Fiche n° 1124 · Faune · Cnidaires (coraux & anémones)
Anémone de mer
Anemonia viridis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-anemone-de-mer/
Clé d'identification
- Tentacules longs, souples et fins, vert clair, souvent à pointe violet-fuchsia.
- Tentacules non rétractiles : la couronne reste déployée de jour.
- Colonne lisse, brun rougeâtre ou verdâtre, sans taches, d'environ 5 cm de haut.
- Couronne d'une dizaine de centimètres de diamètre, jusqu'à 384 tentacules d'une quinzaine de centimètres.
- Petits individus clonaux souvent serrés en tapis ; grands individus solitaires.
Noms
- Nom usuel
- Anémone de mer
- Nom scientifique
- Anemonia viridis
- Autres noms
- Anémone verte · Anémone de mer verte · Actinie verte · Anémone commune · Ortie de mer · Snakelocks anemone
- Synonymes
- Anemonia sulcata · Priapus viridis · Actinia sulcata · Anemonia vagans
Distribution géographique
Méditerranée, Atlantique Nord-Est et Manche, des Canaries à l'Écosse. En France, sur toutes les côtes : Méditerranée continentale et Corse, Atlantique, Bretagne et Manche.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fonds rocheux et substrats durs bien éclairés et calmes, fixée par son disque basal. Les petits individus se logent dans les creux ou sur les algues et les herbes marines. Commune près de la surface, jusqu'à 25 m.
Profondeur : 0 – 25 m
Repères pour le plongeur
L'anémone verte, la plus commune des côtes françaises, se reconnaît à ses longs tentacules verts à pointe violette. Ne la touchez pas : ses tentacules collent à la peau et au néoprène, et s'arrachent.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : petits poissons, crustacés et autres invertébrés capturés par les cellules urticantes des tentacules. Complétée par les produits de la photosynthèse de ses algues symbiotiques (Symbiodinium).
Reproduction
Sexes séparés, émission de gamètes surtout en juin et juillet, larves nageuses. Multiplication asexuée fréquente par bourgeonnement ou division longitudinale, d'où les tapis de clones.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, d'après GBIF consulté en octobre 2026. DORIS la signale sensible au réchauffement, qui provoque la perte de ses algues symbiotiques.
Espèces ressemblantes
- Anémone charnue (Cribrinopsis crassa) : coloration proche, mais tentacules bien plus courts et épais, pied tacheté ; endémique de Méditerranée.
- Anémone dorée (Condylactis aurantiaca) : coloration proche, mais enfouie dans le sable d'où ne dépasse que la couronne, pied tacheté.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
L’anémone verte est un animal, et non une plante : c’est un cnidaire de l’ordre des actiniaires, cousin des coraux et des méduses. DORIS la décrit comme l’anémone la plus fréquente en plongée sur les côtes françaises, d’où son autre nom d’anémone commune.
Son corps mou forme une colonne lisse d’environ 5 cm de haut, brun rougeâtre ou verdâtre. Il est couronné de tentacules longs, souples et fins, jusqu’à 384 chez les grands individus, qui atteignent une quinzaine de centimètres. Leur teinte habituelle est le vert clair, avec une pointe violet-fuchsia. Ce violet vient d’une protéine fluorescente qui dissipe l’excès d’ultraviolets. En profondeur ou à l’ombre, l’anémone pâlit et perd ses pointes violettes. Ses tentacules ne se rétractent pas : la couronne reste ouverte toute la journée.
Deux espèces s’en approchent par la couleur. L’anémone charnue (Cribrinopsis crassa), propre à la Méditerranée, porte des tentacules bien plus courts et épais. L’anémone dorée (Condylactis aurantiaca) vit enfouie dans le sable, d’où ne dépasse que sa couronne en soleil. Toutes deux ont un pied tacheté, alors que celui de l’anémone verte est lisse.
Où et quand l’observer en France
L’espèce vit en Méditerranée, en Atlantique et en Manche, des Canaries à l’Écosse. Les observations recensées par GBIF couvrent toute la façade française, de la Provence et de la Corse à la Bretagne et à la Normandie.
Cherchez-la sur les fonds rocheux et les substrats durs, dans des eaux claires et calmes. Elle abonde près de la surface et descend jusqu’à 25 m. Les petits individus, peu musclés, se calent dans les creux de la roche pour résister à la houle, ou se fixent sur des algues et des herbes marines. Dans les ports abrités, la forme clonale tapisse parfois plusieurs mètres carrés. L’espèce se voit toute l’année.
Biologie et comportement
Elle capture de petits poissons, des crustacés et d’autres invertébrés grâce aux cellules urticantes de ses tentacules. Ses cellules abritent aussi des algues unicellulaires (Symbiodinium) qui lui cèdent une partie des produits de leur photosynthèse et lui donnent sa couleur. Active de jour, elle se replie souvent la nuit.
Les sexes sont séparés et l’émission des gamètes a lieu surtout en juin et juillet. L’anémone se multiplie aussi par bourgeonnement ou en se divisant en deux par le pied. Deux anémones accolées sont des clones ; deux individus différents se combattent avec des renflements chargés de cellules urticantes, les acrorhages.
Elle sert d’abri à toute une petite faune : crevettes, caprelles, araignée des anémones (Inachus phalangium), crabes du genre Pilumnus et gobie moucheté (Gobius incognitus), qui se glisse entre les tentacules sans être piqué.
Statut et protection
L’UICN n’a pas évalué l’espèce : elle est « non évaluée » (NE) sur la liste rouge mondiale, d’après GBIF consulté en octobre 2026. Les sources consultées ne mentionnent pas de mesure de protection propre à cette anémone en France. DORIS rappelle toutefois que le réchauffement de l’eau lui fait expulser ses algues symbiotiques, ce qui la blanchit et peut la tuer.
Bien l’observer et la photographier
Ne la touchez jamais. Ses tentacules adhèrent si fort à la peau ou au néoprène qu’ils s’arrachent, et chaque décharge prive l’animal de cellules dont il a besoin pour se nourrir. Après un contact, évitez de vous frotter les yeux ou les lèvres, et ne rincez pas la zone à l’eau douce : elle déclenche les cellules urticantes restées intactes. Des contacts répétés peuvent provoquer une allergie.
En photo, une lumière rasante fait ressortir les pointes violettes ; près de la surface, la lumière naturelle suffit souvent. Un objectif macro permet de chercher les hôtes cachés entre les tentacules. De nuit, quand l’anémone est à demi repliée, éclairez doucement sa base : c’est là que se montrent l’araignée des anémones et les crabes.