Fiche n° 1099 · Flore · Invertébrés

Didemnidae

Didemnum spp.

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-didemnidae/

Didemnidae (Didemnum spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie animale (ascidie composée) formant une fine croûte molle ou une petite outre, jamais une plante ni une algue.
  • Surface criblée de minuscules orifices inhalants, avec un ou plusieurs grands orifices exhalants communs (cloaques).
  • Tunique chargée de spicules calcaires étoilés, qui donnent souvent un aspect blanc crayeux ou piqueté de blanc.
  • Couleurs variables selon l'espèce : blanc, rose veiné de blanc, vert, brun ou gris.
  • Chez la grande synascidie-urne (Didemnum molle), forme de vase ventru de 1 à 10 cm, au mucus très collant.

Noms

Nom usuel
Didemnidae
Nom scientifique
Didemnum spp.
Autres noms
Didemnides · Ascidies coloniales · Synascidies

Distribution géographique

Famille présente dans toutes les mers. En Égypte, GBIF recense des Didemnidae dans la mer Rouge (Hurghada, Safaga, Marsa Alam, détroit de Tiran, golfe de Suez), dans le canal de Suez et sur la côte méditerranéenne d'Alexandrie.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam — Afrique

Biotope

Substrats durs : roche, débris et bases de coraux, de la surface à environ 60 m pour Didemnum molle, sur fond bien éclairé.

Profondeur : 0 – 60 m

Repères pour le plongeur

Les Didemnidae sont des ascidies coloniales, donc des animaux filtreurs, qui tapissent la roche de croûtes molles ou forment de petites outres vertes et blanches. Observez-les sans les toucher : leur tunique est fragile et leur mucus collant.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur microphage : la colonie aspire l'eau par ses petits orifices et retient particules, micro-organismes et débris. Plus d'une dizaine d'espèces tropicales hébergent aussi des cyanobactéries symbiotiques Prochloron.

Reproduction

Colonies hermaphrodites. Reproduction sexuée avec fécondation interne et larve nageuse en forme de têtard, à vie pélagique très courte ; reproduction asexuée par bourgeonnement et par division de la colonie.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) : Didemnum molle ne figure pas sur la liste rouge de l'UICN selon GBIF (consulté en 2026), et aucune espèce de la famille n'y est signalée dans les sources consultées. Aucune réglementation propre aux ascidies en Égypte n'a été trouvée.

Espèces ressemblantes

  • Éponges encroûtantes (Porifera) : également en croûtes colorées, mais sans les innombrables petits orifices réguliers ni les spicules étoilés blancs des didemnides.
  • Algue rouge encroûtante (Corallinales) : croûte dure et calcaire au toucher, sans aucun orifice.
  • Petite synascidie-urne (Atriolum robustum) : ressemble à Didemnum molle, mais ne dépasse pas 3 cm, ses siphons inhalants sont plus gros et moins nombreux, et elle n'a pas de mucus collant.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Invertébrés

Identification

Malgré leur rangement parmi la « flore » du site, les Didemnidae ne sont ni des algues ni des plantes. Ce sont des ascidies coloniales, des animaux de l’embranchement des Chordés (sous-embranchement des Tuniciers), classés par WoRMS dans l’ordre des Aplousobranches. Le nom latin Didemnum spp. désigne le genre principal de la famille, sans viser une espèce précise.

Une colonie réunit des centaines de minuscules individus, les zoïdes, noyés dans une enveloppe commune, la tunique. DORIS décrit la famille comme formée de fines colonies encroûtantes, dont la tunique contient des spicules calcaires étoilés. Ces spicules donnent aux colonies leur aspect blanc crayeux ou finement piqueté. À l’œil nu, cherchez deux types d’orifices : une multitude de très petits trous par où l’eau entre, et quelques ouvertures plus grandes par où elle ressort.

L’espèce la plus facile à reconnaître en Indo-Pacifique est la grande synascidie-urne, Didemnum molle. Elle forme un petit vase ventru de 1 à 10 cm, vert, brun ou blanc, percé au sommet d’un grand siphon. Au toucher, son mucus est très collant. On la confond souvent avec la petite synascidie-urne, Atriolum robustum, qui ne dépasse pas 3 cm et porte des siphons plus gros et moins nombreux. D’autres didemnides restent plates, comme Didemnum membranaceum, que DORIS nomme « didemne rose veiné de blanc ».

Où et quand l’observer en Égypte

GBIF recense des Didemnidae sur toute la côte égyptienne de la mer Rouge. On y trouve des observations de Didemnum membranaceum et de Didemnum granulatum au sud de Safaga et à Marsa Alam, de Diplosoma listerianum au sud de Hurghada et au nord de Marsa Alam, et des spécimens anciens au détroit de Tiran et à Hurghada. Trididemnum erythraeum et Polysyncraton hartmeyeri y sont représentés par des spécimens de 1912 récoltés dans la baie de Gimsah, au nord-ouest de Hurghada. Ils sont conservés dans la collection de types du Muséum suédois d’histoire naturelle. DORIS indique Didemnum molle en mer Rouge, mais GBIF ne compte aucune observation de cette espèce en Égypte.

Cherchez ces colonies sur la roche, les débris et la base des coraux, de la surface jusqu’à environ 60 m pour D. molle. Elles sont fixées et visibles toute l’année.

Biologie et comportement

Une didemnide est un filtreur microphage. Elle aspire l’eau par ses petits orifices, retient les particules, les micro-organismes et les débris, puis rejette l’eau par le grand siphon commun. Selon DORIS, plus d’une dizaine d’espèces tropicales de la famille vivent en symbiose avec des cyanobactéries du genre Prochloron, d’où leur teinte verte. Chez D. molle, la colonie dose ses spicules et ses pigments selon la lumière. Les colonies peu profondes sont petites et blanc vif, et les colonies profondes plus grandes et moins pigmentées.

La colonie est hermaphrodite. Elle produit une larve nageuse en forme de têtard qui se fixe très vite, et elle se multiplie aussi par bourgeonnement ou en se divisant en deux. D. molle peut même se déplacer de plusieurs centimètres en 12 jours, en tirant sur des filaments fixés à sa base.

Statut et protection

Aucune didemnide n’est évaluée par l’UICN dans les sources consultées. GBIF classe Didemnum molle « non évaluée » (NE). Les sources consultées ne signalent aucune réglementation égyptienne propre aux ascidies.

Bien l’observer et la photographier

Une didemnide se photographie en macro. Pour une colonie plate, approchez-vous assez pour montrer les orifices et le semis de spicules blancs : ce sont eux qui la distinguent d’une éponge. Pour une synascidie-urne, cadrez de biais pour voir l’intérieur du grand siphon. DORIS conseille d’y chercher les canaux transversaux, absents chez Atriolum robustum. Regardez aussi s’il y a de petits hôtes : un ver plat, Ascidiophilla alba, vit sur D. molle et en copie les couleurs. Ne touchez pas les colonies et ne vous appuyez pas sur la roche qui les porte.

Sources