Fiche n° 1097 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou dendronephthya

Dendronephthya spp.

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corail-mou-dendronephthya/

Corail mou dendronephthya (Dendronephthya spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie molle et ramifiée, gonflée d'eau, sans squelette calcaire massif.
  • Tissus translucides où l'on voit par transparence les sclérites, petites aiguilles calcaires en fuseau.
  • Couleurs généralement vives, qui varient d'une colonie à l'autre.
  • Polypes à huit tentacules plumeux, groupés en bouquets au bout des branches.
  • Installée sur les tombants abrupts et les structures verticales exposées au courant.

Noms

Nom usuel
Corail mou dendronephthya
Nom scientifique
Dendronephthya spp.
Autres noms
Corail mou arborescent · Dendronephthya
Synonymes
Spongodes (ancien nom de genre)

Distribution géographique

Mer Rouge, océan Indien et Pacifique. En Égypte, Dendronephthya hemprichi est signalé sur GBIF du Sinaï (Ras Mohammed) au Grand Sud (Zabargad, Shalatin), en passant par Hurghada, Safaga, Wadi El-Gemal–Hamata et les récifs du large (Brothers, Daedalus).

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs à fort courant, tombants abrupts et structures verticales, y compris artificielles. Dendronephthya sinaiensis, autre espèce du nord de la mer Rouge, préfère les zones plus sombres au-delà de 18 m.

Repères pour le plongeur

Corail mou aux couleurs vives, sans algues symbiotiques, qui se nourrit de phytoplancton dans le courant des tombants de la mer Rouge. Observez-le en flottabilité neutre, sans le toucher : ses tissus gonflés d'eau se déchirent facilement.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Suspensivore passif sans zooxanthelles : surtout du phytoplancton apporté par le courant ; le zooplancton (larves de mollusques) couvre moins de 5 % de ses besoins en carbone chez D. hemprichi.

Reproduction

Reproduction sexuée toute l'année chez D. hemprichi ; multiplication asexuée par fragments que la colonie détache, qui coulent et se fixent sur le fond.

Conservation

Statut non précisé

Aucune évaluation UICN trouvée pour le genre ni pour D. hemprichi (site de l'UICN inaccessible lors de la vérification, octobre 2026). Espèce pionnière à croissance rapide, mais colonies fragiles au contact.

Espèces ressemblantes

  • Dendronephthya sinaiensis : autre espèce du genre commune au nord de la mer Rouge, plutôt sous 18 m et dans la pénombre ; on ne la distingue de D. hemprichi qu'à la forme des polypes et des sclérites, pas à l'œil nu.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le dendronephthya est un animal : un octocoralliaire de la famille des Nephtheidae, cousin des gorgones. Le genre compte plus de 250 espèces décrites, souvent très difficiles à séparer. En mer Rouge égyptienne, l’espèce la plus signalée est Dendronephthya hemprichi, décrite par Klunzinger en 1877 sous le nom de Spongodes hemprichi ; D. klunzingeri y est aussi photographiée.

La colonie ressemble à un petit arbre mou. Elle n’a pas de squelette calcaire massif : elle tient debout grâce à l’eau qui la gonfle. Ses tissus sont assez translucides pour laisser voir les sclérites, de fines aiguilles calcaires en fuseau. Les colonies sont généralement de couleur vive, mais la teinte varie et ne suffit pas à reconnaître une espèce. Au bout des branches, les polypes forment des bouquets serrés, chacun portant huit tentacules plumeux.

Dendronephthya sinaiensis, l’autre espèce commune du nord de la mer Rouge, lui ressemble beaucoup. Les chercheurs la distinguent à la forme des polypes et des sclérites, ce qui est impossible en plongée : restez au niveau du genre.

Où et quand l’observer en Égypte

Le dendronephthya recherche le courant. On le trouve sur les tombants abrupts et sur les structures verticales exposées au flux, y compris artificielles. Les observations déposées sur GBIF couvrent toute la côte : Ras Mohammed au Sinaï, Hurghada, Safaga, Wadi El-Gemal–Hamata, Zabargad et Shalatin dans le Grand Sud, et les récifs du large, Brothers et Daedalus. D. sinaiensis descend plus bas, au-delà de 18 m et dans la pénombre. Aucune saison particulière n’est documentée : la colonie est visible toute l’année.

Biologie et comportement

Contrairement aux coraux durs bâtisseurs de récif, il n’abrite pas de zooxanthelles. Il ne vit donc pas de la lumière mais de ce que le courant lui apporte. En 1995, l’équipe de Katharina Fabricius a montré à partir de D. hemprichi que ce corail mange surtout du phytoplancton, un régime alors inconnu chez les coraux. Le zooplancton, surtout des larves de mollusques, couvre moins de 5 % de ses besoins. L’alimentation et la croissance sont optimales vers 15 cm/s de courant, et les polypes grossissent quand le flux augmente.

D. hemprichi se reproduit toute l’année. Il se multiplie aussi en détachant des fragments qui coulent et se fixent plus loin. C’est une espèce pionnière : à Eilat, il a dominé un récif artificiel neuf pendant ses deux premières années, avant d’être supplanté par une éponge au bout de dix ans. Ses capacités de colonisation inquiètent : une colonie probablement de D. hemprichi a été trouvée en 2023 en Méditerranée israélienne, à 42 m.

Statut et protection

Nous n’avons trouvé aucune évaluation de la liste rouge de l’UICN pour ce genre. Plusieurs observations égyptiennes proviennent d’aires protégées, comme le parc national de Ras Mohammed et le secteur de Wadi El-Gemal–Hamata. Sa croissance rapide ne protège pas une colonie isolée : gonflée d’eau, elle se déchire au moindre coup de palme.

Bien l’observer et la photographier

Cherchez-le là où le courant porte, en bordure de tombant ou sur une arête. Calez-vous en flottabilité neutre en aval de la colonie, pour que le flux éloigne de lui vos bulles et le sédiment soulevé. Ne posez ni main ni palme sur le récif autour.

L’eau absorbe vite les couleurs chaudes avec la profondeur : un flash ou un phare restitue la teinte réelle de la colonie. Un cadrage en contre-plongée, avec la colonie détachée sur le bleu, met en valeur sa silhouette d’arbre. En macro, visez un bouquet de polypes ouverts pour faire apparaître les sclérites sous la peau translucide. Ne secouez pas la colonie pour déloger un poisson ou un crabe qui s’y abrite.

Sources