Fiche n° 1147 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Zoanthide

Parazoanthus axinellae

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-zoanthide/

Zoanthide (Parazoanthus axinellae)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie en tapis serré de petits polypes jaune vif à orangé, réunis par le pied mais autonomes.
  • Polype de 1 à 2 cm de haut pour environ 0,5 cm de large, sans squelette calcaire.
  • Double couronne de tentacules fins, 24 ou 36 au total (toujours un multiple de 6).
  • Polypes rétractés : la colonie prend un aspect de grappe de petits boutons.
  • Souvent installée sur les éponges du genre Axinella, mais aussi sur roche, épave, gorgone ou coquille.

Noms

Nom usuel
Zoanthide
Nom scientifique
Parazoanthus axinellae
Autres noms
Anémone encroûtante jaune · Zoanthide jaune · Mimosa de mer · Yellow encrusting anemone
Synonymes
Palythoa axinellae · Parazoanthus dixoni

Distribution géographique

Atlantique de la Grande-Bretagne aux Canaries, Manche, mer du Nord et Méditerranée. En France : côtes méditerranéennes et Corse, Bretagne et Manche (DORIS).

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Espèce sciaphile qui craint l'ensablement : tombants verticaux, dessous de surplombs et entrées de grottes balayées par le courant, sur roche, granit ou épaves, souvent en épibiose sur les éponges Axinella.

Profondeur : 1 – 100 m

Repères pour le plongeur

Tapis de petits polypes jaune vif sur les tombants ombragés, les surplombs et les éponges Axinella, de la Manche à la Méditerranée. Approchez de côté sans palmer contre la paroi : les polypes se rétractent au moindre contact.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Microphage et zoophage : capture surtout le zooplancton apporté par le courant, paralysé par les cellules urticantes des tentacules puis porté à la bouche.

Reproduction

Asexuée par bourgeonnement et lacération pédieuse (petites grappes de polypes qui « coulent » de la colonie et peuvent être emportées par le courant) ; sexuée, à sexes séparés, avec une larve planula qui se fixe sur un substrat favorable.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (catégorie relevée via GBIF en 2026). DORIS ne mentionne aucune protection réglementaire. Sensible à l'ensablement et aux contacts des plongeurs.

Espèces ressemblantes

  • Corail jaune solitaire (Leptopsammia pruvoti) : polypes isolés posés sur un squelette calcaire dur, environ 96 tentacules ; le zoanthide n'a pas de squelette.
  • Parazoanthus brevitentacularis : très proche, mais de couleur plus orangée (DORIS).
  • Epizoanthus paxii et autres Epizoanthus : même allure de zoanthaire, mais d'autres couleurs.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le zoanthide est un animal. Parazoanthus axinellae est un cnidaire de l’ordre des zoanthaires, cousin des anémones et des coraux. Les plongeurs le connaissent surtout sous le nom d’anémone encroûtante jaune ; DORIS note que « zoanthide jaune » serait plus juste, puisqu’il ne s’agit pas d’une véritable anémone.

Il vit en colonie. Les polypes sont réunis par le pied mais restent autonomes, et leur ensemble forme un tapis serré qui peut couvrir plusieurs mètres carrés. Chaque polype mesure 1 à 2 cm de haut pour environ 0,5 cm de large. Il est jaune vif à orangé et porte une double couronne de tentacules fins, 24 ou 36 en tout, un nombre toujours multiple de 6. Quand les polypes se rétractent, la colonie ressemble à une grappe de petits boutons.

La confusion la plus fréquente se fait avec le corail jaune solitaire (Leptopsammia pruvoti), de même couleur et du même milieu. Celui-ci vit en polypes isolés, chacun posé sur un squelette calcaire dur ; le zoanthide n’a aucun squelette. Parazoanthus brevitentacularis est très proche, mais plus orangé. Les Epizoanthus, comme E. paxii, ont la même allure de zoanthaire, avec d’autres couleurs.

Où et quand l’observer en France

DORIS le signale en Méditerranée, en Manche et en mer du Nord, et sur la façade atlantique de la Grande-Bretagne aux Canaries. Les photos de la fiche ont été prises à Antibes, au cap d’Ail et à Carantec, dans le Finistère, à 15 m : l’espèce se rencontre donc aussi bien sur les tombants méditerranéens que sur le granit breton.

C’est une espèce sciaphile, qui préfère l’ombre et craint l’ensablement. Cherchez-la sur les tombants verticaux, sous les surplombs et à l’entrée des grottes, là où le courant passe. Elle se fixe sur la roche, sur le bois des épaves, et très souvent sur les éponges axinelles, dont elle tire son nom. On la trouve de 1 m à 100 m, parfois jusqu’à 200 m. Elle est visible toute l’année ; les colonies sont fixées.

Biologie et comportement

Le zoanthide se nourrit de zooplancton apporté par le courant. Ses tentacules portent des cellules urticantes qui paralysent la proie avant de la conduire à la bouche. C’est pourquoi les colonies prospèrent sur les parois bien brassées.

Il se multiplie de deux façons. Par bourgeonnement, d’abord : DORIS décrit des excroissances qui « semblent couler » de la colonie, un mode extrême appelé lacération pédieuse. Ces petites grappes de polypes peuvent se détacher et partir dans le courant pour s’installer plus loin. La reproduction sexuée existe aussi : les sexes sont séparés, et la larve, une planula, se fixe si le support lui convient. Outre les éponges, la colonie peut coloniser des tuniciers, des coquilles et des gorgones.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN au niveau mondial (catégorie NE, relevée via GBIF en 2026). DORIS ne cite aucune protection réglementaire en France. Sa sensibilité tient à son milieu : un dépôt de sédiment ou un coup de palme répété sur la paroi abîme les polypes.

Bien l’observer et la photographier

Une lampe fait ressortir le jaune, éteint par la profondeur. Approchez-vous de côté, en flottabilité neutre, sans vous appuyer sur le tombant ni sur l’éponge qui porte la colonie. Un contact ou une turbulence fait rentrer les polypes, qui mettent un moment à ressortir.

En macro, un polype bien ouvert montre sa double couronne de tentacules, critère d’identification utile. En plan plus large, une axinelle couverte de polypes donne une image typique de la Méditerranée. Ne remuez pas le sable au pied de la paroi : la colonie le supporte mal.

Sources