Fiche n° 1360 · Faune · Poissons
Napoléon
Cheilinus undulatus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-napoleon/
Clé d'identification
- Très grand labre, jusqu'à plus de 2 m ; 60 cm à 1 m le plus souvent chez les individus croisés en plongée.
- Bosse frontale marquée chez les grands adultes, au-dessus d'un œil petit.
- Lèvres épaisses et charnues, bouche protractile.
- Corps vert-bleu à vert olive, chaque écaille marquée d'une fine barre sombre ; lignes sinueuses bleu-vert et jaune sur la tête.
- Deux lignes noires obliques en arrière de l'œil, bien visibles chez les jeunes et les individus moyens.
- Nage lentement le long des tombants, souvent seul, et suit parfois les plongeurs à distance.
Noms
- Nom usuel
- Napoléon
- Nom scientifique
- Cheilinus undulatus
- Autres noms
- Labre géant · Labre napoléon · Mameng · Humphead wrasse · Napoleon wrasse
- Synonymes
- Cheilinus mertensii · Cheilinus godeffroyi
Distribution géographique
Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'aux Tuamotu, du sud du Japon à la Nouvelle-Calédonie. Aux Philippines, il est devenu rare sur les récifs pêchés ; Tubbataha, parc fermé à la pêche, est le site où on l'observe le plus sûrement. Il est aussi signalé à Puerto Galera et à Apo Reef (Mindoro).
Zones : Tubbataha · Puerto Galera — Asie
Biotope
Tombants externes, pentes et passes des récifs coralliens, de 1 à 100 m. Les juvéniles vivent dans les herbiers, les coraux branchus et les lagons ; les adultes se réfugient la nuit dans des grottes ou sous les surplombs.
Profondeur : 1 – 100 m
Repères pour le plongeur
Le napoléon, grand labre à bosse frontale et à grosses lèvres, se voit surtout à Tubbataha, où la pêche est interdite. Laissez-le approcher de lui-même, sans le poursuivre ni le nourrir : un poisson habitué aux plongeurs devient une proie facile pour les pêcheurs.
Meilleure saison : Mi-mars à mi-juin à Tubbataha (saison des croisières) · Toute l'année ailleurs
Biologie
Alimentation
Mollusques, poissons, oursins, crustacés et autres invertébrés ; l'un des rares prédateurs d'animaux toxiques comme les poissons-coffres et l'étoile de mer couronne-d'épines.
Reproduction
Hermaphrodite protogyne : femelle d'abord, mâle ensuite. Ovipare, ponte en couple et en agrégations de frai, sans soins parentaux. Maturité à partir d'environ 52 cm ; longévité jusqu'à 32 ans.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, statut attribué en 2004 et confirmé par l'évaluation du 17 juillet 2024 selon FishBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES depuis 2004. Aux Philippines, il est protégé de fait à Tubbataha, géré en zone de non-prélèvement (Republic Act 10067) ; les sources consultées ne citent pas d'interdiction nationale propre à l'espèce. Menace principale : la pêche pour le commerce des poissons de récif vivants.
Espèces ressemblantes
- Perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum) : bosse frontale semblable, mais bec en plaques dentaires bien visible, corps vert-gris sans lignes sur la tête ; nage en groupes serrés qui broutent le corail.
- Mérou géant (Epinephelus lanceolatus) : aussi massif, signalé à Tubbataha, mais grande bouche de mérou, tête plate sans bosse et taches ou marbrures sombres et jaunes ; reste près du fond.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le napoléon est le plus grand des labres. Les individus croisés en plongée mesurent souvent de 60 cm à 1 m, mais les plus grands mâles dépassent 2 m. Les adultes portent une bosse frontale bien marquée, au-dessus d’un petit œil. Les lèvres sont épaisses et charnues. Le corps est vert-bleu à vert olive, et chaque écaille porte une fine barre sombre. Des lignes sinueuses bleu-vert et jaune ornent la tête, et deux traits noirs obliques partent de l’œil vers l’arrière. La photo de cette fiche montre un grand napoléon à Apo Reef, au large de Mindoro.
La confusion possible est le perroquet à bosse, qui a aussi une bosse frontale. Celui-ci se reconnaît à son bec formé de plaques dentaires, à sa robe vert-gris unie et à ses déplacements en groupes serrés. Le napoléon, lui, vit le plus souvent seul.
Où et quand l’observer aux Philippines
Le napoléon vivait sur la plupart des récifs de l’archipel. Il est devenu rare là où l’on pêche, car il est très recherché par le commerce des poissons vivants destinés aux restaurants d’Asie. Une bonne partie des données GBIF du pays viennent d’ailleurs de spécimens achetés sur des marchés, de Cebu à Bolinao.
Le meilleur site reste Tubbataha, au milieu de la mer de Sulu. Le parc compte le napoléon parmi ses espèces menacées, et de nombreuses observations de plongeurs y sont enregistrées, par exemple sur l’épave de l’atoll sud. On n’y plonge qu’en croisière, de mi-mars à mi-juin. Ailleurs, l’espèce est signalée à Puerto Galera, notamment à West Escarceo, et à Apo Reef.
Biologie et comportement
Le napoléon chasse le jour le long des tombants. Il broie les coquillages, les oursins et les crustacés, et c’est l’un des rares poissons à manger des proies toxiques, comme les poissons-coffres ou l’étoile de mer couronne-d’épines, qui dévore le corail. La nuit, il dort dans une grotte ou sous un surplomb, souvent au même endroit.
Il est hermaphrodite : il naît femelle et certains individus deviennent mâles en grandissant. Il se reproduit en couple ou lors de rassemblements de ponte. Il vit jusqu’à 32 ans, mais n’est mature que vers 50 cm, ce qui le rend très sensible à la pêche.
Statut et protection
L’UICN le classe « En danger » (EN), statut confirmé le 17 juillet 2024. Il figure à l’annexe II de la CITES depuis 2004, ce qui encadre son commerce international. Le WWF a appelé les pays du Triangle de corail, dont les Philippines, à suspendre son commerce et sa consommation. Nous n’avons pas trouvé d’interdiction nationale propre à l’espèce. À Tubbataha, en revanche, la loi du parc (Republic Act 10067) interdit toute pêche et tout prélèvement.
Bien l’observer et la photographier
Le napoléon est curieux et vient souvent voir les plongeurs. Laissez-le approcher sans le poursuivre, et ne le nourrissez jamais : un poisson qui s’habitue à l’homme se laisse ensuite facilement capturer. Restez en flottabilité neutre le long du tombant, sans vous accrocher au corail. Pour la photo, attendez qu’il passe de profil ou qu’il vous fasse face : la bosse et les lignes de la tête font le portrait. En eau bleue, un flash doux réveille ses couleurs vertes.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Cheilinus undulatus, Napoléon
- WoRMS : Cheilinus undulatus Rüppell, 1835
- FishBase : Cheilinus undulatus, Humphead wrasse
- ASEAN Centre for Biodiversity : Tubbataha Reefs Natural Park
- Republic Act 10067 : Tubbataha Reefs Natural Park Act
- GMA News : WWF urges moratorium on mameng exports
- GBIF : observations de Cheilinus undulatus aux Philippines
- GBIF : Cheilinus undulatus