Fiche n° 1395 · Flore · Éponges & tuniciers
Éponge éventail jaune
Ianthella basta
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-flore-eponge-eventail-jaune/
Clé d'identification
- Grande lame dressée en éventail, d'où ses noms anglais d'« oreille d'éléphant » et d'« éponge papier ».
- Deux formes de couleur : jaune vif, la plus remarquée, et violette.
- Sur les récifs balayés par un courant soutenu.
- Pas de polypes ni de branches distinctes, à la différence d'une gorgone éventail.
Noms
- Nom usuel
- Éponge éventail jaune
- Nom scientifique
- Ianthella basta
- Autres noms
- Éponge oreille d'éléphant · Elephant ear sponge · Paper sponge · Scroll sponge
Distribution géographique
Indo-Pacifique occidental, abondante de l'Indonésie et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée au nord de l'Australie. Aux Philippines, GBIF compte une trentaine d'occurrences, surtout à Anilao, avec quelques mentions à Puerto Galera et Bohol.
Zones : Anilao · Puerto Galera · Bohol — Asie
Biotope
Récifs coralliens balayés par un courant soutenu, sur les pentes et les tombants ; SeaLifeBase donne une plage de 0 à 100 m.
Profondeur : 0 – 100 m
Repères pour le plongeur
Grande lame jaune vif, parfois violette, dressée en éventail sur les pentes d'Anilao, Puerto Galera ou Bohol. Une éponge fragile : on la regarde sans s'y accrocher.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Filtreuse : elle pompe l'eau du courant et en retient les particules et les bactéries. Trois groupes de microbes symbiotiques forment plus de 90 % de sa communauté microbienne (Engelberts et al., 2023).
Reproduction
Ovipare et hermaphrodite comme les autres démosponges, selon SeaLifeBase ; la larve nage puis se fixe et donne une jeune éponge. Aucune donnée propre aux Philippines n'a été trouvée.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) par l'UICN et non listée à la CITES selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2, consultée le 18 octobre 2026). En Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Australie, elle souffre d'un syndrome de taches brunes et de nécrose dont la cause reste inconnue (Luter et al., 2010).
Espèces ressemblantes
- Gorgone géante (Annella mollis) : éventail fait de branches en réseau, couvertes de polypes qui s'ouvrent dans le courant — voir fiche liée.
- Forme violette d'Ianthella basta : même espèce, même port en éventail, seule la couleur change.
- Éponge baril (Xestospongia testudinaria) : tonneau épais ouvert au sommet, jamais une lame mince — voir fiche liée.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Éponges & tuniciers
Identification
Rangée dans la « flore » du site, l’éponge éventail jaune est un animal : un spongiaire de la classe des démosponges, qui vit en filtrant l’eau. Les anglophones l’appellent « oreille d’éléphant » ou « éponge papier », deux noms qui décrivent bien sa forme.
Elle dresse une grande lame en éventail sur les récifs où le courant est fort. L’espèce existe sous deux couleurs : jaune vif, la plus remarquée, et violette. Le nom retenu ici ne vaut donc que pour la forme jaune : une éponge violette de même allure appartient à la même espèce.
DORIS n’a pas de fiche pour Ianthella basta. L’identification s’appuie ici sur WoRMS, SeaLifeBase et la littérature scientifique. Au nord de l’Australie, une étude génétique de 2012 a trouvé trois lignées distinctes qui ne suivent pas la couleur. Le nom recouvre donc peut-être plusieurs espèces cryptiques, impossibles à séparer à l’œil.
Où et quand l’observer aux Philippines
GBIF compte une trentaine d’occurrences aux Philippines, en grande majorité des photos iNaturalist. La plupart viennent d’Anilao, avec quelques mentions à Puerto Galera et à Bohol. D’autres sites en abritent sans doute, mais les données publiées ne permettent pas de les nommer.
Cherchez-la sur les pentes et les tombants balayés par le courant, là où elle trouve sa nourriture. SeaLifeBase donne une plage de 0 à 100 m, mais les plongeurs la croisent surtout dans la zone récréative. Fixée, elle s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Comme toute éponge, elle pompe l’eau à travers ses tissus et en retient les particules. Elle héberge un microbiome très stable : trois groupes de microbes symbiotiques forment plus de 90 % de sa communauté, et ils se transmettent aux larves. L’éponge produit aussi des bastadines, des molécules bromées étudiées pour leurs effets anti-salissures et sur les cellules cancéreuses.
Sa croissance a été étudiée par Rohde et Schupp : un individu de 1,70 m de haut a été estimé à environ huit ans. Selon SeaLifeBase, elle est ovipare et hermaphrodite, comme les autres démosponges : la larve nage un temps, puis se fixe pour donner une nouvelle éponge.
Une petite holothurie, Synaptula lamperti, vit étroitement associée à l’éponge et profite de substances qu’elle libère.
Statut et protection
L’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE) et n’est pas listée à la CITES, selon SeaLifeBase consulté le 18 octobre 2026. Aucune protection propre n’a été trouvée aux Philippines.
En Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Australie, beaucoup d’individus montrent des taches brunes, des tissus nécrosés et des fibres mises à nu. L’étude de Luter et ses collègues, en 2010, n’a pas trouvé de microbe responsable, et la cause reste inconnue. Sa présence aux Philippines n’a pas été documentée dans les sources consultées.
Bien l’observer et la photographier
Ne vous accrochez jamais à la lame pour résister au courant : comme toutes les éponges, elle se blesse facilement. Restez en flottabilité neutre, palmes loin de l’éponge.
En photo, cadrez l’éventail entier en contre-plongée, avec le bleu en fond : le jaune ressort très bien. Un plongeur à distance donne l’échelle. Regardez ensuite la surface de près, sans la toucher, pour repérer les holothuries Synaptula.
Sources
- WoRMS : Ianthella basta (Pallas, 1766)
- SeaLifeBase : Ianthella basta, Elephant ear sponge
- GBIF : occurrences d’Ianthella basta aux Philippines
- Luter et al. 2010, Applied and Environmental Microbiology : rôle des microbes dans le syndrome d’Ianthella basta
- Andreakis et al. 2012, Zoological Journal of the Linnean Society : spéciation cryptique chez Ianthella basta
- Engelberts et al. 2023, Environmental Microbiology : microbiome d’Ianthella basta
- Wikipedia (en) : Ianthella basta