Fiche n° 1142 · Flore · Algues & plantes
Algue brune
Cystoseira spp.
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-algue-brune/
Clé d'identification
- Grande algue brune dressée et buissonnante, jaune verdâtre à brun foncé, fixée à la roche par une petite base discoïde.
- Rameaux ramifiés jusqu'au 3e ou 4e ordre, cylindriques ou aplatis selon l'espèce, lisses ou couverts de courtes épines.
- Petits flotteurs (aérocystes) souvent disposés en chapelet vers l'extrémité des rameaux.
- Réceptacles reproducteurs d'environ 1 à 2 cm au bout des rameaux, plus foncés que le reste du thalle.
- Jeunes rameaux à reflets bleu turquoise chez la cystoseire bleue (Ericaria selaginoides), visibles seulement dans l'eau.
- Ni lames aplaties en forme de feuilles à la base, ni flotteurs portés par un pédicelle, contrairement à la sargasse japonaise.
Noms
- Nom usuel
- Algue brune
- Nom scientifique
- Cystoseira spp.
- Autres noms
- Cystoseire · Cystoseires
Distribution géographique
Cystoseires au sens large (genres Cystoseira, Ericaria et Gongolaria) : toute la Méditerranée et l'Atlantique Nord-Est. En France : côtes méditerranéennes continentales et Corse, Atlantique, Bretagne et Manche (DORIS).
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Roche bien éclairée de l'infralittoral, surtout entre la surface et quelques mètres, en mode battu, semi-battu ou calme, cuvettes littorales et petits ports peu pollués. Certaines espèces descendent plus bas : Cystoseira compressa jusqu'à 40 m, Ericaria zosteroides observée à 28 m en Corse.
Profondeur : 0 – 40 m
Repères pour le plongeur
En France, les cystoseires forment de petites forêts brunes sur la roche des premiers mètres, à leur plus beau au printemps. En Méditerranée, presque toutes sont protégées par la convention de Barcelone : ne les arrachez pas et ne prenez pas appui dessus.
Meilleure saison : Avril · Mai · Juin
Biologie
Alimentation
Autotrophe : photosynthèse à partir du CO2, de l'eau, des sels minéraux et de la lumière.
Reproduction
Sexuée : les réceptacles au bout des rameaux portent des conceptacles mâles, femelles ou hermaphrodites ; les gamètes sont libérés dans l'eau et la fécondation est externe. Algues pérennes à croissance apicale, qui perdent leurs rameaux âgés une partie de l'année.
Conservation
Statut non précisé
Aucune évaluation UICN du genre n'a pu être vérifiée. Toutes les cystoseires méditerranéennes sauf Cystoseira compressa sont inscrites à l'annexe II du protocole ASP/DB de la convention de Barcelone (décision de 2009). Elles régressent avec la pollution, la turbidité et l'eutrophisation (DORIS).
Espèces ressemblantes
- Sargasse japonaise (Sargassum muticum) : espèce introduite très ressemblante, mais avec des rameaux aplatis en forme de feuilles près de la base et des flotteurs pédicellés, portés sur le côté.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Algues & plantes
Identification
Sous le nom d’« algue brune », cette fiche décrit les cystoseires, de grandes algues brunes de l’ordre des Fucales et de la famille des Sargassacées. Leur nom vient du grec et signifie « vésicules en chaîne », en référence aux petits flotteurs alignés sur certains rameaux. Le genre Cystoseira a récemment été scindé en trois : Cystoseira, Ericaria et Gongolaria. Beaucoup de guides emploient encore les anciens noms, comme Cystoseira barbata, aujourd’hui Gongolaria barbata.
Une cystoseire forme un petit buisson dressé, fixé à la roche par une base en disque. Ses rameaux se ramifient jusqu’au troisième ou quatrième ordre. Selon l’espèce, ils sont cylindriques ou aplatis, lisses ou hérissés de courtes épines. La couleur va du jaune verdâtre au brun foncé. Au bout des rameaux, les réceptacles, plus sombres, portent les organes reproducteurs. La taille varie beaucoup : quelques centimètres en mode battu, jusqu’à 1 m pour la cystoseire aplatie en eau calme et 1,3 m pour la cystoseire dorée.
Quelques repères pour les distinguer. La cystoseire aplatie (Cystoseira compressa) a des rameaux primaires aplatis et lisses. La cystoseire crin (Ericaria crinita) porte de longs axes noirâtres garnis de bouquets de rameaux. La cystoseire bleue (Ericaria selaginoides) se repère sous l’eau à ses jeunes rameaux aux reflets bleu turquoise, qui disparaissent hors de l’eau. La confusion la plus courante concerne la sargasse japonaise, une espèce introduite. Elle se reconnaît à ses rameaux aplatis en forme de feuilles près de la base et à ses flotteurs portés par un court pédicelle.
Où et quand l’observer en France
En Méditerranée, les cystoseires tapissent la roche bien éclairée des premiers mètres, des côtes continentales à la Corse. DORIS illustre la cystoseire crin à 0,5 m de profondeur et la cystoseire profonde (Ericaria zosteroides) à 28 m, toutes deux en Corse. La cystoseire aplatie vit surtout entre 0 et 2 m, parfois jusqu’à 40 m. La cystoseire dorée fréquente aussi les lagunes et les étangs, comme Thau ou Salses-Leucate.
En Atlantique, en Bretagne et en Manche, DORIS signale plusieurs cystoseires, photographiées notamment au cap Fréhel et sur l’estran d’Agon-Coutainville. La cystoseire bleue y occupe les zones abritées, de l’estran jusqu’à environ 10 m. Le printemps est la meilleure période : les thalles se dressent et se ramifient, puis perdent leurs rameaux les plus âgés en été ou à l’automne.
Biologie et comportement
Les cystoseires vivent de la photosynthèse. Elles poussent par l’extrémité de leurs rameaux, et leur base vit plusieurs années. Chez la cystoseire dorée, l’axe principal grandit de 1 à 2 cm par mois et les rameaux de 5 à 20 cm. La reproduction est sexuée : les gamètes sortent des conceptacles des réceptacles et la fécondation a lieu dans l’eau. Ces petites forêts abritent crabes, crevettes, blennies, gobies et algues épiphytes. Le lièvre de mer moucheté y fixe parfois sa ponte.
Statut et protection
Aucune évaluation UICN du genre n’a pu être vérifiée pour cette fiche. En Méditerranée, toutes les cystoseires sauf la cystoseire aplatie sont inscrites à l’annexe II du protocole sur les aires spécialement protégées de la convention de Barcelone, depuis une décision de 2009. DORIS les décrit comme sensibles à la pollution, à la turbidité, au manque d’oxygène et à l’eutrophisation. Leur bonne santé est un indicateur de la qualité de l’eau. La cystoseire aplatie reste la plus tolérante et survit dans certains ports modérément pollués.
Bien l’observer et la photographier
Les cystoseires vivent dans très peu d’eau : la randonnée palmée suffit souvent. Approchez-vous à marée haute ou par mer calme, car le ressac couche les thalles et soulève le sable. Ne vous agrippez pas aux rameaux pour vous stabiliser et ne les arrachez pas pour les identifier : en Méditerranée, c’est une espèce protégée. Pour la cystoseire bleue, photographiez sous l’eau et sans flash puissant, sinon le reflet turquoise disparaît. En macro, cadrez un rameau avec ses flotteurs et ses réceptacles : ce sont les critères qui permettent d’aller jusqu’à l’espèce. Inspectez aussi la base du buisson, où se cachent blennies et petites crevettes.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Cystoseira spp., cystoseires de Manche-Atlantique
- DORIS (FFESSM) : Cystoseira compressa, cystoseire aplatie
- DORIS (FFESSM) : Ericaria selaginoides, cystoseire bleue
- DORIS (FFESSM) : Gongolaria barbata, cystoseire dorée
- DORIS (FFESSM) : Ericaria crinita, cystoseire crin
- DORIS (FFESSM) : Ericaria zosteroides, cystoseire profonde
- DORIS (FFESSM) : Cystoseira foeniculacea
- WoRMS : Cystoseira C.Agardh, 1820
- GBIF : Cystoseira C.Agardh, 1820