Fiche n° 1063 · Faune · Poissons

Napoléon

Cheilinus undulatus

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-napoleon/

Napoléon (Cheilinus undulatus)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Très grand labre au corps haut, jusqu'à plus de 2 m pour les plus gros mâles ; 60 cm le plus souvent.
  • Adulte : grosse bosse sur le front, qui peut dépasser en avant de l'œil, et lèvres épaisses et charnues.
  • Deux lignes noires partant de l'œil vers l'arrière, visibles chez le juvénile comme chez l'adulte.
  • Corps olive à vert, chaque écaille marquée d'une courte barre sombre verticale ; tête bleu-vert à bleue striée de lignes jaunâtres.
  • Juvénile plus clair, presque blanchâtre, avec des barres sombres sur les écailles.
  • Nageoire caudale arrondie.

Noms

Nom usuel
Napoléon
Nom scientifique
Cheilinus undulatus
Autres noms
Kakatoi vareur · Humphead wrasse · Napoleon wrasse

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge à l'Afrique du Sud et jusqu'aux Tuamotu. En Égypte, GBIF recense des observations au Sud-Sinaï (Charm el-Cheikh, parc national de Ras Mohammed), dans la région de Hurghada et de Safaga, aux Brothers, autour de Marsa Alam, à Daedalus, et jusqu'à Wadi El-Gemal, Hamata et St Johns.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Pentes externes et tombants des récifs, pentes de chenaux et récifs de lagon, le plus souvent entre 2 et 60 m (0 à 100 m au total). Les juvéniles vivent dans les lagons riches en coraux, parmi les acropores branchus, ou dans les herbiers.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Plus grand labre du monde, reconnaissable à sa bosse frontale et aux deux lignes noires derrière l'œil : en mer Rouge égyptienne, il patrouille les tombants de jour et se repose sous les surplombs la nuit. Espèce en danger : ni contact, ni nourrissage, ni poursuite.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mollusques, poissons, oursins, crustacés et autres invertébrés ; l'un des rares prédateurs d'animaux toxiques comme les lièvres de mer, les poissons-coffres et l'étoile de mer couronne-d'épines.

Reproduction

Hermaphrodite protogyne : femelle d'abord, mâle ensuite. Ovipare, fécondation externe, ponte en couple et en agrégations de frai, sans soins parentaux. Maturité à partir d'environ 52 cm ; longévité jusqu'à 32 ans.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, statut attribué en 2004 et confirmé par l'évaluation du 17 juillet 2024 selon FishBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES depuis 2004. Menace principale : la pêche pour le commerce des poissons de récif vivants.

Espèces ressemblantes

  • Perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum) : autre géant du récif présent en mer Rouge, lui aussi doté d'une bosse frontale, mais il est vert foncé uni, a un bec de perroquet à la place des lèvres charnues, ne dépasse pas 1,30 m et vit souvent en petits groupes.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le napoléon est le plus grand de tous les labres. La plupart des individus mesurent autour de 60 cm, mais les plus gros mâles dépassent 2 m : FishBase retient 229 cm de longueur standard et 191 kg. Le corps est haut, la nageoire caudale arrondie.

Chez l’adulte, deux traits sautent aux yeux. Une grosse bosse frontale, qui peut avancer au-delà de l’œil, lui a valu ses noms anglais de humphead wrasse. Les lèvres sont épaisses et charnues. La robe est olive à verte, chaque écaille portant une courte barre sombre verticale, ce qui donne au flanc un aspect finement ondulé ; c’est le sens du nom undulatus. La tête, bleu-vert à bleue, est striée de lignes jaunâtres.

Le critère le plus fiable, à tout âge, reste les deux lignes noires qui partent de l’œil vers l’arrière. Le juvénile, sans bosse, est beaucoup plus clair, presque blanchâtre, avec des barres sombres sur les écailles.

En mer Rouge, le seul géant à bosse avec lequel on pourrait le confondre est le perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum). Ce dernier est vert foncé uni, porte un bec de perroquet au lieu de lèvres charnues, ne dépasse pas 1,30 m et circule souvent en petits groupes.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce vit dans tout l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge à l’Afrique du Sud et jusqu’aux Tuamotu. En Égypte, GBIF recense plus de 550 observations, pour l’essentiel des photos de plongeurs validées sur iNaturalist. Elles couvrent toute la côte : le Sud-Sinaï autour de Charm el-Cheikh et dans le parc national de Ras Mohammed, la région de Hurghada et de Safaga, les récifs du large comme les Brothers et Daedalus, puis Marsa Alam, Wadi El-Gemal, Hamata et les récifs de St Johns, dans le Grand Sud.

Cherchez-le sur les pentes externes et les tombants, dans les chenaux et sur les récifs de lagon. FishBase le situe le plus souvent entre 2 et 60 m. Les juvéniles restent dans les lagons riches en coraux, parmi les acropores branchus. Aucune saison particulière n’est documentée : les observations égyptiennes s’étalent sur les douze mois.

Biologie et comportement

Le napoléon parcourt le récif de jour et se repose la nuit dans des cavités ou sous des surplombs. Il vit seul ou en couple et occupe un domaine vital restreint. Il se nourrit de mollusques, de poissons, d’oursins et de crustacés. Il fait partie des rares prédateurs capables de consommer des animaux toxiques : lièvres de mer, poissons-coffres et même l’étoile de mer couronne-d’épines, grande dévoreuse de corail.

C’est un hermaphrodite protogyne : les individus sont d’abord femelles, puis certains deviennent mâles. La maturité arrive vers 52 cm. La ponte se fait en couple, en pleine eau, souvent au sein d’agrégations de frai, et les parents ne s’occupent pas des œufs. Il peut vivre jusqu’à 32 ans. Cette croissance lente explique sa fragilité face à la pêche.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN, critères A2bcd), statut qu’elle porte depuis 2004 et que l’évaluation du 17 juillet 2024, citée par FishBase, a confirmé. Le napoléon est inscrit à l’annexe II de la CITES depuis 2004. Sa principale menace est la pêche destinée au commerce des poissons de récif vivants, vers les restaurants d’Asie de l’Est. Plusieurs pays l’ont protégé, dont l’Australie, les Maldives et Taïwan. Des cas de ciguatera ont aussi été signalés après consommation.

Bien l’observer et la photographier

Pour une photo qui prouve l’identification, cadrez la tête de profil : la bosse, les lèvres et les deux lignes noires derrière l’œil doivent être visibles. Un grand-angle s’impose pour un adulte. Approchez-le à hauteur, lentement, sans lui couper la route vers le bleu ou le récif, et laissez-le régler la distance. Ne le touchez pas et ne le nourrissez jamais. En plongée de nuit, s’il dort sous un surplomb, éclairez-le brièvement et de côté plutôt qu’en plein faisceau, et ne cherchez pas à le déloger.

Sources