Fiche n° 1116 · Faune · Invertébrés

Homard européen

Homarus gammarus

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-homard-europeen/

Homard européen (Homarus gammarus)
Photo : Bart Braun — Public domain — source

Clé d'identification

  • Grand crustacé décapode de 25 à 50 cm en général, carapace bleu sombre, extrémités des pattes blanches.
  • Deux grandes pinces asymétriques : la plus large, à dents irrégulières, broie ; la plus fine, à dents en scie, coupe.
  • Grandes antennes orange, plus des antennules courtes à l'avant de la tête.
  • Rostre épineux dont toutes les épines pointent vers le haut.
  • Yeux sur pédoncules mobiles ; abdomen segmenté terminé par un éventail caudal.
  • Mâle aux pinces plus grosses et au corps plus fin ; femelle aux pinces plus petites et à l'abdomen plus large.

Noms

Nom usuel
Homard européen
Nom scientifique
Homarus gammarus
Autres noms
Homard · European lobster · Bogavante
Synonymes
Cancer gammarus · Homarus vulgaris · Astacus marinus · Astacus europeus

Distribution géographique

Atlantique est, de la Norvège au Maroc, Manche, Méditerranée occidentale et centrale, et mer Noire ; absent à l'est de la Crète. En France, commun en Manche et en Atlantique, beaucoup moins en Méditerranée ; observé en Bretagne (Ploumanac'h, Saint-Malo, Perros-Guirec) et en Corse (Galéria).

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Fonds rocheux et substrats durs du plateau continental. Le jour, il reste dans un abri (faille, trou, épave) qu'il entretient en repoussant le sédiment. Surtout entre 20 et 100 m selon DORIS, à partir de 30 m en Méditerranée.

Profondeur : 0 – 150 m

Repères pour le plongeur

Crustacé à carapace bleu sombre et à grosses pinces asymétriques, caché le jour au fond d'une faille ou d'une épave, antennes orange dehors. Observez-le sans le toucher : ses pinces peuvent blesser un doigt.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore opportuniste et charognard : mollusques, vers, échinodermes, plus occasionnellement crustacés, poissons, cadavres et algues.

Reproduction

Sexes séparés. Accouplement après la mue de la femelle ; ponte de juillet à décembre, 5 000 à 50 000 œufs portés sous l'abdomen 7 à 10 mois ; éclosions surtout en mai-juin, larves planctoniques environ un mois.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 5 décembre 2009 selon SeaLifeBase. Annexe III des conventions de Berne et de Barcelone. Taille minimale de capture en Méditerranée (règlement CE n° 1967/2006) : 300 mm de longueur totale ou 105 mm de céphalothorax. Espèce raréfiée par la surpêche au casier.

Espèces ressemblantes

  • Homard américain (Homarus americanus) : vert foncé à brun, orangé sous le ventre, pinces plus larges et plates, une épine sous le rostre ; absent des côtes françaises.
  • Langouste (Palinurus elephas) : mêmes failles rocheuses, mais sans grosses pinces.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

Le homard européen est un crustacé décapode de la famille des Nephropidae. Il mesure le plus souvent 25 à 50 cm. DORIS cite un maximum de 60 cm pour au moins 8 kg. Vivant, il n’a rien de rouge : sa carapace est bleuâtre, souvent très sombre, et le bout de ses pattes est blanc. Il ne devient rouge qu’à la cuisson.

Le critère décisif, ce sont les deux grandes pinces, de tailles différentes. La plus large porte des dents irrégulières et sert à broyer. La plus fine a des dents en scie et sert à couper. La grosse pince peut se trouver à droite comme à gauche. À l’avant, les grandes antennes orange servent au toucher, et les antennules, plus courtes, à l’odorat. Les yeux sont portés par des pédoncules mobiles. Le rostre est épineux, et toutes ses épines pointent vers le haut.

Le mâle a de plus grosses pinces et un corps plus fin que la femelle, dont l’abdomen, plus large, porte les œufs.

Selon DORIS, la seule espèce vraiment proche est le homard américain, vert foncé à brun avec le ventre orangé, des pinces plus larges et plates et une épine sous le rostre. Il est absent des côtes françaises. La langouste partage les mêmes failles, mais elle n’a pas de grosses pinces.

Où et quand l’observer en France

L’espèce vit dans l’Atlantique est, de la Norvège au Maroc, en Manche, en Méditerranée occidentale et centrale et en mer Noire. DORIS la dit commune en Manche et en Atlantique, beaucoup moins en Méditerranée. Les observations rapportées par DORIS citent la Bretagne nord (Ploumanac’h, Perros-Guirec, Saint-Cast, Saint-Malo) et la Corse (Galéria).

Le homard fréquente les fonds rocheux. DORIS le situe surtout entre 20 et 100 m, et plutôt à partir de 30 m en Méditerranée. Le jour, cherchez-le au fond d’une faille, sous un bloc ou dans une épave : on n’en voit souvent que les antennes orange et le bout des pinces. Il est présent toute l’année.

Biologie et comportement

C’est un carnivore opportuniste, actif surtout la nuit. Il chasse avant tout des proies lentes, mollusques, vers et échinodermes, et mange à l’occasion des crustacés, des poissons, des cadavres et des algues. Ses prédateurs sont le poulpe et l’homme.

Solitaire et territorial, il ne tolère ses congénères qu’à la reproduction. L’accouplement a lieu juste après la mue de la femelle, quand sa carapace est encore molle. Elle pond de juillet à décembre, de 5 000 à 50 000 œufs selon sa taille, qu’elle garde sous l’abdomen 7 à 10 mois. Les larves, écloses surtout en mai-juin, passent environ un mois dans le plancton. DORIS estime sa longévité à 15 à 20 ans en mer.

Il palpe son environnement, parfois le plongeur lui-même, avec ses antennes. Menacé, il lève les pinces et les fait claquer. DORIS évoque une association avec le congre dans les mêmes abris, sans qu’on ait prouvé que celui-ci guette la mue du homard pour le manger.

Statut et protection

L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC), selon une évaluation du 5 décembre 2009 reprise par SeaLifeBase. Il figure à l’annexe III des conventions de Berne et de Barcelone. En Méditerranée, le règlement CE n° 1967/2006 fixe sa taille minimale de capture à 300 mm de longueur totale ou 105 mm de céphalothorax. DORIS le décrit comme raréfié par la surpêche, en particulier au casier.

Bien l’observer et la photographier

Pour le voir en entier, plongez de nuit, quand il sort de son abri pour chasser. De jour, approchez la faille lentement et éclairez l’entrée de côté, sans braquer la lampe dans l’axe : vous distinguerez les pinces et les yeux sans le faire reculer au fond. Ne glissez jamais la main dans son trou. DORIS rappelle que ses pinces peuvent sectionner un doigt.

En photo, la carapace sombre absorbe la lumière : un éclairage latéral fait ressortir le bleu et le blanc du bout des pattes. Cadrez de trois quarts face pour montrer les deux pinces inégales, le meilleur critère d’identification. S’il lève les pinces, il se sent menacé : reculez.

Sources