Fiche n° 1119 · Faune · Invertébrés
Poulpe
Octopus vulgaris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-poulpe/
Clé d'identification
- Corps mou sans coquille, manteau en sac souvent marbré, environ 60 cm bras compris en moyenne.
- Huit bras reliés à la base par une membrane, chacun portant deux rangées de ventouses ; les bras latéraux sont les plus longs.
- Yeux saillants et mobiles, à pupille noire horizontale et rectangulaire.
- Couleur et texture changeantes en un instant : du beige au brun-rouge, peau lisse ou hérissée de papilles.
- Chez le mâle, le troisième bras droit est modifié en organe copulateur, à l'extrémité en spatule.
- Entrée du gîte souvent jonchée de coquilles vides et de carapaces de crustacés.
Noms
- Nom usuel
- Poulpe
- Nom scientifique
- Octopus vulgaris
- Autres noms
- Poulpe commun · Poulpe de roche · Pieuvre · Common octopus
Distribution géographique
Méditerranée et Atlantique Nord-Est, de la Manche au Sénégal. En France : tout le littoral méditerranéen, Corse comprise, et toute la façade atlantique ; en Manche, sa limite se situerait sur les côtes nord de la Bretagne ou de la Normandie.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fonds côtiers, surtout rocheux : éboulis, coralligène, failles, mais aussi sable, vase et herbiers. Du bord jusqu'à environ 150 m, plus abondant dans les premières dizaines de mètres.
Profondeur : 0 – 150 m
Repères pour le plongeur
Le poulpe commun vit dans un gîte rocheux dont l'entrée est souvent trahie par des coquilles vides et des carapaces. Observez-le sans le sortir de son trou ni le provoquer jusqu'à ce qu'il projette son encre.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : crustacés, autres céphalopodes, bivalves, très rarement poissons. Proies saisies avec les bras, tuées par une salive venimeuse, découpées au bec ; coquilles percées par la radula.
Reproduction
Sexes séparés ; le mâle dépose ses spermatophores dans la cavité du manteau de la femelle avec son bras copulateur. Ponte de mars à novembre en France : 100 000 à 500 000 œufs en cordons fixés au plafond du gîte, ventilés par la femelle sans manger pendant 24 à 125 jours ; elle meurt après l'éclosion.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN : évaluation du 8 avril 2016 selon SeaLifeBase, publiée en 2018 selon DORIS. Espèce pêchée ; dans le Parc national des Calanques, sa pêche est interdite du 1er juin au 30 septembre.
Espèces ressemblantes
- Poulpe nocturne (Callistoctopus macropus) : bras plus fins et plus longs, rangées de points blancs sur une robe rouge.
- Élédones (genre Eledone) : une seule rangée de ventouses par bras, mimétisme moins poussé, vivent plus profond.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Invertébrés
Identification
Le poulpe commun est un mollusque céphalopode, cousin de la seiche, sans coquille ni squelette. Son manteau en forme de sac porte des marbrures typiques ; huit bras en étoile en partent, reliés à leur base par une membrane. Chaque bras porte deux rangées de ventouses, jusqu’à 240 au total, et les bras latéraux sont plus longs que les autres. DORIS donne une taille moyenne d’environ 60 cm bras compris, avec des records de 1,20 m chez la femelle et de 1,30 m chez le mâle, pour un poids moyen de 3 kg.
La couleur ne sert guère à l’identifier : grâce à plusieurs couches de cellules pigmentaires et réfléchissantes, il passe du beige au brun-rouge et modifie aussi le relief de sa peau. Fiez-vous plutôt aux yeux saillants à pupille noire horizontale et aux deux rangées de ventouses. Le mâle se reconnaît à son troisième bras droit, terminé en spatule.
Deux confusions sont possibles en France. Le poulpe nocturne a des bras plus fins, ponctués de points blancs. Les élédones n’ont qu’une rangée de ventouses par bras et vivent plus profond.
Où et quand l’observer en France
DORIS le signale sur tout le littoral méditerranéen, Corse comprise, et sur toute la façade atlantique. En Manche, sa limite se situerait aujourd’hui sur les côtes nord de la Bretagne ou de la Normandie. L’espèce remontait autrefois jusqu’au sud de la mer du Nord, puis elle a disparu de ces côtes, sans cause établie.
Il vit sur le fond, des premiers mètres jusqu’au rebord du plateau continental, vers 150 m, et se raréfie avec la profondeur. Les éboulis, les failles et le coralligène lui fournissent des gîtes, mais il s’aventure aussi sur le sable, la vase et les herbiers. Sédentaire, il occupe la même cavité tant qu’il n’est pas dérangé : on le croise toute l’année.
Biologie et comportement
Carnivore, il chasse surtout crabes et autres crustacés, céphalopodes et bivalves, et très rarement des poissons. Il saisit sa proie avec les bras, la paralyse par une salive venimeuse, puis la découpe avec son bec ou perce la coquille avec sa radula.
Il vit en solitaire. Après l’accouplement, la femelle pond de mars à novembre 100 000 à 500 000 œufs de 2 mm, en cordons suspendus au plafond de sa cavité. Elle les ventile et les nettoie sans s’alimenter, de 24 à 125 jours selon la température, puis meurt après l’éclosion. Les larves dérivent dans le plancton avant de s’installer sur le fond. Menacé, le poulpe fuit par jet d’eau, lâche un nuage d’encre ou abandonne un bras, qui repousse en quelques mois.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). SeaLifeBase date cette évaluation du 8 avril 2016, et DORIS indique une inscription en 2018. Pêché depuis l’Antiquité, le poulpe n’est pas jugé menacé. Dans le Parc national des Calanques, sa pêche est interdite du 1er juin au 30 septembre, en pleine période de reproduction.
Bien l’observer et la photographier
Repérez les amas de coquilles vides et de carapaces au pied des rochers : un œil mobile se cache souvent juste derrière. Approchez lentement, à plat ventre au-dessus du fond, et restez à hauteur de l’entrée. DORIS le décrit comme un animal joueur : laissez-lui le temps de s’habituer à vous plutôt que de forcer le contact.
Ne le tirez jamais hors de son trou et ne le harcelez pas jusqu’à ce qu’il crache son encre : DORIS rappelle que cette défense lui coûte beaucoup d’énergie. Une femelle qui garde ses cordons d’œufs ne doit pas être dérangée, car elle ne quittera pas sa ponte. Pour la photo, un objectif macro ou un grand-angle rapproché fonctionne bien ; visez l’œil et sa pupille horizontale, et photographiez plusieurs fois le même individu pour saisir ses changements de couleur.