Fiche n° 1140 · Flore · Algues & plantes

Coralline encroûtante

Lithophyllum incrustans

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-coralline-encroutante/

Coralline encroûtante (Lithophyllum incrustans)
Photo : jerry2018 — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Croûte calcaire dure, collée à la roche, pouvant dépasser 30 cm de diamètre.
  • Rose chez les jeunes thalles, gris mauve chez les plus âgés ; les parties mortes deviennent blanc jaunâtre.
  • Jeune thalle lisse et presque circulaire, aux bords bien collés ; thalle âgé rugueux, pustuleux ou ondulé, aux bords qui se relèvent.
  • Là où deux thalles se rencontrent, un bourrelet très tortueux rose vineux (crête d'affrontement).
  • Surface percée de petits pores, ouvertures des organes reproducteurs.

Noms

Nom usuel
Coralline encroûtante
Nom scientifique
Lithophyllum incrustans
Autres noms
Algue feuille de pierre encroûtante · Lithophylle encroûtant · Lithophylle épais
Synonymes
Lithothamnion incrustans · Spongites confluens · Crodelia incrustans · Hyperantherella incrustans

Distribution géographique

Côtes européennes de la Scandinavie au Portugal, Macaronésie et Méditerranée ; signalée aussi en Afrique du Sud et aux Mascareignes. En France : Manche, Atlantique (Bretagne), Méditerranée et Corse.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Rochers du bas de l'estran battus par les vagues et cuvettes littorales, jusqu'à une dizaine de mètres. Espèce photophile ; dans les zones très battues, elle peut former des encorbellements.

Profondeur : 0 – 10 m

Repères pour le plongeur

Croûte calcaire rose à gris mauve qui tapisse les rochers et les cuvettes du bas de l'estran : cherchez le bourrelet rose vineux qui sépare deux thalles. Ne retournez pas les pierres des cuvettes et ne prélevez pas la croûte, qui croît d'environ 7 mm par an.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Autotrophe : photosynthèse à partir du dioxyde de carbone et des minéraux dissous, grâce à la lumière.

Reproduction

Cycle à trois générations d'aspect semblable (tétrasporophyte, gamétophytes mâles ou femelles, carposporophyte) ; reproduction en avril puis de septembre à novembre selon DORIS. Espèce pérenne, vivant de 20 à 100 ans.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, d'après GBIF (consulté le 15/10/2026). DORIS ne mentionne aucune protection réglementaire en France.

Espèces ressemblantes

  • Phymatolithon purpureum : presque identique sous ses formes tourmentées, mais thalle plus mince, d'un rouge un peu plus vif, et souvent plus bas sur l'estran (DORIS).
  • Phymatolithon lenormandii et Lithothamnion sonderi : autres croûtes calcaires roses, qui ne se distinguent sûrement qu'au microscope (DORIS).

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

La coralline encroûtante n’a rien d’un corail : c’est une algue rouge dont les tissus se chargent de calcaire. Elle forme sur la roche une croûte dure, pierreuse au toucher, qui peut dépasser 30 cm de diamètre. Son nom latin le dit : Lithophyllum signifie « feuille de pierre », et incrustans « couvrir d’une croûte ».

L’aspect change avec l’âge. Un jeune thalle est rose, lisse, presque circulaire, et ses bords restent bien plaqués sur le support. Il ne mesure alors que quelques millimètres d’épaisseur. Un thalle âgé devient gris mauve, épais de plusieurs centimètres, avec une surface rugueuse, pustuleuse ou ondulée, souvent piquetée de petits coquillages pris dans le calcaire. Ses bords se décollent et se relèvent. Au soleil, la couleur pâlit, et les zones mortes virent au blanc jaunâtre.

Le meilleur critère, selon DORIS, apparaît là où deux croûtes se rejoignent : elles forment un bourrelet très tortueux, rose vineux, qui grisonne en séchant. En regardant de près, vous verrez aussi de petits pores à la surface : ce sont les ouvertures des organes reproducteurs.

La confusion la plus fréquente se fait avec Phymatolithon purpureum, presque identique sous ses formes tourmentées, mais plus mince, d’un rouge un peu plus vif et souvent plus bas sur l’estran. Phymatolithon lenormandii et Lithothamnion sonderi lui ressemblent aussi : seul un examen au microscope permet de les séparer avec certitude.

Où et quand l’observer en France

L’espèce occupe toutes les côtes européennes, de la Scandinavie au Portugal, ainsi que la Méditerranée. GBIF recense des observations en Bretagne, en Normandie, en Pays de la Loire, en Aquitaine, en Languedoc-Roussillon, en Provence et autour de la Corse.

Cherchez-la sur les rochers du bas de l’estran, dans les secteurs battus par les vagues, et au fond des cuvettes que la mer laisse à marée basse. Elle descend jusqu’à une dizaine de mètres. C’est une algue de lumière : elle s’étale et s’épaissit sur les surfaces bien éclairées. Dans les zones très exposées à la houle, ses croûtes superposées peuvent bâtir de véritables encorbellements. Elle se voit toute l’année, à pied comme en randonnée palmée ou au tout début d’une plongée du bord.

Biologie et comportement

Autotrophe, elle fabrique sa matière organique par photosynthèse. Sa croissance est lente, environ 7 mm par an, et un même thalle peut vivre de 20 à 100 ans. Elle ne supporte pas l’air libre : quand une cuvette s’évapore à marée basse, le bord de la croûte exondé blanchit, sèche et meurt.

Son cycle de vie compte trois générations d’apparence semblable : un thalle qui produit des spores groupées par quatre, des thalles mâles ou femelles, puis une petite génération portée par la femelle. DORIS situe la reproduction en avril, puis de septembre à novembre.

En s’étendant, la croûte recouvre tubes de vers, balanes, coquilles de patelles et d’ormeaux. Elle est à son tour broutée par des gastéropodes et des chitons et, en Méditerranée, par l’oursin noir Arbacia lixula, qui racle la roche.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée (NE) par l’UICN, d’après les données reprises par GBIF. La fiche DORIS ne signale aucune protection réglementaire en France. Sa croissance lente et sa longévité font pourtant qu’une croûte arrachée met des années à se reformer.

Bien l’observer et la photographier

Inutile d’aller profond : une cuvette à marée basse ou un rocher éclairé à quelques mètres suffit. Ne retournez pas les pierres et ne les sortez pas de l’eau, puisque la moindre exposition à l’air abîme le thalle. Ne grattez pas la croûte et ne vous agenouillez pas dessus.

En photo, visez la crête d’affrontement entre deux thalles et, en macro, les pores de la surface. Évitez le flash frontal, qui écrase le relief : un éclairage rasant fait ressortir les pustules. En surface, une ombre portée sur la cuvette atténue les reflets.

Sources