Fiche n° 1355 · Faune · Tortues & mammifères

Tortue imbriquée

Eretmochelys imbricata

Asie Anilao Dauin Puerto Galera Bohol Apo Island

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-tortue-imbriquee/

Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Bec étroit et crochu comme celui d'un rapace, d'où son nom anglais « hawksbill ».
  • Écailles de la carapace qui se chevauchent comme des tuiles, au moins chez les jeunes ; bord arrière de la carapace dentelé.
  • Deux paires d'écailles entre les yeux (une seule chez la tortue verte).
  • Carapace ambrée marbrée de brun, de noir et de jaune ; écailles de la tête bordées de clair.
  • Carapace de 80 cm environ chez l'adulte, rarement plus d'1 m.
  • Fouille les anfractuosités du récif, la tête enfoncée dans les éponges et les coraux mous.

Noms

Nom usuel
Tortue imbriquée
Nom scientifique
Eretmochelys imbricata
Autres noms
Tortue à écailles · Caret · Pawikan · Hawksbill turtle
Synonymes
Testudo imbricata

Distribution géographique

Mers tropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique. Aux Philippines, elle fréquente presque tous les récifs coralliens ; les observations de plongeurs enregistrées par GBIF sont nombreuses à Anilao, à Dauin, à Puerto Galera et autour de Bohol.

Zones : Anilao · Dauin · Puerto Galera · Bohol · Apo Island — Asie

Biotope

Récifs coralliens et tombants rocheux, de la surface à une centaine de mètres, surtout dans les vingt premiers mètres. Les adultes restent souvent fidèles à une petite zone de récif.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

La tortue imbriquée se reconnaît à son bec crochu et à ses écailles en tuiles ; aux Philippines, on la croise sur la plupart des récifs, d'Anilao à Dauin. Restez à plus de 3 m, sans lui couper la route vers la surface, et ne la touchez jamais.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des éponges ; aussi coraux mous, anémones, méduses, mollusques, crustacés et algues. Les juvéniles sont plus omnivores.

Reproduction

Ponte nocturne sur les plages, 50 à 200 œufs par nid, plusieurs pontes par saison tous les 2 à 3 ans ; incubation de 60 à 80 jours, sexe des petits fixé par la température du sable. Maturité entre 20 et 30 ans (DORIS).

Conservation

En danger critique (UICN)

En danger critique (CR, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 30 juin 2008 selon SeaLifeBase. Annexe I de la CITES. Aux Philippines, la loi sur la faune sauvage (Republic Act 9147) interdit de tuer, de détenir ou de commercer les tortues marines. Menaces : commerce de l'écaille, prélèvement des œufs et de la viande, captures accidentelles, plastiques.

Espèces ressemblantes

  • Tortue verte (Chelonia mydas) : tête plus ronde et bec court, une seule paire d'écailles entre les yeux, écailles de la carapace jointives et non imbriquées, bord arrière lisse ; souvent sur les herbiers.
  • Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) : carapace presque ronde, gris olive, plus de cinq paires d'écailles latérales ; vue surtout en pleine eau ou sur les plages de ponte.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Tortues & mammifères

Identification

La tortue imbriquée doit son nom à sa carapace : les grandes écailles se chevauchent comme les tuiles d’un toit, surtout chez les jeunes. Le bord arrière de la carapace est dentelé. Sa tête est étroite et finit par un bec crochu, semblable à celui d’un rapace. La carapace est ambrée, marbrée de brun, de noir et de jaune. L’adulte mesure environ 80 cm de carapace, rarement plus d’un mètre. La photo de cette fiche a été prise à Anilao.

La confusion la plus fréquente est la tortue verte. Regardez la tête : la tortue verte a un museau rond et court, avec une seule paire d’écailles entre les yeux, contre deux chez l’imbriquée. Ses écailles de carapace se touchent sans se chevaucher. Aux Philippines, on l’appelle comme les autres tortues marines pawikan.

Où et quand l’observer aux Philippines

On la rencontre sur presque tous les récifs coralliens de l’archipel. Les observations de plongeurs versées dans GBIF sont particulièrement nombreuses à Anilao (Batangas), à Dauin (Negros oriental), à Puerto Galera (Mindoro) et autour de Bohol. Elle est aussi signalée à Apo Island. Elle se tient surtout dans les vingt premiers mètres, sur les tombants et les massifs coralliens. Aucune saison n’est documentée pour l’observation : on la croise toute l’année.

Biologie et comportement

C’est l’une des rares espèces à se nourrir surtout d’éponges, dont elle tolère les composés toxiques. Elle mange aussi des coraux mous, des anémones et des méduses. En broutant les éponges, elle laisse de la place aux coraux, ce qui en fait une actrice utile du récif. Les adultes restent souvent fidèles à un petit secteur, ce qui permet de revoir le même individu plongée après plongée.

La femelle pond la nuit, sur la plage où elle est née, de 50 à 200 œufs par nid. La température du sable fixe le sexe des petits. La maturité arrive tard, entre 20 et 30 ans selon DORIS.

Statut et protection

L’UICN la classe « En danger critique » (CR) depuis 2008. Elle a été chassée pendant des siècles pour son écaille, l’ancienne « écaille de tortue » des peignes et des bijoux. Elle figure à l’annexe I de la CITES, qui interdit ce commerce. Aux Philippines, les tortues marines sont protégées par la loi sur la faune sauvage, le Republic Act 9147 : la presse locale rapporte des peines de prison et des amendes pour leur capture, leur détention ou la vente de leur viande. Selon un groupe de conservation cité par MindaNews en 2025, toutes les tortues marines du pays sont classées en danger ou en danger critique par l’ordonnance du DENR n° 2019-09.

Bien l’observer et la photographier

Approchez doucement, de côté, et restez à quelques mètres. Ne vous placez jamais au-dessus d’une tortue : elle doit pouvoir remonter respirer à tout moment. Ne la touchez pas et ne la nourrissez pas. Si elle mange, attendez : elle reste souvent longtemps sur la même éponge, ce qui laisse le temps de cadrer. Un portrait de profil montre le bec et les écailles de la tête. Limitez le flash, et coupez-le si elle s’agite.

Sources