Fiche n° 1061 · Faune · Poissons

Mérou géant

Epinephelus lanceolatus

Afrique Mer Rouge

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-merou-geant/

Mérou géant (Epinephelus lanceolatus)
Photo : Christo.j.brown — CC0 1.0 — source

Clé d'identification

  • Taille hors norme : le plus grand mérou du monde, couramment autour de 2 m, jusqu'à 2,70 m.
  • Silhouette robuste en fer de lance : tête relativement pointue, pédoncule caudal rétréci, grande caudale arrondie.
  • Adulte terne, gris à brun foncé, ponctué de petites taches blanchâtres sur le corps mais pas sur les nageoires.
  • Nageoires jaunâtres semées de petits points noirs ; elles s'assombrissent chez les très grands adultes.
  • Yeux petits par rapport à la tête, bouche très large aux lèvres épaisses.
  • Juvénile de moins de 15 cm jaune avec trois grandes zones noires irrégulières, rarement vu.

Noms

Nom usuel
Mérou géant
Nom scientifique
Epinephelus lanceolatus
Autres noms
Loche géante · Mérou lancéolé · Mérou tigre géant · Loche carite · Giant grouper
Synonymes
Holocentrus lanceolatus · Promicrops lanceolatus · Serranus lanceolatus

Distribution géographique

Tout l'Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de la côte est-africaine jusqu'à Hawaï, la Polynésie et l'île de Pâques ; au nord jusqu'au sud du Japon, au sud jusqu'à l'Australie et à l'Afrique du Sud. Absent du golfe Persique. En Égypte, GBIF recense des observations de plongeurs en mer Rouge, du golfe de Suez au sud de Marsa Alam.

Zones : Mer Rouge — Afrique

Biotope

Lagons, pentes externes des récifs, grottes, abords d'épaves, ports et estuaires profonds, y compris en eau trouble ou saumâtre. De la surface à 100 m selon DORIS (200 m selon FishBase), le plus souvent au-dessus de 50 m.

Profondeur : 1 – 100 m

Repères pour le plongeur

Le mérou géant (Epinephelus lanceolatus), plus grand mérou du monde, est présent mais rare en mer Rouge égyptienne, surtout près des épaves, des grottes et des tombants. Gardez vos distances et ne le nourrissez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Grand prédateur des récifs : poissons osseux et cartilagineux (petits requins, raies), poulpes, langoustes et gros crabes ; de jeunes tortues ont été trouvées dans des contenus stomacaux.

Reproduction

Hermaphrodite, capable de changer de sexe selon la structure de la population. Mature vers 1,30 m et 6 ans, longévité estimée à 37 ans. Se rassemble chaque année en certains lieux pour frayer.

Conservation

Données insuffisantes (UICN)

Données insuffisantes (DD) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation de 2016 ; l'espèce était classée Vulnérable en 1996 et 2006 et sa population est jugée en déclin. Vulnérabilité à la pêche très élevée selon FishBase. Captures limitées ou interdites en Australie, en Afrique du Sud, au Mozambique et à Mayotte notamment.

Espèces ressemblantes

  • Mérou patate (Epinephelus tukula) : grandes taches sombres ovales bien séparées sur une robe claire, nageoires brunes ; présent en mer Rouge.
  • Mérou marron (Epinephelus fuscoguttatus) : avant du corps plus trapu, larges zones blanchâtres ponctuées de noir, nageoires plus sombres ; 1,20 m au plus.
  • Mérou camouflage (Epinephelus polyphekadion) : robe brune à larges taches claires sur le dos et points noirs vers le ventre ; 90 cm au plus.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Epinephelus lanceolatus, que DORIS nomme loche géante, est le plus grand mérou du monde. DORIS le décrit couramment autour de 2 m, et FishBase retient un maximum de 2,70 m pour 400 kg. Sa taille suffit souvent à le reconnaître : aucun autre mérou de mer Rouge n’en approche.

La silhouette est robuste mais allongée vers l’arrière. La tête est relativement pointue, le pédoncule caudal se rétrécit, et l’ensemble évoque un fer de lance, d’où son nom latin. La caudale, imposante, est arrondie. La bouche est très large, bordée de lèvres épaisses, alors que les yeux paraissent petits pour un poisson de ce gabarit. La dorsale est continue, avec 11 épines suivies de 14 à 16 rayons mous.

La robe de l’adulte est terne, du gris au brun foncé, ponctuée de petites taches blanchâtres sur le corps. Les nageoires tranchent par leur teinte jaunâtre semée de petits points noirs ; chez les plus grands individus, elles s’assombrissent. Le juvénile ne ressemble pas à l’adulte : sous 15 cm, il est jaune avec trois grandes zones noires irrégulières, et il reste caché dans le récif.

Le mérou patate, Epinephelus tukula, est la principale confusion en mer Rouge : ses grandes taches sombres ovales se détachent nettement sur une robe claire, et ses nageoires sont brunes. Le mérou marron et le mérou camouflage ne dépassent pas 1,20 m et 90 cm.

Où et quand l’observer en Égypte

DORIS et FishBase incluent la mer Rouge dans l’aire de répartition de l’espèce. Pour l’Égypte, GBIF recense quelques observations de plongeurs, du golfe de Suez au sud de Marsa Alam, dont certaines localisées sur les épaves du Thistlegorm et du Salem Express. Ces données participatives ne sont pas validées par un spécialiste, et leur faible nombre confirme que la rencontre reste rare.

Le mérou géant fréquente les lagons, les pentes externes, les grottes et les abords d’épaves, souvent à faible profondeur. DORIS fixe sa limite à 100 m, FishBase à 200 m, mais l’essentiel des observations se fait au-dessus de 50 m. Aucune saison particulière n’est documentée pour la mer Rouge.

Biologie et comportement

C’est un prédateur au menu varié : poissons osseux, petits requins et raies, poulpes, langoustes et gros crabes. DORIS signale aussi de jeunes tortues dans des contenus stomacaux. Sa bouche protractile aspire la proie, que ses canines recourbées empêchent de s’échapper. Un individu suivi en Nouvelle-Calédonie se nourrissait surtout à l’aube et au crépuscule.

L’espèce est hermaphrodite et change de sexe selon la composition de la population. Elle devient mature vers 1,30 m, soit environ 6 ans, et vivrait jusqu’à 37 ans. Les adultes se rassemblent chaque année sur des sites de frai, d’octobre à décembre en Nouvelle-Calédonie et de novembre à février à Zanzibar. Le reste du temps, le gros individu est solitaire et sédentaire, parfois escorté de rémoras, de poissons-pilotes ou de petites carangues.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en Données insuffisantes (DD) depuis son évaluation de 2016, après l’avoir jugée Vulnérable en 1996 et 2006. Sa population est considérée comme déclinante. FishBase lui attribue une vulnérabilité à la pêche très élevée et une résilience très faible. Sa capture facile, surtout pendant le frai, et son statut de trophée de chasse sous-marine l’ont fait disparaître de certaines zones. Plusieurs pays limitent ou interdisent sa capture ; les sources consultées ne citent pas de réglementation propre à l’Égypte.

Bien l’observer et la photographier

Gardez vos distances. FishBase classe l’espèce comme pouvant blesser l’homme et mentionne des récits d’attaques non confirmés. Ne le nourrissez jamais et ne vous placez pas entre lui et l’entrée de son abri, surtout sur une épave. Approchez à l’horizontale, lentement, en restant au-dessus du fond.

Pour l’identification, une vue de profil qui montre à la fois la forme de la caudale et les nageoires jaunes ponctuées de noir est la plus parlante. Un grand angle s’impose. Dans l’eau souvent chargée autour des épaves, rapprochez-vous plutôt que de compter sur le zoom.

Sources