Fiche n° 1057 · Faune · Tortues & mammifères

Tortue imbriquée

Eretmochelys imbricata

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-tortue-imbriquee/

Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata)
Photo : Derek Keats from Johannesburg, South Africa — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Bec pointu et crochu, en forme de bec de faucon.
  • Deux paires de plaques préfrontales entre les yeux, qui dessinent une ligne claire (une seule paire chez la tortue verte).
  • Quatre paires de plaques costales épaisses, qui se chevauchent comme des ardoises.
  • Bord arrière de la carapace dentelé en dents de scie, surtout chez les jeunes.
  • Écailles à motifs flammés jaunes et brun sombre.
  • Deux griffes sur chaque nageoire antérieure.

Noms

Nom usuel
Tortue imbriquée
Nom scientifique
Eretmochelys imbricata
Autres noms
Tortue à écailles · Tortue à bec de faucon · Caret · Hawksbill sea turtle
Synonymes
Testudo imbricata · Eretmochelys squamosa

Distribution géographique

Circumtropicale : Indo-Pacifique et Atlantique, de plus en plus rare en Méditerranée. En Égypte, des observations publiées sur GBIF couvrent le sud du Sinaï, la côte d'El-Quseir et de Marsa Alam, et le sud jusque vers 24° N.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs coralliens et fonds durs côtiers, où elle cherche éponges et invertébrés. Les juvéniles vivent en pleine mer leurs deux premières années ; les adultes restent près des côtes et ne gagnent le large que pour migrer.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Tortue à bec de faucon et à écailles flammées qui se chevauchent, vue toute l'année sur les récifs égyptiens, souvent la tête dans le corail à la recherche d'éponges. Restez à distance, sans la toucher ni lui couper la route vers la surface.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des éponges ; aussi coraux mous, méduses, mollusques, crustacés, échinodermes, ascidies et algues. Les juvéniles sont plus omnivores.

Reproduction

Ponte nocturne sur les plages, 50 à 200 œufs par nid, 4 à 5 pontes par saison tous les 2 à 3 ans ; incubation de 60 à 80 jours, sexe fixé par la température. Maturité entre 20 et 30 ans (DORIS).

Conservation

En danger critique (UICN)

En danger critique (CR, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 30 juin 2008 selon SeaLifeBase. Inscrite à l'annexe I de la CITES et à l'appendice I de la convention de Bonn. Menaces : commerce de l'écaille, prélèvement des œufs et de la viande, captures accidentelles, plastiques.

Espèces ressemblantes

  • Tortue verte (Chelonia mydas) : une seule paire de préfrontales, bec arrondi, carapace plus large et plus lisse, bords non dentelés ; elle broute les herbiers.
  • Tortue caouanne (Caretta caretta) : cinq paires de plaques costales et tête bien plus massive.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Tortues & mammifères

Identification

La tortue imbriquée est une tortue marine de taille moyenne. Sa carapace mesure en moyenne 80 cm pour environ 70 kg selon DORIS, et les plus grands individus approchent 1 m. Sa tête étroite se termine par un bec pointu et crochu, en bec de faucon, qui lui a valu son nom anglais de hawksbill.

Son nom français vient de ses plaques de carapace, épaisses, qui se recouvrent comme les ardoises d’un toit. Ce chevauchement s’atténue avec l’âge sans disparaître. Les écailles portent des flammes jaunes et brun sombre, et le bord arrière de la carapace est dentelé en dents de scie, surtout chez les jeunes. Chaque nageoire antérieure porte deux griffes.

Le critère décisif se voit sur la tête : deux paires de plaques préfrontales entre les yeux, qui dessinent une ligne claire. La tortue verte, l’autre tortue des récifs égyptiens, n’en a qu’une paire. Elle a aussi un bec court et arrondi et une carapace plus large et plus lisse. La caouanne, que DORIS cite aussi comme confusion possible, a cinq paires de plaques costales au lieu de quatre. Chez les adultes de plus de 60 cm, le mâle se reconnaît à sa queue plus longue et plus large.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce vit dans toutes les mers tropicales. Sur GBIF, plus de 500 observations sont rattachées à l’Égypte. Elles viennent en grande partie d’iNaturalist et couvrent le sud du Sinaï, la côte d’El-Quseir et de Marsa Alam, et le Grand Sud jusque vers 24° N. Leurs coordonnées sont floutées à 30 km pour protéger l’espèce.

Ces observations sont datées de la plupart des mois de l’année, en hiver comme en été : aucune saison particulière n’est documentée pour la croiser en plongée. Les adultes restent sur les récifs coralliens, près des éponges dont ils se nourrissent. DORIS indique qu’elle peut plonger jusqu’à une centaine de mètres. C’est, selon DORIS, la tortue marine que les plongeurs rencontrent le plus souvent, justement parce qu’elle vit sur le récif.

Biologie et comportement

C’est une spécialiste des éponges, que son bec étroit lui permet d’extraire des fissures du corail. Elle mange aussi des coraux mous, des méduses, des mollusques, des crustacés et des ascidies. Les juvéniles, plus omnivores, passent leurs deux premières années en pleine mer avant de s’installer sur les récifs. Adulte, elle peut rester jusqu’à 73 minutes en apnée.

La maturité vient tard, entre 20 et 30 ans. Les femelles pondent tous les deux à trois ans, de nuit, 50 à 200 œufs par nid, et reviennent pondre sur leur plage de naissance. La température du sable fixe le sexe des jeunes. Selon DORIS, un seul nouveau-né sur mille environ atteint l’âge adulte.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « En danger critique » (CR, critères A2bd), selon l’évaluation du 30 juin 2008 citée par SeaLifeBase. Elle est inscrite à l’annexe I de la CITES, qui interdit le commerce international de ses produits, et à l’appendice I de la convention de Bonn sur les espèces migratrices. Sa carapace, l’« écaille » des bijoux et des montures de lunettes, reste la cause historique de son déclin. S’y ajoutent les captures accidentelles, le pillage des nids et les plastiques.

Bien l’observer et la photographier

Une tortue occupée à fouiller le corail ne doit pas être dérangée. Arrivez par le côté, lentement, et stabilisez-vous au-dessus du récif sans poser les palmes sur les éponges qu’elle cible. Si elle se dirige vers la surface, dégagez-lui le passage : elle doit respirer.

Pour l’identifier, cadrez le profil de la tête. Le bec crochu et les préfrontales s’y voient nettement et lèvent le doute avec la tortue verte. Ne la touchez pas, ne vous accrochez pas à sa carapace et n’utilisez pas le flash à courte distance face à ses yeux.

Sources