Fiche n° 1354 · Faune · Requins & raies
Raie manta océanique
Mobula birostris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-raie-manta-oceanique/
Clé d'identification
- Très grande raie en losange, 4,5 m d'envergure en général, jusqu'à 7 m et plus.
- Deux nageoires céphaliques en forme de cornes de part et d'autre d'une bouche large, placée à l'avant de la tête.
- Dos très sombre, avec deux taches blanches nettes sur les épaules dont le bord avant forme un « T » avec la ligne sombre du dos.
- Ventre blanc taché de sombre surtout vers l'arrière, bord des ailes souligné d'une large marge grise, bouche et cornes sombres.
- Petite bosse osseuse à l'arrière de la dorsale, vestige d'aiguillon, absente chez la manta de récif.
- Nage au large ou passe sur les hauts-fonds balayés par le courant, où elle se fait nettoyer.
Noms
- Nom usuel
- Raie manta océanique
- Nom scientifique
- Mobula birostris
- Autres noms
- Manta géante · Raie manta géante · Giant manta ray · Oceanic manta ray
- Synonymes
- Manta birostris
Distribution géographique
Mers tropicales, subtropicales et tempérées chaudes du monde entier. Aux Philippines, une étude nationale (2004-2020) a identifié 107 individus, notamment à San Jacinto, dans le passage de Ticao (Masbate), au large de Malapascua (Daanbantayan, Cebu) et en mer de Sulu.
Zones : Donsol · Malapascua · Tubbataha — Asie
Biotope
Espèce océanique et migratrice, de la surface à plus de 1 000 m. Elle s'approche des côtes sur les hauts-fonds et les passes riches en plancton, comme le Manta Bowl dans le passage de Ticao, un plateau d'environ 8 hectares balayé par de forts courants.
Profondeur : 0 – 1000 m
Repères pour le plongeur
La manta océanique se croise surtout sur les hauts-fonds à courant, comme le Manta Bowl du passage de Ticao, accessible depuis Donsol. Accrochez-vous au fond nu sans toucher le corail, restez sous elle sans bulles agressives, et laissez-la venir.
Biologie
Alimentation
Filtreur : zooplancton surtout, parfois petits poissons.
Reproduction
Ovovivipare : en général un seul petit, parfois deux, d'environ 1,2 m d'envergure à la naissance, après une longue gestation. Les femelles ne mettent bas que tous les deux ans ou plus, ce qui rend l'espèce très vulnérable à la pêche.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN, critères A2bcd+3d) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 12 novembre 2019 selon FishBase. Annexe II de la CITES, annexes I et II de la convention de Bonn. Aux Philippines, l'ordonnance administrative du BFAR n° 193 de 1998 interdit de capturer, vendre ou exporter les raies mantas. L'étude nationale de 2022 note une baisse de 80 % des observations à Daanbantayan et à San Jacinto.
Espèces ressemblantes
- Raie manta de récif (Mobula alfredi) : bien présente aux Philippines, où la même étude a identifié 392 individus ; plus petite, taches blanches des épaules en « Y » aux bords flous, ventre blanc taché entre les fentes branchiales, bouche claire. Les deux espèces fréquentent le Manta Bowl.
- Diables de mer (autres espèces du genre Mobula) : nettement plus petits, souvent en groupes, bouche placée sous la tête et non à l'avant.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
La raie manta océanique est la plus grande des raies. Son envergure atteint 4,5 m en général, et bien plus chez les plus grandes. Elle a la forme d’un grand losange, avec deux nageoires en cornes de chaque côté d’une bouche large, placée à l’avant de la tête. DORIS l’appelle « manta géante ». Son nom scientifique a changé : on la classait dans le genre Manta, elle est aujourd’hui rangée dans Mobula.
Aux Philippines, on la confond facilement avec la raie manta de récif (Mobula alfredi), qui y est d’ailleurs plus souvent identifiée. Quatre critères aident. Sur le dos, la manta océanique est presque noire, avec deux taches blanches nettes qui dessinent un « T » ; la manta de récif a des taches plus floues, en « Y ». Sous le ventre, l’océanique a des taches sombres surtout vers l’arrière, une large marge grise au bord des ailes et une bouche sombre ; la manta de récif a la bouche claire. Enfin, l’océanique porte une petite bosse osseuse derrière la dorsale, absente chez sa cousine. Les individus entièrement noirs existent chez les deux espèces.
Où et quand l’observer aux Philippines
Une étude nationale publiée en 2022 a compilé les photos de plongeurs prises de 2004 à 2020 sur 22 sites. Elle a identifié 107 mantas océaniques et 392 mantas de récif. San Jacinto, dans le passage de Ticao, au nord de Masbate, compte parmi les principaux sites. Le Manta Bowl, un haut-fond d’environ 8 hectares au milieu de ce passage, se rejoint souvent depuis Donsol ; le magazine Maritime Review y signale les deux espèces. La manta océanique fréquente aussi Monad Shoal, au large de Malapascua, où des plongeurs l’ont signalée. Trois individus ont été suivis sur photo entre Cebu et Masbate, à 150 km de distance.
Nous n’avons pas trouvé de source fiable sur la meilleure saison : elle varie selon les sites et les années.
Biologie et comportement
La manta filtre le zooplancton en nageant bouche ouverte, les cornes déroulées en entonnoir. Elle vient sur les hauts-fonds pour se nourrir dans les courants et pour se faire nettoyer par de petits poissons. C’est une grande voyageuse, qui passe une bonne partie de sa vie au large. Sa reproduction est très lente : un petit, rarement deux, tous les deux ans ou plus.
Statut et protection
L’UICN la classe « En danger » (EN) depuis le 12 novembre 2019. Elle figure à l’annexe II de la CITES. Aux Philippines, l’ordonnance n° 193 de 1998 du Bureau des pêches (BFAR) interdit de capturer, vendre, détenir ou exporter les raies mantas. L’étude de 2022 relève pourtant une baisse de 80 % des observations de mantas océaniques à Daanbantayan et à San Jacinto, alors que le nombre de plongeurs augmente.
Bien l’observer et la photographier
Sur les hauts-fonds à courant, attendez au bord du plateau, posé sur une zone sans corail. Ne nagez pas vers la manta et ne passez jamais au-dessus d’elle : elle fuit les bulles qui lui arrivent dessus. Ne la touchez pas. Pour aider la recherche, photographiez son ventre : le motif des taches est unique à chaque individu. Envoyez ces photos aux programmes d’identification, comme celui du Manta Trust aux Philippines.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Mobula birostris, Manta géante
- WoRMS : Mobula birostris (Walbaum, 1792)
- FishBase : Mobula birostris, Giant manta
- Rambahiniarison et al. 2022 : distribution des mantas de récif et océaniques aux Philippines
- Manta Trust : Rambahiniarison et al. 2022
- Maritime Review : Giant and Reef Mobula Rays in the Philippines (2017)
- BFAR, ordonnance administrative n° 193 (1998)
- GBIF : Mobula birostris