Fiche n° 1107 · Faune · Poissons

Murène commune

Muraena helena

Europe Méditerranée Corse

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-murene-commune/

Murène commune (Muraena helena)
Photo : RamiAubourg — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corps serpentiforme sans écailles, comprimé sur les côtés, jusqu'à 1,50 m.
  • Robe brun foncé, parfois violacée, marbrée de taches blanches et jaunes.
  • Narines tubulaires bien visibles qui dépassent à l'avant du museau.
  • Grande gueule ouverte jusqu'en arrière des yeux, avec une rangée de longues dents à l'avant.
  • Ni nageoires pectorales ni nageoires ventrales ; dorsale et anale forment une seule nageoire continue jusqu'au bout de la queue.
  • Chez l'adulte, une zone de peau plissée au-dessus des yeux.

Noms

Nom usuel
Murène commune
Nom scientifique
Muraena helena
Autres noms
Murène de Méditerranée · Murène · Mediterranean moray
Synonymes
Muraena guttata · Muraenophis helena · Gymnothorax muraena

Distribution géographique

Tout le bassin méditerranéen et l'Atlantique Est, des îles Britanniques au Sénégal. En France : littoral méditerranéen et Corse ; GBIF ne compte que deux signalements non datés dans la Manche et deux échantillons anciens pris au large de la Bretagne.

Zones : Méditerranée · Corse — Europe

Biotope

Fonds rocheux et falaises côtières riches en anfractuosités : failles, crevasses, éboulis, parfois amphores. De la surface jusqu'à une centaine de mètres selon DORIS.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Murène brune marbrée de jaune et de blanc, reconnaissable à ses narines tubulaires ; en Méditerranée et en Corse, cherchez-la dans les failles des tombants rocheux. Elle ne mord que si elle se sent menacée : ne glissez jamais la main dans un trou.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur nocturne à l'affût : poulpes, calmars et seiches de préférence, aussi poissons, crustacés et parfois charognes.

Reproduction

Sexes séparés. Ponte estivale (juillet à septembre) d'œufs d'environ 5 mm ; larves leptocéphales qui dérivent environ un an dans le plancton. Migration vers le large pour frayer selon FishBase.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 18 août 2011 selon FishBase. Aucun statut de protection légal en France selon DORIS, qui rapporte une raréfaction perçue par les plongeurs ; l'espèce est pêchée depuis l'Antiquité.

Espèces ressemblantes

  • Murène chocolat (Gymnothorax unicolor) : plus petite (jusqu'à 80 cm), tête plus arrondie, corps brun uni sans marbrures, tête plus foncée.
  • Congre (Conger conger) : gris, tête plus allongée, lèvres épaisses et pas de narines tubulaires.
  • Muraena augusti : très proche, mais limitée aux Canaries, aux Açores et à Madère ; tête foncée et yeux blancs contrastés.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

La murène commune est un long poisson serpentiforme. Selon FishBase, elle peut atteindre 1,50 m et 6,5 kg, mais la plupart des individus mesurent environ 80 cm. Son corps est comprimé sur les côtés, surtout vers la queue. La peau, épaisse et sans écailles, est couverte de mucus. Elle n’a ni nageoires pectorales ni nageoires ventrales : la dorsale et l’anale forment une seule nageoire continue jusqu’au bout de la queue.

La robe est brun foncé, parfois violacée, marbrée de taches blanches et jaunes. Regardez le museau : deux narines tubulaires bien visibles dépassent à l’avant. La gueule s’ouvre jusqu’en arrière des yeux, avec une rangée de longues dents à l’avant. Chez l’adulte, la peau forme une zone plissée au-dessus des yeux.

DORIS cite deux confusions possibles en France. La murène chocolat (Gymnothorax unicolor) est plus petite, jusqu’à 80 cm. Sa tête est plus arrondie et son corps brun uni, sans marbrures. Le congre est gris, avec une tête plus allongée, des lèvres épaisses et pas de narines tubulaires. Une troisième espèce proche, Muraena augusti, ne vit qu’aux Canaries, aux Açores et à Madère.

Où et quand l’observer en France

L’espèce occupe tout le bassin méditerranéen et l’Atlantique Est, des îles Britanniques au Sénégal. En France, c’est en Méditerranée et en Corse que vous la rencontrerez : DORIS l’illustre notamment par une photo prise à 22 m à Calvi. Côté Atlantique, les données sont maigres. GBIF ne recense que deux signalements non datés dans la Manche et deux échantillons de 1990 et 1999 pris au large, à l’ouest de la Bretagne. Ne comptez donc pas la croiser en plongée sur la façade atlantique ou dans la Manche.

Elle vit sur les fonds rocheux et les falaises côtières percées de failles, de crevasses et d’éboulis, parfois dans une amphore. DORIS la signale de la surface jusqu’à une centaine de mètres. Territoriale et solitaire, elle reste toute l’année dans son trou le jour et en sort la nuit pour chasser.

Biologie et comportement

C’est un prédateur nocturne qui chasse à l’affût depuis son repaire. Elle nage mal et voit peu, mais son odorat, servi par ses narines tubulaires, est très développé. Elle consomme surtout des poulpes, des calmars et des seiches, ainsi que des poissons, des crustacés et parfois des charognes. Pour déchirer une grosse proie, elle fait un nœud avec sa queue, le fait glisser vers la tête, puis tire en arrière.

Sa reproduction est mal connue. La ponte a lieu en été, de juillet à septembre, et les œufs mesurent environ 5 mm. Les larves leptocéphales dérivent environ un an au gré des courants avant de rejoindre le fond. FishBase indique une migration vers le large pour frayer et un âge maximal rapporté de 38 ans. La crevette nettoyeuse Lysmata seticaudata débarrasse souvent la murène de ses parasites, jusque dans sa gueule.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date cette évaluation du 18 août 2011. Elle n’a aucun statut de protection légal en France. DORIS rapporte que les plongeurs la jugent de plus en plus rare. Sa chair, appréciée depuis l’Antiquité, en fait une cible de pêche.

Bien l’observer et la photographier

Elle n’est pas agressive et ne mord que si elle se sent menacée. Sa morsure reste sérieuse : les débris de nourriture coincés entre ses dents peuvent infecter la plaie et ralentir la cicatrisation. Ne passez jamais la main dans une faille sans voir ce qu’elle abrite, et ne la nourrissez pas.

Approchez-vous lentement, en restant stable au-dessus du fond pour ne pas soulever de sédiment devant le trou. Une focale macro moyenne permet de cadrer la tête sans entrer dans sa zone de défense. Faites la mise au point sur l’œil et les narines tubulaires, qui confirment l’espèce. De nuit, la murène sort à découvert. Éclairez-la de biais, sans la suivre ni lui couper la route vers son abri.

Sources