Fiche n° 1122 · Faune · Invertébrés

Étoile de mer

Marthasterias glacialis

Europe Méditerranée Bretagne Corse

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-etoile-de-mer/

Étoile de mer (Marthasterias glacialis)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Grande étoile à 5 bras rigides, arrondis et effilés, de 30 à 40 cm en général.
  • Sur chaque bras, 3 lignes régulières de gros piquants coniques, chacun entouré d'un bourrelet de petites pinces (pédicellaires).
  • Entre les piquants, de petites papules respiratoires souvent orangées, en doigts de gant.
  • Une tache rose vif au bout de chaque bras, entourée de petits piquants : c'est la tache oculaire.
  • Une seule plaque madréporique claire, légèrement décentrée sur le disque bombé.
  • Couleur très variable : brun, gris, vert olive près de la côte ; violet, rose, orangé ou blanc chez les grands individus profonds.

Noms

Nom usuel
Étoile de mer
Nom scientifique
Marthasterias glacialis
Autres noms
Étoile de mer glaciaire · Étoile glaciaire · Astérie glaciaire · Étoile épineuse · Marthastérias · Spiny starfish
Synonymes
Asterias glacialis · Asterias spinosa · Stellonia glacialis · Coscinasterias glacialis · Uraster glacialis

Distribution géographique

Atlantique, de la Norvège à l'Afrique du Sud (Açores, Canaries et Cap-Vert compris), et tout le bassin méditerranéen. Absente ou très rare en Manche et en mer du Nord selon DORIS.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse — Europe

Biotope

Fonds durs et rocheux, dans les fissures, les cavités et sous les pierres, mais aussi sur sable grossier et fonds sablo-vaseux. En Méditerranée, très commune sur le coralligène et les fonds d'algues calcaires. De la surface à plus de 200 m.

Profondeur : 0 – 200 m

Repères pour le plongeur

Grande étoile à cinq bras hérissés de trois lignes de gros piquants, fréquente sur les roches et le coralligène de Méditerranée et de l'Atlantique. Prédatrice de moules et d'huîtres : observez-la sans la retourner ni la sortir de l'eau.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore vorace : surtout des bivalves (moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques), dont elle écarte les valves avant d'y glisser son estomac ; aussi oursins, gastéropodes, crustacés, poissons blessés, parfois charognes.

Reproduction

Sexes séparés, fécondation externe en pleine eau ; une femelle peut émettre jusqu'à 2 millions d'ovules. Larves planctoniques (bipinnaria puis brachiolaria). Forte capacité de régénération : un bras portant une partie du disque peut reformer une étoile entière.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (version 2025-2, selon SeaLifeBase). DORIS ne mentionne aucune réglementation particulière pour l'espèce.

Espèces ressemblantes

  • Étoile de mer épineuse (Coscinasterias tenuispina) : 7 à 10 bras et rarement plus de 10 cm ; seuls les juvéniles de M. glacialis peuvent prêter à confusion.
  • Étoile de mer commune (Asterias rubens) : plus petite (12 à 15 cm), rouge orangé, avec une seule rangée de petits piquants blancs au milieu de chaque bras ; très rare en Méditerranée.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

Le nom « étoile de mer » désigne ici une espèce précise : Marthasterias glacialis, l’étoile de mer glaciaire, l’une des plus grandes étoiles des côtes françaises. C’est un échinoderme de la famille des Asteriidae. Elle mesure en général 30 à 40 cm, et DORIS cite des individus exceptionnels de 80 cm.

Elle porte toujours cinq bras rigides, arrondis et effilés vers la pointe. Le critère décisif se voit dès le premier regard : chaque bras est hérissé de trois lignes régulières de gros piquants coniques. À la base de chacun, un bourrelet de minuscules pinces, les pédicellaires, sert à la défense et au nettoyage du corps. Entre les piquants dépassent de petites papules en doigts de gant, souvent orangées, qui lui servent de branchies. Au bout de chaque bras, une tache rose vif entourée de petits piquants capte la lumière : c’est sa tache oculaire. Sur le disque central, légèrement bombé, une seule plaque madréporique claire est un peu décentrée.

La couleur ne suffit pas à l’identifier. Les petits individus de faible profondeur sont surtout brun foncé, gris, vert olive ou bleu sale. Au-delà de 50 m, les grands individus tirent plus souvent vers le violet, le rose, l’orangé, le rouge-brun ou le blanc.

Deux confusions sont possibles. L’étoile de mer commune (Asterias rubens), plus petite (12 à 15 cm) et rouge orangé, n’a qu’une rangée continue de petits piquants blancs au milieu de chaque bras. L’étoile de mer épineuse (Coscinasterias tenuispina) ne dépasse guère 10 cm et possède 7 à 10 bras : seuls les juvéniles de l’étoile glaciaire peuvent la rappeler. Attention toutefois, une étoile glaciaire qui a perdu ou régénéré un bras peut en compter 4, 6 ou 7.

Où et quand l’observer en France

L’espèce vit dans tout le bassin méditerranéen, Corse comprise, et sur la façade atlantique, de la Norvège jusqu’à l’Afrique du Sud. En revanche, DORIS la dit absente ou très rare en Manche et en mer du Nord, ce que la fiche juge étonnant.

On la trouve de la surface à plus de 200 m. Elle affectionne les fonds durs, où elle se loge dans les fissures, les cavités et sous les pierres, mais elle fréquente aussi le sable grossier et les fonds sablo-vaseux. En Méditerranée, elle est très commune sur le coralligène et sur les fonds d’algues calcaires. Aucune source consultée ne lui attribue de saison : elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

C’est une prédatrice vorace, surtout de bivalves : moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques. Elle agrippe la coquille avec ses podia, écarte les valves par une traction soutenue, puis fait sortir une partie de son estomac à l’intérieur de la proie pour la digérer sur place. Elle s’attaque aussi aux oursins mal fixés, qu’elle retourne, ainsi qu’aux gastéropodes, aux crustacés et aux poissons blessés, et se fait charognarde à l’occasion. Cet appétit la rend redoutée des ostréiculteurs et des mytiliculteurs.

Les sexes sont séparés et la fécondation se fait en pleine eau. Une femelle peut libérer jusqu’à 2 millions d’ovules. Les larves, planctoniques, passent par les stades bipinnaria puis brachiolaria avant de se fixer et de prendre la forme d’une étoile. L’espèce régénère ses bras, et un bras portant une partie du disque peut reformer un individu entier.

En Méditerranée, la petite crevette Gnathophyllum elegans est souvent observée sur l’étoile ou à côté, sans que l’on sache encore pourquoi.

Statut et protection

L’étoile de mer glaciaire n’a pas été évaluée par l’UICN : SeaLifeBase la classe « Not Evaluated » d’après la version 2025-2 de la liste rouge mondiale. La fiche DORIS ne mentionne aucune réglementation particulière la concernant.

Bien l’observer et la photographier

Cherchez-la dans les failles et sous les surplombs, sur les roches et le coralligène : seuls quelques bras dépassent parfois. Ne la retournez pas et ne la sortez pas de l’eau pour voir sa face inférieure. Si vous la trouvez sur une coquille ou un oursin, restez à distance et observez la scène, qui dure longtemps.

Pour la photo, placez-vous au-dessus de l’animal pour montrer les cinq bras et les trois lignes de piquants. Un cliché rapproché de la pointe d’un bras montre la tache oculaire rose, et un autre les pédicellaires blancs autour des piquants. Sur le coralligène, stabilisez-vous sans prendre appui sur les gorgones ni sur les algues calcaires.

Sources