Fiche n° 1086 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou xenia

Xenia spp.

Afrique Mer Rouge Sinaï

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corail-mou-xenia/

Corail mou xenia (Xenia spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie molle et basse : un pied cylindrique, simple ou ramifié, terminé par un ou plusieurs dômes couverts de polypes.
  • Polypes tous semblables et non rétractiles : la colonie ne se referme pas quand on s'en approche.
  • Huit tentacules par polype, bordés de pinnules qui donnent à la colonie un aspect plumeux.
  • Tentacules qui s'ouvrent et se referment en permanence, sans synchronisation d'un polype à l'autre (34 à 39 battements par minute mesurés chez Xenia umbellata).
  • Teintes discrètes, du crème au beige rosé.

Noms

Nom usuel
Corail mou xenia
Nom scientifique
Xenia spp.
Autres noms
Pulse coral · Pom pom xenia

Distribution géographique

Mer Rouge et Indo-Pacifique. En Égypte, Xenia umbellata est attestée au Sinaï : spécimens de musée récoltés à El Tor et près de Suez, photos à Ras Mohammed et à Ras Katy (Charm el-Cheikh).

Zones : Mer Rouge · Sinaï — Afrique

Biotope

Récifs coralliens éclairés, sur substrat dur (tombants, blocs) comme sur les pentes sableuses. Le plus souvent entre 3 et 25 m, parfois à moins d'un mètre ; le genre a été récolté jusqu'à 44 m en mer Rouge saoudienne.

Profondeur : 1 – 44 m

Repères pour le plongeur

Corail mou dont les polypes s'ouvrent et se ferment sans arrêt, comme des mains qui pompent l'eau : en Égypte, cherchez ces touffes beige rosé sur les récifs éclairés du Sinaï. Ne les touchez pas, les polypes ne se rétractent pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixotrophe : vit en grande partie de la photosynthèse de ses algues symbiotiques (Symbiodiniaceae) et complète avec des particules et de la matière organique dissoute prélevées dans l'eau.

Reproduction

Croissance par ajout de nouveaux polypes (environ 2 par jour en élevage chez Xenia umbellata) et multiplication par fragmentation ; la reproduction sexuée n'est pas décrite dans les sources consultées.

Conservation

Statut non précisé

Aucune évaluation UICN trouvée pour le genre ni pour Xenia umbellata (non vérifié sur le site de l'UICN). En laboratoire (Thobor et al., 2022), Xenia umbellata supporte un réchauffement jusqu'à 32,8 °C, mais cesse de pulser quand ce réchauffement s'ajoute à un excès de nitrates.

Espèces ressemblantes

  • Heteroxenia fuscescens : autre xéniidé pulsant de mer Rouge ; impossible à distinguer à coup sûr d'un xenia sans examen au microscope.
  • Ovabunda spp. : genre de mer Rouge qui regroupe plusieurs anciennes espèces de Xenia (O. arabica, O. faraunensis…) ; seule l'étude des sclérites les sépare.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le xenia est un animal : un octocoralliaire de la famille des Xeniidae, parent des autres coraux mous. Il ne construit pas de squelette massif. Ses tissus contiennent seulement de minuscules plaquettes calcaires, les sclérites.

La colonie est petite et molle. Un pied cylindrique, simple ou ramifié, porte un ou plusieurs dômes couverts de polypes. Chaque polype déploie huit tentacules garnis de pinnules, ce qui donne à l’ensemble l’aspect d’une touffe plumeuse, beige rosé sur la photo prise à Ras Mohammed.

Le critère qui frappe tout de suite, c’est le mouvement. Les tentacules s’ouvrent et se referment sans arrêt, comme des mains qui attrapent l’eau, d’où le nom anglais de pulse coral. Chez Xenia umbellata, l’espèce type du genre, on a mesuré en aquarium 34 à 39 battements par minute, et chaque polype bat à son propre rythme. Autre indice : les polypes ne sont pas rétractiles.

En mer Rouge, ce mouvement ne suffit pourtant pas à nommer l’animal. Heteroxenia fuscescens pulse aussi. Le genre Ovabunda regroupe plusieurs espèces autrefois rangées dans Xenia, comme Ovabunda arabica ou O. faraunensis. Ces genres se séparent à la microstructure des sclérites, vue au microscope. Sous l’eau, parlez donc de « xéniidé pulsant » plutôt que d’une espèce précise.

Où et quand l’observer en Égypte

Xenia umbellata vit dans toute la mer Rouge et dans l’Indo-Pacifique. En Égypte, des musées conservent des spécimens récoltés à El Tor, sur la côte ouest du Sinaï, et près de Suez. Des photos l’attestent aussi dans le parc national de Ras Mohammed et à Ras Katy, près de Charm el-Cheikh.

On le trouve sur les tombants et les blocs comme sur les pentes de sable, en général entre 3 et 25 m. Il monte parfois à moins d’un mètre. Une étude des octocoralliaires de la mer Rouge saoudienne a récolté le genre de 6 à 44 m. Il est présent toute l’année : aucune saison particulière n’est documentée.

Biologie et comportement

Le xenia héberge des algues symbiotiques et tire une grande part de son énergie de la lumière. Il complète ce régime avec des particules et de la matière organique dissoute. Privé de nourriture pendant quinze jours, X. umbellata est passé de 39 à 21 battements par minute.

À quoi sert la pulsation ? Chez Heteroxenia fuscescens, étudiée à Eilat, elle évacue l’oxygène produit par les algues et renouvelle l’eau autour des polypes. Résultat : une photosynthèse nette jusqu’à dix fois plus forte qu’au repos, pour un coût en énergie bien inférieur au gain. Cette colonie pulse plus de 95 % du temps, nuit comprise.

La colonie grandit en ajoutant des polypes, environ deux par jour en élevage, et se multiplie par fragmentation. Des limaces de mer du genre Phyllodesmium se nourrissent de xéniidés, et l’une d’elles en imite l’apparence.

Statut et protection

Nous n’avons trouvé aucune évaluation UICN pour le genre ni pour X. umbellata. En laboratoire, l’espèce a supporté un réchauffement de 27,7 à 32,8 °C sans effet mesurable. Combiné à un excès de nitrates, ce réchauffement a en revanche stoppé toute pulsation. Les auteurs estiment que cette tolérance à la chaleur pourrait l’avantager sur certains coraux durs, à condition que l’eau reste peu chargée en nitrates.

Bien l’observer et la photographier

Restez immobile une minute devant la colonie, à bonne distance : c’est la seule façon de bien voir le battement, qui reste le meilleur critère. Placez-vous à côté, pas au-dessus, pour ne pas soulever de sable, surtout sur les pentes sableuses où il pousse aussi.

Pour montrer le mouvement, filmez quelques secondes plutôt que de photographier. En photo, une vitesse un peu lente rend les tentacules flous et suggère la pulsation. Comme les polypes ne se rétractent pas, le moindre contact les écrase. Ne posez ni main ni palme, et ne prélevez aucun fragment.

Sources