du Japon à l’Australie. Aux Philippines, GBIF recense ses observations surtout à Anilao, puis à Bohol, Malapascua et Puerto Galera. La photo de cette fiche a été prise à Anilao, où le guide Southeast Asia Diving le signale à Kirby’s Point, vers 25 m. À Malapascua, un reportage d’Underwater Photography Guide cite de nombreux hippocampes pygmées violets et jaunes.

Il vit uniquement sur les gorgones Muricella, le plus souvent au-delà de 16 à 20 m, sur des tombants balayés par le courant. On peut le voir toute l’année. Sans guide local, il est presque impossible à repérer.

Biologie et comportement

Toute la vie de l’adulte se déroule sur une seule gorgone. FishBase rapporte jusqu’à 28 couples sur une même colonie. Les premiers spécimens n’ont été découverts qu’après la récolte d’une gorgone, tant leur camouflage est parfait.

Comme chez tous les hippocampes, c’est le mâle qui porte les petits. Après une danse nuptiale où les partenaires s’enlacent par la queue, la femelle dépose ses œufs dans la poche ventrale du mâle. Les juvéniles naissent déjà semblables aux adultes. Les couples seraient monogames.

Statut et protection

FishBase indique le statut « Préoccupation mineure » (LC), évalué le 12 décembre 2023. Tout le genre Hippocampus est inscrit à l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international. Selon Project Seahorse, le Code des pêches philippin interdit depuis 1998 la capture des espèces marines inscrites à la CITES, hippocampes compris ; une révision de ce code ouvre la voie à une gestion encadrée. Sa couleur en fait une cible de l’aquariophilie.

Bien l’observer et la photographier

Les règles sont plus strictes ici que pour tout autre poisson. Ne touchez jamais la gorgone, ne soufflez pas de bulles dessus et ne tenez pas la branche. Un code de conduite proposé par le biologiste Richard Smith suggère cinq photos au flash au plus par plongeur, aucune lampe ni lampe de mise au point braquée sur l’animal, et pas de plongée de nuit auprès des pygmées. Une étude de 2019 n’a pas montré de dommage oculaire du flash chez un autre hippocampe, mais une hausse du rythme respiratoire, signe possible de stress, quand les éclairs se répètent ; la manipulation, elle, provoque une forte réaction. Beaucoup de centres d’Asie du Sud-Est limitent le flash : suivez la consigne de votre guide. Il tourne souvent le dos : attendez qu’il se retourne plutôt que de le déplacer.

Sources