Fiche n° 1397 · Flore · Algues & plantes

Herbier à thalassia

Thalassia hemprichii

Asie Puerto Galera Bohol

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-flore-herbier-a-thalassia/

Herbier à thalassia (Thalassia hemprichii)
Photo : Nuraini Arsad — CC0 — source

Clé d'identification

  • Feuilles en ruban étroit, légèrement arquées sur le côté, de 10 à 40 cm de long pour 4 à 10 mm de large, à 10-17 nervures parallèles.
  • Pousses dressées de quatre à six feuilles, enveloppées à la base par une gaine de 2 à 7 cm.
  • Rhizome rampant jusqu'à 5 mm de diamètre, qui porte une pousse toutes les six à huit sections.
  • Fruit rond de 2 à 3 cm, couvert de poils grossiers, qui s'ouvre en six à neuf valves.

Noms

Nom usuel
Herbier à thalassia
Nom scientifique
Thalassia hemprichii
Autres noms
Herbe à tortue du Pacifique · Thalassia · Sickle seagrass · Pacific turtlegrass

Distribution géographique

Océan Indien, mer Rouge et Pacifique ouest. Aux Philippines, GBIF compte environ 140 occurrences, dont des spécimens d'herbier et des observations à Puerto Galera et Bohol. Seagrass-Watch la cite parmi les espèces dominantes des herbiers de Puerto Galera et de la baie d'Ulugan (Palawan).

Zones : Puerto Galera · Bohol — Asie

Biotope

Eaux peu profondes de moins de 4 m, sur sable corallien ou débris des platiers, parfois sur sable vaseux ; souvent découverte à marée basse. Elle forme des herbiers mixtes avec l'enhalus, les halophiles, les cymodocées, les halodules et les syringodiums (Flora of Australia).

Profondeur : 0 – 4 m

Repères pour le plongeur

Herbier de feuilles vertes de 10 à 40 cm, légèrement arquées, sur le sable corallien des platiers peu profonds de Puerto Galera ou Bohol, souvent mêlé à l'enhalus. Pâturage des tortues vertes et du dugong : on le survole sans s'y poser.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plante à fleurs : elle puise ses sels minéraux dans le sédiment par ses racines et produit son carbone par photosynthèse dans ses feuilles.

Reproduction

Plante à fleurs mâles et femelles ; le fruit poilu s'ouvre en six à neuf valves et libère de trois à neuf graines. En Australie, floraison de décembre à février et fruits de juillet à septembre (Flora of Australia) ; le calendrier aux Philippines n'a pas été trouvé. L'herbier s'étend aussi par ses rhizomes et colonise vite de nouveaux espaces.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN : évaluation datée du 17 octobre 2007, publiée en 2010, selon SeaLifeBase et GBIF (consultés le 18 octobre 2026). À croissance lente, elle est plus sensible que d'autres herbes marines à la dégradation du milieu (Seagrass-Watch).

Espèces ressemblantes

  • Herbier à enhalus (Enhalus acoroides) : feuilles bien plus longues et larges, jusqu'à 150 cm pour 2 cm, rhizome épais couvert de fibres brunes — voir fiche liée.
  • Cymodocées et halodules : autres herbes marines des mêmes herbiers mixtes, souvent plus fines ; leur distinction précise demande d'examiner la pointe et la gaine des feuilles.
  • Herbe à tortue des Caraïbes (Thalassia testudinum) : espèce sœur de l'Atlantique, absente des Philippines.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

Thalassia hemprichii n’est pas une algue : c’est une plante à fleurs marine, avec racines, rhizome, fleurs et fruits. Les anglophones l’appellent « sickle seagrass », l’herbe faucille, ou « Pacific turtlegrass », l’herbe à tortue du Pacifique. DORIS n’a pas de fiche pour elle, seulement pour sa cousine des Caraïbes, Thalassia testudinum. L’identification s’appuie ici sur la Flora of Australia.

Ses feuilles forment des rubans étroits, de 10 à 40 cm de long pour 4 à 10 mm de large. Elles sont légèrement arquées sur le côté, ce qui lui vaut son nom de faucille. Chaque pousse porte quatre à six feuilles, serrées à la base dans une gaine de 2 à 7 cm. Sous le sable, un rhizome rampant de 5 mm de diamètre au plus relie les pousses.

La comparer à l’enhalus est simple : ses feuilles sont bien plus courtes et étroites, et son rhizome n’a pas la chevelure de fibres brunes de sa grande voisine. La séparer des cymodocées et des halodules, plus fines, demande en revanche un examen attentif de la pointe et de la gaine des feuilles.

Où et quand l’observer aux Philippines

GBIF compte environ 140 occurrences aux Philippines, en majorité des spécimens d’herbier. Elles incluent Puerto Galera et Bohol, avec des mentions isolées à Moalboal et El Nido. Seagrass-Watch cite la thalassia parmi les espèces dominantes d’un herbier de Puerto Galera suivi en 2007. Dans la baie d’Ulugan, à Palawan, elle couvre en moyenne 10,9 % du fond et domine certains secteurs.

C’est une plante des eaux très peu profondes, à moins de 4 m. Elle pousse sur le sable corallien et les débris des platiers, et se découvre souvent à marée basse. On la voit surtout en snorkeling, en début ou en fin de plongée depuis la plage. Vivace, elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

La thalassia forme rarement un herbier pur. Elle se mêle à l’enhalus, aux halophiles, aux cymodocées, aux halodules et aux syringodiums. Ses rhizomes stabilisent le sable corallien que les marées et les tempêtes déplacent, et elle colonise vite les espaces libres.

Elle fait partie du régime des tortues vertes et du dugong. Les fleurs sont mâles ou femelles. Le fruit, rond et poilu, de 2 à 3 cm, s’ouvre en six à neuf valves pour libérer ses graines. En Australie, elle fleurit de décembre à février ; le calendrier aux Philippines n’a pas été trouvé.

Statut et protection

L’UICN la classe en préoccupation mineure (LC), selon une évaluation de 2007 publiée en 2010, d’après SeaLifeBase et GBIF consultés le 18 octobre 2026. Seagrass-Watch souligne pourtant qu’elle pousse lentement et supporte mal la dégradation du milieu. Envasement, développement côtier et pollution menacent les herbiers philippins.

Bien l’observer et la photographier

Dans si peu d’eau, le risque principal est de s’y poser ou d’y marcher. Restez en surface ou en flottabilité neutre, et ne jetez pas l’ancre dans l’herbier.

Photographiez-la au grand-angle, à ras du sable, pour montrer la prairie et sa lumière. Un plan rapproché de quelques pousses montre la courbure des feuilles. Regardez entre les feuilles, sans les toucher : de petits animaux s’y abritent.

Sources