Fiche n° 1108 · Faune · Poissons
Congre
Conger conger
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-congre/
Clé d'identification
- Corps serpentiforme, rond à l'avant puis comprimé latéralement après l'anus, sans écailles et couvert de mucus.
- Peau grise à noirâtre, ventre plus clair ; griffures blanches fréquentes.
- Dorsale, caudale et anale soudées en une seule nageoire bordée de noir ; la dorsale commence au niveau des pectorales.
- Pas de nageoires pelviennes, mais des pectorales bien développées.
- Grande bouche aux lèvres épaisses qui dépasse l'œil, mâchoire supérieure légèrement plus longue que l'inférieure.
- Ligne latérale bien visible sur toute la longueur du corps.
Noms
- Nom usuel
- Congre
- Nom scientifique
- Conger conger
- Autres noms
- Congre commun · Congre européen · Anguille de mer · Fouet (juvénile) · Congrette (juvénile)
- Synonymes
- Muraena conger · Conger vulgaris · Conger communis · Anguilla conger
Distribution géographique
Atlantique nord-est, de la Norvège et de l'Islande au Sénégal, Méditerranée et mer Noire. En France : Manche, Atlantique, Méditerranée et Corse.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Côtes rocheuses, failles, grottes et épaves où il se cache le jour ; fonds meubles à proximité. Les jeunes restent près du littoral, les adultes gagnent des eaux plus profondes.
Profondeur : 0 – 500 m
Repères pour le plongeur
Grand poisson serpentiforme gris à nageoire unique bordée de noir, le congre montre surtout sa tête à l'entrée des failles et des épaves, et chasse la nuit. Ne le nourrissez pas, ne le touchez pas et ne le tirez jamais hors de son trou.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore nocturne : poissons, crustacés (crabes) et céphalopodes (seiches, poulpes).
Reproduction
Se reproduit une seule fois puis meurt. Migration vers le large en été, ponte de 3 à 8 millions d'œufs à grande profondeur ; larves leptocéphales qui dérivent 1 à 2 ans avant de gagner la côte.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 20 octobre 2011 selon FishBase. Espèce non protégée en France ; sa pêche est soumise à une taille légale de capture.
Espèces ressemblantes
- Anguille européenne (Anguilla anguilla) : dorsale qui commence bien en arrière des pectorales, mâchoire supérieure plus courte que l'inférieure, 1 à 1,50 m au plus, eaux très peu profondes.
- Congre des Baléares (Ariosoma balearicum) : bien plus petit (40 à 50 cm), peau grise à dorée, enfoui dans le sable le jour.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le congre est un poisson osseux de l’ordre des anguilliformes, et non un invertébré. Son corps serpentiforme est rond à l’avant, puis aplati sur les côtés à partir de l’anus. Il n’a pas d’écailles : sa peau épaisse, grise à noirâtre avec un ventre plus clair, est couverte de mucus et porte souvent des griffures blanches laissées par ses proies. DORIS mentionne aussi de rares individus entièrement blancs.
La taille courante tourne autour de 1 m pour les mâles et 1,50 m pour les femelles selon FishBase, et DORIS cite des congres de 2 m, parfois plus de 3 m. Le record publié atteint 110 kg.
Trois critères suffisent sous l’eau. La dorsale, la caudale et l’anale forment une seule nageoire continue, bordée de noir, qui démarre à hauteur des pectorales. Il n’a pas de nageoires pelviennes. Enfin, sa grande bouche aux lèvres épaisses s’étend au-delà de l’œil, avec une mâchoire supérieure un peu plus longue que l’inférieure. La ligne latérale se suit nettement sur tout le corps. Les jeunes ont des yeux proportionnellement plus grands.
L’anguille européenne, qui vit sur les mêmes côtes, s’en distingue par sa dorsale qui commence loin derrière les pectorales, sa mâchoire inférieure plus longue et sa taille plus modeste. Le congre des Baléares, beaucoup plus petit et à reflets dorés, reste enfoui dans le sable le jour.
Où et quand l’observer en France
DORIS le décrit comme relativement commun sur les côtes françaises, en Manche, en Atlantique comme en Méditerranée, et même abondant là où la sédimentation est forte. Le jour, il occupe les failles, les éboulis, les grottes et surtout les épaves, d’où il ne sort souvent que la tête. Il fréquente aussi les fonds meubles à proximité de ces abris.
Les jeunes restent près du littoral : les « fouets » ou « congrettes » survivent même à marée basse sous les pierres humides, et les pêcheurs à pied trouvent parfois des adultes dans des failles à moitié émergées. Les grands individus gagnent des eaux plus profondes ; FishBase le signale surtout entre 0 et 500 m. On peut le voir toute l’année, et la plongée de nuit offre la meilleure chance de l’observer hors de son trou.
Biologie et comportement
C’est un grand prédateur nocturne. Il chasse poissons, crabes, seiches et poulpes : il brise les carapaces et arrache les tentacules en tournant sur lui-même. Solitaire, il partage pourtant souvent son abri avec d’autres congres dans les épaves. Des crevettes nettoient sa peau et ses dents. Homards et tourteaux cohabitent parfois avec lui, mais l’association tourne court : le crustacé finit souvent mangé au moment de sa mue.
Sa reproduction reste mal connue. Le congre ne se reproduirait qu’une fois : il migre vers le large en été, pond 3 à 8 millions d’œufs à grande profondeur, puis meurt. Ses larves leptocéphales dérivent un à deux ans avant de revenir à la côte. La maturité arrive entre 5 et 15 ans selon FishBase : les congres que vous croisez en plongée ne se sont donc, selon DORIS, pas encore reproduits.
Statut et protection
L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC), selon une évaluation du 20 octobre 2011 reprise par FishBase. Il n’est pas protégé en France. Sa pêche n’a pas de réglementation particulière, mais une taille légale de capture s’applique. DORIS note que les pêcheurs prélèvent surtout des individus jeunes, qui ne se sont pas encore reproduits, ce qui rend ce cycle fragile.
Bien l’observer et la photographier
Avancez lentement vers l’entrée de la faille et restez à distance : un congre dérangé se retire au fond de son abri. Une lampe tenue de biais, à faible puissance, révèle la tête et la ligne latérale sans l’agresser. Pour la photo, cadrez la tête de trois quarts en incluant la bouche et l’œil, et guettez la crevette nettoyeuse qui partage parfois son trou.
Ne le nourrissez pas : DORIS rappelle que cela modifie son comportement et que c’est dans ces situations qu’il mord. Ne le tirez jamais par la queue pour le faire sortir. Sa morsure est rarement grave mais peut s’infecter, et le vrai danger reste la panique du plongeur.