Fiche n° 1082 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Gorgone fouet

Junceella juncea

Afrique Mer Rouge Marsa Alam

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-gorgone-fouet/

Clé d'identification

  • Colonie en long fouet fin, dressé depuis son point de fixation sur un support dur.
  • Couleur rouge : c'est, avec la forme en fouet, le seul caractère que la littérature retient pour l'espèce.
  • Polypes bien visibles le long de l'axe, qui la distinguent d'un corail fil-de-fer (antipathaire).
  • Le plus souvent sans ramification ; certaines colonies portent toutefois des branches latérales.

Noms

Nom usuel
Gorgone fouet
Nom scientifique
Junceella juncea
Autres noms
Gorgone-fouet · Sea whip
Synonymes
Gorgonia juncea · Ellisella juncea · Viminella juncea · Junceella trilineata

Distribution géographique

Indo-Pacifique occidental. En Égypte, spécimens de la zone économique exclusive égyptienne cités par WoRMS et 13 observations de plongeurs (BioObs, 1996-2022) publiées sur GBIF, de la région de Hurghada jusqu'à Marsa Alam.

Zones : Mer Rouge · Marsa Alam — Afrique

Biotope

Espèce associée aux récifs, fixée sur un support dur, sans algues symbiotiques. Selon les sites, elle forme des peuplements denses ou des colonies isolées. Profondeur documentée par SeaLifeBase : 19 à 1 215 m.

Profondeur : 19 – 1215 m

Repères pour le plongeur

Gorgone en long fouet rouge, sans algues symbiotiques, signalée en mer Rouge égyptienne de Hurghada à Marsa Alam. Cherchez ses polypes pour la distinguer d'un corail fil-de-fer, et ne la touchez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Azooxanthellée selon SeaLifeBase : sans algues symbiotiques, elle se nourrit grâce à ses polypes à huit tentacules, qui capturent le plancton et les particules apportés par le courant.

Reproduction

Non documentée pour l'espèce. Chez les anthozoaires, selon SeaLifeBase, les gamètes sont émis par la bouche des polypes ; la larve planula, planctonique, se fixe ensuite pour fonder une nouvelle colonie.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) par l'UICN selon SeaLifeBase (liste rouge, version 2025-2) ; non évaluée non plus par la CITES. Aucune protection propre à l'espèce trouvée dans les sources consultées.

Espèces ressemblantes

  • Corail fil-de-fer (Cirrhipathes spp.) : antipathaire (corail noir) lui aussi en forme de fouet ; DORIS conseille de chercher les polypes bien visibles, qui signent la gorgone.
  • Autres gorgones-fouets (Junceella fragilis, genre Ellisella) : même silhouette ; la distinction à l'espèce relève des spécialistes.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement dans la flore du site, la gorgone fouet est un animal. C’est une colonie d’octocoralliaires de la famille des Ellisellidae, décrite par Pallas en 1766 sous le nom de Gorgonia juncea. WoRMS retient aujourd’hui Junceella juncea et range parmi ses synonymes Ellisella juncea, Viminella juncea et Junceella trilineata. En anglais, on parle de sea whip, le fouet de mer.

Sa silhouette tient en un mot : un long fouet fin, dressé depuis son point de fixation. La couleur décrite est le rouge. Le long de l’axe s’ouvrent de petits polypes, qui portent chacun huit tentacules, comme chez toutes les gorgones. La plupart des colonies ne se ramifient pas, mais des chercheurs ont examiné du matériel du golfe Persique dont plusieurs colonies portaient des branches latérales.

Prudence sur le nom d’espèce. Une revue publiée sur GBIF rappelle que le matériel type de Pallas est probablement perdu et que la forme de ses sclérites, ces petites pièces calcaires qui servent à séparer les espèces, reste inconnue. De l’espèce, on ne connaît guère que la forme en fouet et la couleur rouge. Sous l’eau, DORIS le dit à propos d’une gorgone voisine : l’identification de ces gorgones est l’affaire de spécialistes. Notez plutôt « Junceella sp. » si vous avez un doute.

La confusion la plus courante concerne le corail fil-de-fer (Cirrhipathes), un corail noir lui aussi en forme de fouet. DORIS indique que les polypes bien visibles permettent de reconnaître la gorgone.

Où et quand l’observer en Égypte

SeaLifeBase et WoRMS situent l’espèce dans l’Indo-Pacifique occidental. WoRMS liste des spécimens de musée récoltés dans la zone économique exclusive égyptienne. Sur GBIF, 13 observations en Égypte proviennent de plongeurs du programme BioObs de la FFESSM, entre 1996 et 2022. Leurs coordonnées s’étalent sur la côte continentale, de la région de Hurghada à celle de Marsa Alam ; aucune ne se trouve au Sinaï. Aucune n’a pu être validée par un expert : la base les marque « non réalisable ».

L’espèce est associée aux récifs. SeaLifeBase donne une profondeur de 19 à 1 215 m et précise qu’elle forme des peuplements denses à certains endroits et reste dispersée ailleurs. Fixée et pérenne, la colonie s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Contrairement à de nombreux coraux du récif, la gorgone fouet n’héberge pas d’algues symbiotiques : SeaLifeBase la dit azooxanthellée. Elle ne dépend donc pas de la lumière et se nourrit uniquement de ce que l’eau lui apporte. Ses polypes déploient leurs tentacules pour capturer le plancton et les particules en suspension.

Sa reproduction n’est pas décrite pour l’espèce. Chez les anthozoaires en général, SeaLifeBase indique que les gamètes sont émis par la bouche des polypes. La larve, appelée planula, dérive dans le plancton puis se fixe pour fonder une nouvelle colonie.

Le fouet sert aussi de perchoir. DORIS signale que deux petits gobies, Bryaninops amplus et Bryaninops loki, vivent inféodés aux gorgones du genre Junceella, dont J. juncea. Une photo de DORIS montre un B. amplus gardant ses œufs sur une branche de Junceella.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN (NE), d’après SeaLifeBase qui cite la liste rouge, version 2025-2. Elle n’est pas évaluée non plus par la CITES. Aucune protection propre à cette gorgone n’apparaît dans les sources consultées.

Bien l’observer et la photographier

Avant de déclencher, regardez le fouet de près, à la lampe : des polypes ouverts confirment que vous êtes devant une gorgone, et non devant un corail fil-de-fer. Parcourez ensuite l’axe du regard, de la base à la pointe. Un gobie presque transparent, collé à la tige, passe facilement inaperçu.

Le fouet est long et mince : un cadrage vertical, avec le bleu en arrière-plan, le met en valeur. Pour les gobies et les polypes, passez en macro. Restez stable à distance, ne saisissez jamais la tige pour vous tenir, et surveillez vos palmes quand vous longez un peuplement dense.

Sources