Fiche n° 1135 · Flore · Algues & plantes
Posidonie
Posidonia oceanica
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-posidonie/
Clé d'identification
- Plante à fleurs marine, et non une algue : racines, rhizomes, feuilles et fleurs.
- Faisceaux de 4 à 8 feuilles vertes en ruban, larges d'environ 1 cm et longues de 20 à 100 cm.
- Rhizomes ligneux bruns de 1 à 2 cm d'épaisseur, rampants ou dressés, portant les faisceaux.
- Herbier dense et continu posé sur une « matte », talus de rhizomes et de sédiment qui peut dépasser plusieurs mètres d'épaisseur.
- Feuilles souvent blanchies par les épiphytes à leur extrémité ; pelotes brunes de fibres (ægagropiles) sur le fond et les plages.
Noms
- Nom usuel
- Posidonie
- Nom scientifique
- Posidonia oceanica
- Autres noms
- Herbier de posidonie · Chiendent de mer · Paille de mer · Neptune grass
- Synonymes
- Posidonia caulinii · Zostera oceanica
Distribution géographique
Endémique de la Méditerranée : présente dans tout le bassin sauf sur les côtes du Levant. Absente de l'Atlantique, de la Manche et de la mer Noire. En France : côtes méditerranéennes continentales et Corse.
Zones : Méditerranée · Corse — Europe
Biotope
Fonds de sable et de roche en eau claire et salée (37 à 38 g/L), depuis les herbiers affleurants des criques jusqu'à 40 m au plus dans les eaux les plus limpides.
Profondeur : 0 – 40 m
Repères pour le plongeur
Plante à fleurs endémique de la Méditerranée, protégée en France depuis 1988, qui forme des herbiers jusqu'à 40 m. On l'observe toute l'année en survolant l'herbier, sans s'y poser ni arracher de feuilles.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Plante photosynthétique : racines et rhizomes ancrés dans le sable ou la matte.
Reproduction
Surtout par bouturage des rhizomes. Floraison irrégulière, entre août et novembre ; fruits « olives de mer » à une graine, libérés entre mai et juillet.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation de 2016 (version corrigée 2018). Espèce protégée en France par l'arrêté du 19 juillet 1988 ; herbiers inscrits à l'annexe I de la directive Habitats (1992), à la Convention de Berne et à la Convention de Barcelone.
Espèces ressemblantes
- Zostère marine (Zostera marina) : feuilles plus étroites (4 à 10 mm) à extrémité arrondie ; la forme des inflorescences est le critère le plus sûr.
- Zostère naine (Zostera noltei) : bien plus petite, feuilles de 2 à 3 mm de large.
- Cymodocée (Cymodocea nodosa) : feuilles plus fines et moins longues.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Algues & plantes
Identification
La posidonie n’est pas une algue : c’est une plante à fleurs marine, de la famille des Posidoniacées, avec des racines, des rhizomes, des feuilles, des fleurs et des fruits. Son nom vient de Poséidon, et son épithète oceanica est trompeuse, puisque l’espèce ne vit qu’en Méditerranée.
Chaque pied porte un faisceau de 4 à 8 feuilles vertes en ruban, larges d’environ 1 cm et longues de 20 à 100 cm. Ces faisceaux partent de rhizomes ligneux bruns, épais de 1 à 2 cm. Certains rampent sur le fond, d’autres se dressent. En s’élevant pour ne pas être enterrés par les sédiments, les rhizomes construisent la « matte », un talus qui gagne environ 1 m par siècle et peut atteindre plusieurs mètres d’épaisseur. Chaque feuille vit 12 à 18 mois. L’extrémité des plus vieilles est souvent blanchie par les organismes fixés dessus.
DORIS cite trois confusions possibles. La zostère marine a des feuilles plus étroites, de 4 à 10 mm selon sa propre fiche DORIS, à bout arrondi. La zostère naine est bien plus petite, avec des feuilles de 2 à 3 mm de large. La cymodocée a des feuilles plus fines et plus courtes. En cas de doute, c’est la forme des inflorescences qui tranche.
Où et quand l’observer en France
La posidonie est présente dans toute la Méditerranée, sauf sur les côtes du Levant. Elle ne supporte pas l’eau saumâtre et demande une salinité de 37 à 38 g/L. C’est pourquoi on ne la trouve ni dans l’Atlantique, ni en Manche, ni en Bretagne. En France, on la rencontre sur les côtes méditerranéennes du continent et autour de la Corse.
Elle colonise les fonds de sable et de roche, depuis les criques peu profondes jusqu’à 40 m au plus dans les eaux les plus claires. Dans les criques abritées, l’herbier peut monter jusqu’à la surface et former un « récif-barrière », un milieu à part. Ailleurs, il couvre parfois plusieurs centaines d’hectares d’un seul tenant. La plante est visible toute l’année. Entre mai et juillet, les années de floraison, vous trouverez peut-être des « olives de mer » qui flottent ou s’échouent.
Biologie et comportement
La posidonie se multiplie surtout par bouturage, ses rhizomes progressant de 3 à 6 cm par an. La reproduction sexuée est irrégulière : la plante fleurit entre août et novembre, mais pas tous les ans. Les inflorescences vertes, peu visibles, portent 4 à 10 fleurs. Le fruit, de la taille et de la couleur d’une olive, ne contient qu’une graine. Il mûrit en 6 à 9 mois, se détache entre mai et juillet et flotte une quinzaine de jours avant de libérer sa graine.
L’herbier nourrit et abrite une faune riche. L’oursin violet broute les feuilles la nuit, la saupe y laisse des traces de morsures et l’oursin granuleux s’attaque aux rhizomes. Seiches, hippocampes, syngnathes, crénilabres, rascasses, serrans, jeunes congres et grandes nacres y vivent. Les feuilles mortes, roulées par la houle, forment des pelotes de fibres, les ægagropiles. Échouées en banquettes qui peuvent dépasser 1 m de haut, elles protègent les plages de l’érosion.
Statut et protection
L’UICN classe Posidonia oceanica en « Préoccupation mineure » (LC), selon une évaluation de 2016 corrigée en 2018. Ce statut mondial ne doit pas masquer la régression locale des herbiers, liée selon DORIS à la pollution et aux actions mécaniques : un herbier détruit laisse une matte morte que le sédiment recouvre peu à peu.
En France, l’espèce est protégée par l’arrêté ministériel du 19 juillet 1988. Les herbiers figurent à l’annexe I de la directive Habitats de 1992. Ils sont aussi visés par la Convention de Berne et par la Convention de Barcelone, et doivent être pris en compte dans les études d’impact des aménagements littoraux.
Bien l’observer et la photographier
L’herbier se découvre en survol. Réglez votre flottabilité avant d’arriver au-dessus et restez à distance des feuilles : un coup de palme arrache des faisceaux qui mettront des années à repousser. Ne vous posez pas sur la matte, ne ramassez ni feuilles ni fruits, et ne fixez pas de mouillage dans l’herbier, préférez un fond de sable nu.
Pour la photo, un grand-angle en lumière naturelle rend bien le moutonnement de l’herbier. Placez-vous en lisière, là où la matte forme un tombant : vous montrerez à la fois les feuilles, les rhizomes et l’épaisseur du talus. Prenez le temps de fouiller du regard entre les faisceaux, sans les écarter à la main : c’est là que se cachent hippocampes et syngnathes, et que les petits invertébrés fixés sur les feuilles offrent de bons sujets de macro.